ISSN 2271-1813

   

Voltaire, Le Siècle de Louis XIV, l'édition de 1751
Préparée et présentée par Ulla Kölving

 

[p. 74] CHAPITRE QUATRIÉME.

Suite de la guerre civile, jusqu'à la fin de la rébellion en 1654.

Enfin condé se résolut à une guerre, qu'il eût dû commencer du tems de la fronde, s'il avait voulu être le maître de l'état, ou qu'il n'aurait dû jamais faire, s'il avait été citoien. il part de paris; il va soulever la guienne, le poitou & l'anjou, & mandier contre la france le secours des espagnols, dont il avait été le fléau le plus terrible.

Rien ne marque mieux la manie de ce tems, & le déréglement qui déterminait toutes les démarches, que ce qui arriva alors à ce prince. on lui envoia un courier de paris, avec des propositions qui devaient l'engagèr au retour & à la paix. le courier se trompa; & au lieu d'allèr à angerville, où était le prince, il alla à augerville. la lettre vint trop tard. condé dit que s'il l'avait reçûë plûtôt, [p. 75] il aurait accepté les propositions de paix; mais puisqu'il était déja assez loin de paris, ce n'était pas la peine d'y retourner. ainsi l'équivoque d'un courier, & le pur caprice de ce prince, replongea la france dans la guerre civile.

Alors le cardinal mazarin, qui du fond de son éxil à cologne avait gouverné la cour, rentra dans le roiaume[M] , moins en ministre qui revenait reprendre son poste, qu'en souverain qui se remettait en possession de ses états; il était conduit par une petite armée de sept-mille hommes levés à ses dépens; c'est-à-dire, avec l'argent du roiaume, qu'il s'était approprié.

On fait dire au roi dans une déclaration de ce tems-là, que le cardinal avait en effet levé ces troupes de son argent; ce qui doit confondre l'opinion de ceux qui ont écrit, qu'à sa premiére sortie du roiaume, mazarin s'était trouvé dans l'indigence. il donna le commandement de sa petite armée au maréchal d'hoquincourt. tous les officiers portaient des écharpes vertes; c'était la couleur des livrées du cardinal. chaque parti avait alors son écharpe. la blanche était celle du roi; l'isabelle, celle du prince de condé. il était étonnant que le cardinal mazarin, qui avait jusques alors affecté tant [p. 76] de modestie, eût la hardiesse de faire porter ses livrées à une armée, comme s'il avait un parti différent de celui de son maître; mais il ne put résistèr à cette vanité. la reine l'approuva. le roi, déja majeur, & son frére, vinrent au-devant de lui.

Aux premiéres nouvelles de son retour, gaston d'orléans, frére de louis XIII, qui avait demandé l'éloignement du cardinal, leva des troupes dans paris, sans trop savoir à quoi elles seraient emploiées. le parlement renouvella ses arrêts; il proscrivit mazarin, & mit sa tête à prix. il fallut chercher dans les registres, quel était le prix d'une tête ennemie du roiaume. on trouva que sous charles IX on avait promis par arrêt cinquante-mille écus à celui qui représenterait l'amiral coligni mort ou vif. on crut très-sérieusement procédèr en régle, en mettant ce même prix à l'assassinat d'un cardinal premier ministre. cette proscription ne donna à personne la tentation de mériter les cinquante-mille écus, qui après tout n'eûssent point été paiés. chez une autre nation & dans un autre tems, un tel arrêt eût trouvé des éxécuteurs; mais il ne servit qu'à faire de nouvelles plaisanteries. les blots & les marigny, beaux esprits qui portaient la gaieté dans les [p. 77] tumultes de ces troubles, firent afficher dans paris une répartition de cent cinquante mille livres; tant, pour qui couperait le nez au cardinal; tant, pour une oreille; tant, pour un œil; tant, pour le faire eunuque. ce ridicule fut tout l'effet de la proscription. le cardinal de son côté, n'emploiait contre ses ennemis, ni le poison, ni l'assassinat; & malgré l'aigreur & la manie de tant de partis & de tant de haines, on ne commit pas beaucoup de grands crimes. les chefs de parti furent peu cruels, & les peuples peu furieux; car ce n'était pas une guerre de religion.

[M] L'esprit de vertige qui régnait en ce tems, posséda si bien tout le corps du parlement de paris, qu'après avoir solennellement ordonné un assassinat dont on se moquait, il rendit un arrêt, par lequel plusieurs conseillers devaient se transporter sur la frontiére, pour informer contre l'armée du cardinal mazarin, c'est-à-dire, contre l'armée roiale.

Deux conseillers furent assez imprudens, pour allèr avec quelques paisans, faire rompre les ponts par où le cardinal devait passer: ils furent faits prisonniers par les troupes du roi, relâchés avec indulgence, & moqués de tous les partis.

Précisément dans le tems que cette [p. 78] compagnie s'abandonnait à ces extrémités contre le ministre du roi, elle déclarait criminel de leze-majesté le prince de condé, qui n'était armé que contre ce ministre; & par un renversement d'esprit, que toutes les démarches précédentes rendent croiable, elle ordonna que les nouvelles troupes de gaston duc d'orléans marcheraient contre mazarin; & elle défendit en même-tems qu'on prît aucuns deniers dans les recettes publiques pour les soudoier.

On ne pouvait attendre autre chose d'une compagnie de magistrats, qui jettée hors de sa sphére, & ne connaissant ni ses droits, ni son pouvoir réel, ni les affaires politiques, ni la guerre, s'assemblant & décidant en tumulte, prenait des partis ausquels elle n'avait pas pensé le jour d'auparavant, & dont elle-même s'étonnait ensuite.

Le parlement de bordeaux servait alors le prince de condé; mais il tint une conduite plus uniforme, parce qu'étant plus éloigné de la cour, il était moins agité par des factions opposées.

Mais des objets plus considérables intéressaient toute la france.

Condé, ligué avec les espagnols, était en campagne contre le roi; & turenne aiant quitté ces mêmes espagnols, avec [p. 79] lesquels il avait été battu à rétel, venait de faire sa paix avec la cour, & commandait l'armée roiale. l'épuisement des finances ne permettait ni à l'un ni à l'autre des deux partis, d'avoir de grandes armées; mais de petites ne décidaient pas moins du sort de l'état. il y a des tems où cent-mille hommes en campagne peuvent à peine prendre deux villes: il y en a d'autres où une bataille entre sept ou huit-mille hommes peut renversèr un trône ou l'affermir.

Louis XIV, élevé dans l'adversité, allait avec sa mére, son frére, & le cardinal mazarin, de province en province, n'aiant pas autant de troupes autour de sa personne, à beaucoup-près, qu'il en eut depuis en tems de paix pour sa seule garde. cinq à six-mille hommes, les uns envoiés d'espagne, les autres levés par les partisans du prince de condé, le poursuivaient au cœur de son roiaume.

Le prince de condé courait cependant de bordeaux à montauban, prenait des villes, & grossissait par-tout son parti.

Toute l'espérance de la cour était dans le maréchal de turenne. l'armée roiale se trouva auprès de gien sur la loire. celle du prince de condé était à quelques lieuës sous les ordres du duc de nemours & du duc de beaufort. les divisions de ces deux [p. 80] généraux allaient être funestes au parti du prince. le duc de beaufort était incapable du moindre commandement. le duc de nemours passait pour être plus brave & plus aimable qu'habile. tous deux ensemble ruinaient leur armée. les soldats savaient que le grand condé était à cent lieuës de-là & se croiaient perdus; lorsqu'au milieu de la nuit un courier se présenta dans la forêt d'orléans devant les grandes gardes. les sentinelles reconnurent dans ce courier le prince de condé lui-même, qui venait d'agen à travers mille avantures, & toûjours déguisé, se mettre à la tête de son armée.

Sa présence faisait beaucoup, & cette arrivée imprévuë encore davantage. il savait que tout ce qui est soudain & inespéré, transporte les hommes. il profita à l'instant de la confiance & de l'audace qu'il venait d'inspirer. le grand talent de ce prince dans la guerre était de prendre en un instant les résolutions les plus hardies, & de les éxécutèr avec non moins de prudence que de promptitude.

[M] L'armée roiale était séparée en deux corps. condé fondit sur celui qui était à blenau, commandé par le maréchal d'hoquincourt; & ce corps fut dissipé en même-tems qu'attaqué. turenne n'en put être averti. le cardinal mazarin, effraié, [p. 81] courut à gien au milieu de la nuit, réveiller le roi qui dormait, pour lui apprendre cette nouvelle. sa petite cour fut consternée; on proposa de sauver le roi par la fuite, & de le conduire secrettement à bourges. le prince de condé victorieux, approchait de gien; la désolation & la crainte augmentaient. turenne par sa fermeté rassura les esprits, & sauva la cour par son habileté: il fit, avec le peu qui lui restait de troupes, des mouvemens si heureux, profita si bien du terrein & du tems, qu'il empécha condé de poursuivre son avantage. il fut difficile alors de décider, lequel avait acquis plus d'honneur, ou de condé victorieux, ou de turenne, qui lui avait arraché le prix de sa victoire. il est vrai que dans ce combat de blenau, si longtems célébre en france, il n'y avait pas eû quatre-cens hommes de tués; mais le prince de condé n'en fut pas moins sur le point de se rendre maître de toute la famille roiale, & d'avoir entre ses mains son ennemi, le cardinal mazarin. on ne pouvait guéres voir un plus petit combat, de plus grands intérêts & un danger plus pressant.

Condé, qui ne se flâtait pas de surprendre turenne, comme il avait surpris d'hoquincourt, fit marcher son armée vers [p. 82] paris: il se hâta d'aller dans cette ville jouir de sa gloire, & des dispositions favorables d'un peuple aveugle. l'admiration qu'on avait pour ce dernier combat, dont on éxagérait encore toutes les circonstances, la haine qu'on portait à mazarin, le nom & la présence du grand condé, semblaient d'abord le rendre maître absolu de la capitale. mais dans le fond, tous les esprits étaient divisés; chaque parti était subdivisé en factions, comme il arrive dans tous les troubles. le coadjuteur devenu cardinal de retz, raccommodé en apparence avec la cour, qui le craignait & dont il se défiait, n'était plus le maître du peuple, & ne jouait plus le principal rôle. il gouvernait le duc d'orléans, & était opposé à condé. le parlement flotait entre la cour, le duc d'orléans, & le prince, quoique tout le monde s'accordât à crier contre mazarin; chacun ménageait en secret des intérêts particuliers; le peuple était une mèr orageuse, dont les vagues étaient poussées au hazard par tant de vents contraires. on fit promener dans paris la châsse de sainte géneviéve, pour obtenir l'expulsion du cardinal ministre; & la populace ne douta pas que cette sainte n'opérât ce miracle, comme elle donne de la pluie.

[p. 83] On ne voiait que négociations entre les chefs des partis, députations du parlement, assemblées de chambres, séditions dans la populace, gens de guerre dans la campagne. on montait la garde à la porte des monastéres. le prince avait appellé les espagnols à son secours. charles IV, ce duc de lorraine chassé de ses états, & à qui il restait pour tous biens un[e armée de huit-mille hommes, qu'il vendait tous les ans au roi d'espagne, vint auprès de paris, avec cette armée. le cardinal mazarin lui offrit plus d'argent pour s'en retourner, que le prince de condé ne lui en avait donné pour venir. le duc de lorraine quitta bientôt la france après l'avoir désolée sur son passage, emportant l'argent des deux partis.

Condé resta donc dans paris, avec un pouvoir qui diminua tous les jours, & une armée plus faible encore. turenne mena le roi & sa cour vers paris. le roi, à l'âge de quinze ans, vit de la hauteur de charonne la bataille de saint-antoine, où ces deux généraux firent avec si peu de troupes de si grandes choses, que la réputation de l'un & de l'autre, qui semblait ne pouvoir plus croître, en fut augmentée.

[p. 84] Le prince de condé avec un petit nombre de seigneurs de son parti, suivi de peu de soldats, soûtint & repoussa l'effort de l'armée roiale. le roi regardait ce combat du haut d'une éminence avec mazarin. le duc d'orléans, incertain du parti qu'il devait prendre, restait dans son palais du luxembourg. le cardinal de retz était cantonné dans son archévéché. le parlement attendait l'issuë de la bataille, pour donner quelque arrêt. le peuple, qui craignait alors également, & les troupes du roi & celles de monsieur le prince, avait fermé les portes de la ville, & ne laissait plus entrer ni sortir personne, [M] pendant que ce qu'il y avait de plus grand en france, s'acharnait au combat & versait son sang dans le faubourg. ce fut là que le duc de la rochefoucault, si illustre par son courage & par son esprit, reçut un coup au-dessus des yeux, qui lui fit perdre la vuë pour quelque tems. on ne voiait que jeunes seigneurs tués ou blessés, qu'on rapportait à la porte saint-antoine, qui ne s'ouvrait point.

Enfin mademoiselle, fille de gaston, prenant le parti de condé, que son pére n'osa secourir, fit ouvrir les portes aux blessés, & eut la hardiesse de faire tirer sur les troupes du roi le canon de la bastille. [p. 85] l'armée roiale se retira: condé n'acquit que de la gloire; mais mademoiselle se perdit pour jamais dans l'esprit du roi son cousin par cette action violente; & le cardinal mazarin, qui savait l'extrême envie qu'avait mademoiselle d'épousèr une tête couronnée, dit alors: ce canon-là vient de tuer son mari.

La plûpart de nos historiens n'étalent à leurs lecteurs que ces combats & ces prodiges de courage & de politique; mais qui saurait quels ressorts honteux il fallait faire jouer, dans quelles miséres on était obligé de plonger les peuples, & à quelles bassesses on était réduit, verrait la gloire des héros de ce tems-là avec plus de pitié que d'admiration. on en peut juger par les seuls traits que rapporte gourville, homme attaché à monsieur le prince. il avouë que lui-même, pour lui procurer de l'argent, vola celui d'une recette, & qu'il alla prendre dans son logis un directeur des postes, à qui il fit païer une rançon; & il rapporte ces violences comme des choses ordinaires.

Après le sanglant & inutile combat de saint-antoine, le roi ne put rentrer dans paris, & le prince n'y put demeurer long-tems. une émotion populaire, & le meurtre de plusieurs citoiens dont on le crut l'auteur, le rendirent odieux au [p. 86] peuple. cependant il avait encore sa brigue au parlement. ce corps, peu intimidé alors par une cour errante, & chassée en quelque façon de la capitale, [M] pressée par les cabales du duc d'orléans & du prince, déclara par un arrêt le duc d'orléans lieutenant-général du roiaume, quoique le roi fût majeur: c'était le même titre qu'on avait donné au duc de maienne du tems de la ligue. le prince de condé fut nommé généralissime des armées. la cour irritée ordonna au parlement de se transférèr à pontoise; quelques conseillers obéirent. on vit ainsi deux parlemens, qui se contestaient l'un à l'autre leur autorité, qui donnaient des arrêts contraires, & qui par-là se seraient rendus le mépris du peuple, s'ils ne s'étaient toûjours accordés à demander l'expulsion de mazarin; tant la haine contre ce ministre semblait alors le devoir essentiel d'un français.

Il ne se trouva dans ce tems aucun parti qui ne fût faible; celui de la cour l'était autant que les autres; l'argent & les forces manquaient à tous; les factions se multipliaient; les combats n'avaient produit de chaque côté que des pertes & des regrets. la cour se vit obligée de sacrifièr encore mazarin, que tout le monde appellait la cause des troubles, & qui [p. 87] n'en était que le prétexte. [M] il sortit une seconde fois du roiaume; pour surcroît de honte, il fallut que le roi donnât une déclaration publique, par laquelle elle renvoioit son ministre, en vantant ses services, & en se plaignant de son éxil.

Charles premier, roi d'angleterre, venait de perdre la tête sur un échafaut, pour avoir dans le commencement des troubles, abandonné le sang de strafford son ami, à son parlement. louis XIV, au contraire, devint le maître paisible de son roiaume en souffrant l'éxil de mazarin. ainsi les mêmes faiblesses eurent des succès bien différens. le roi d'angleterre, en abandonnant son favori, enhardit un peuple qui respirait la guerre & qui haïssait les rois: & louis XIV (ou plûtôt la reine mere) en renvoiant le cardinal, ôta tout prétexte de révolte à un peuple las de la guerre, & qui aimait la roiauté.

Le cardinal à peine parti pour allèr à bouillon, lieu de sa nouvelle retraite; les citoiens de paris, de leur seul mouvement, députérent au roi pour le supplier de revenir dans sa capitale. il y rentra; & tout y fut si paisible, qu'il eût été difficile d'imaginer que quelques jours auparavant tout avait été dans la confusion. gaston d'orléans, malheureux dans ses entreprises qu'il ne sut jamais soûtenir, [p. 88] fut relégué à blois, où il passa le reste de sa vie dans le repentir; & il fut le deuxiéme fils de henri le grand, qui mourut sans beaucoup de gloire. le cardinal de retz, peut-être aussi imprudent que sublime & audacieux, fut arrété dans le louvre; & après avoir été conduit de prison en prison, il mena long-tems une vie errante, qu'il finit enfin dans la retraite, où il acquit des vertus que son grand courage n'avait pû connaître dans les agitations de sa fortune.

Quelques conseillers, qui avaient le plus abusé de leur ministére, païérent leurs démarches par l'éxil; les autres se renfermérent dans les bornes de la magistrature, & quelques-uns s'attachérent à leur devoir par une gratification annuelle de cinq-cens écus, que fouquet, procureur-général & surintendant des finances, leur fit donner sous-main.3

Le prince de condé cependant, abandonné en france de presque tous ses partisans & mal secouru des espagnols, continuait sur les frontiéres de la champagne une guerre malheureuse. il restait encore des factions dans bordeaux; mais elles furent bien-tôt appaisées.

Ce calme du roiaume était l'effet du [M] bannissement du cardinal mazarin; cependant [p. 89] à peine fut-il chassé par le cri général des français, & par une déclaration du roi, que le roi le fit revenir. il fut étonné de rentrer dans paris, tout-puissant & tranquile. louis XIV le reçut comme un pére, & le peuple comme un maître. on lui fit un festin à l'hôtel-de-ville, au milieu des acclamations des citoiens: il jetta de l'argent à la populace; mais on dit que dans la joie d'un si heureux changement, il marqua du mépris pour notre inconstance. les officiers du parlement après avoir mis sa tête à prix comme celle d'un voleur public, briguérent presque tous l'honneur de venir lui demander sa protection; & ce même parlement peu de tems après condanna par contumace le prince de condé à perdre la vie; [M] changement ordinaire dans de pareils tems, & d'autant plus humiliant, que l'on condannait par des arrêts celui dont on avait si long-tems partagé les fautes.

On vit le cardinal, qui pressait cette condannation de condé, marièr au prince de conti son frére l'une de ses niéces; preuve que le pouvoir de ce ministre allait être sans bornes.