ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 1041

NOUVELLES LITTÉRAIRES 3 (1723-1724)

1Titres Nouvelles littéraires du [1er déc. 1723, 15 décembre 1723, etc.].

Continuation: de Nouvelles littéraires curieuses et intéressantes.

2Dates 1er décembre 1723 - 1er mars 1724. Un volume. Privilège du 7 mai 1722.

Périodicité annoncée: bimensuelle. Périodicité réelle: Au total 7 livraisons: 1er décembre 1723 (approbation: 17 novembre); 15 décembre (approb.: 7 décembre); 1er janvier 1724 (approb.: 20 janvier); 15 février (approb.: 7 février); 1er mars (approb.: 20 février).

3Description 1er déc. 1723: VI + 24 p. Suite des N.L. du 1er déc.: p. 24-54; 15 déc., p. 55-84; 1er janv. 1724, p. 85-114; 15 janv., p. 115-144; 1er févr., p. 145-174; 15 févr., p. 175-218; 1er mars, p. 219-248. In-12.

4Publication Paris. Veuve Le Febvre, imprimeur-libraire. Dans la grande salle du Palais, vis-à-vis la Cour des Aydes, Au Soleil d'Or (Petite tête entourée de rayons). A partir du numéro du 15 janvier 1724: Alexis-Xavier Mesnier, même adresse, même fleuron.

5Collaborateurs Auteur: Pierre-Nicolas DESMOLETS, prêtre de l'Oratoire.

Collaborateur régulier: Claude-Pierre Goujet. Collaborateurs occasionnels: Ollivier, La Visclède (poème «marotique»), Du Marsais (répondant à des articles des Mémoires de Trévoux sur sa grammaire, p. 55 et suiv.), probablement Jean-Jacques Bel (notamment Nouvelles de Bordeaux, p. 132 et suiv.), peut-être Adrien Martel (Nouvelles littéraires d'Italie, particulièrement concernant la célèbre Académie des Ricovrati, p. 51 et suiv.).

6Contenu «Dessein», d'après l'Avis au lecteur: publier des nouvelles «littéraires», soit «des pays étrangers, soit des différentes provinces de France», grâce à la collaboration des «sçavants»; annoncer par avance les ouvrages nouveaux (appel aux «libraires de Paris qui voudront nous communiquer les livres qu'ils impriment»).

Contenu réel: nouvelles littéraires de France (une quinzaine de villes, particulièrement Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse) et de l'étranger (Hollande, Angleterre, Savoie, Lorraine, Prusse, mais surtout Italie et Allemagne). «Morts des savants», «Savants récompensés», «Académies», «bibliothèques».

Centres d'intérêt: tour d'horizon très complet de l'actualité culturelle entre novembre 1723 et mars 1724.

Auteurs étudiés: revue des «pièces» publiées «à l'occasion d'Inès de Castro de La Motte. Une attention particulière portée aux journaux (Mémoires de Trévoux; comptes rendus réguliers sur le Spectateur suisse et le Spectateur inconnu; présentation de la Bibliothèque française, t. III dans le numéro du 15 février 1724; du Journal des savants, avec sa nouvelle équipe de rédaction, dans le numéro du 15 janvier.

7Exemplaires B.N., Z 56767; B.M. Grenoble, F 22.782.

Historique Desmolets utilisa le privilège acquis par Adrien Martel qui avait interrompu ses Nouvelles littéraires curieuses et intéressantes sitôt la première feuille parue, dans le courant de l'automne de 1723. Approuvées par Blanchard, les feuilles parurent vraisemblablement aux dates indiquées, c'est-à-dire les mercredis 1er et 15 décembre, les samedis 1er et 15 janvier, les mardis 1er et 15 février, enfin le mercredi 1er mars 1724; mais deux numéros eurent une suite: celui du 1er décembre 1723 (les «nouvelles» ont été si «abondantes» que l'auteur y a été obligé, «la plupart des nouvelles de Paris» provenant des «libraires mêmes», et celui du 15 février 1724: «Supplément» (de 14 p.) annoncé p. 204, «pour le 22 de ce mois».

Comme «imprimeur-libraire» des Nouvelles littéraires, Alexis Mesnier succéda à la veuve Le Febvre à partir du numéro du 15 janvier 1724: elle avait «abdiqué» en sa faveur, pour 24 550 #, le mois précédent (B.N., ms. f. fr. 21857, fº 8).

Les deux Avis au lecteur parus dans le numéro du 1er décembre 1723 et sa «suite» définissaient un projet remarquablement original à cette date: dispenser une information culturelle étendue («faire connaître autant que je pourrai tous les livres qui s'impriment»), très rapidement: ainsi les libraires pourront s'adresser au public «par cette voie», «aussi promptement que par les affiches et avec moins de dépense», et comme les journaux publient souvent «des dissertations entières», l'auteur promet d'en «avertir», «pour qu'on puisse les acheter aussitôt qu'ils paraissent».

Pour parvenir à cet objectif, quatre dispositions:  Un appel aux «savants», invités à «adresser leurs lettres» à la veuve Le Febvre, le journal dépendant «plus des autres que de l'auteur même».  L'engagement «ferme» de publier les Nouvelles littéraires «tous les quinze jours».  Un parti-pris de bienveillance: tout dire «sans invectives et sans aucunes railleries piquantes», «louer» plutôt que «blâmer».  Pas d'extraits en forme (l'auteur s'engage à faire insérer dans le Journal des savants ou les Mémoires de Trévoux les «extraits de leurs ouvrages» que «les savants» auront bien voulu leur envoyer).

Autant de paris qui ont été remarquablement tenus: du Nouveau Plan de Paris du Sr de Bailleul à la nouvelle édition du Dictionnaire des cas de conscience de Pontas, les Nouvelles littéraires mentionnent ou présentent effectivement un grand nombre de livres, sans le moindre mépris pour les feuilles légères, les «lettres badines» ou les petits romans, sans la moindre acrimonie à l'égard des jésuites, dont l'activité «littéraire» est alors particulièrement intense (Courbeville, Castel, Catrou...). Au détour d'une page, on voit apparaître un nom resté célèbre: dans le numéro de janvier 1724, «Epigramme sur la petite vérole de M. Arrouet de Voltaire et son rétablissement», compte rendu du Mémoire sur le mouvement lu à l'Académie de Bordeaux par M. de Montesquieu; dans le numéro du 15 février, annonce de «l'illustre Avanturier par M. de Marivaulx». Mais en une période où «l'on ne produit presque rien de nouveau» (15 févr.), ce qui fait le prix des Nouvelles littéraires, c'est un esprit d'universelle curiosité, une volonté constante de se tenir au plus près de l'actualité. Dans ses Mémoires historiques et littéraires, Goujet affirme qu'elles eurent trop de retentissement pour ne pas inquiéter le père de La Tour, supérieur de l'Oratoire, «homme trop politique»: il demanda à Pierre Desmolets d'en interrompre la publication.

Michel GILOT

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)