ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 106

ANECDOTES OU LETTRES SECRÈTES (1734-1736)

1Titres Anecdotes ou Lettres secrètes sur divers sujets de Littérature et de Politique. Variantes orthographiques: secrettes, Literature, Litteratures, Politiques.

Continué par le Journal politique et littéraire (1736-1738) (d'après Lelong, nº 31157).

2Dates 3 février 1734 - mai 1736; 5 vol.; Lelong mentionne 6 vol. (nº 31156). L'exemplaire Candaux (2 vol.) va du 3 février 1734 à déc. 1735; l'exemplaire de Grenoble (3 tomes en 2 vol.) va de mai 1734 à mai 1736; l'exemplaire de la B.N. (4 vol.) va d'août 1734 à mars 1736; l'ensemble de ces exemplaires ne fournit que 5 volumes; le 6e consiste peut-être en un volume de pièces.

Mensuel (Avertissement, févr. 1734), avec des «retardements» au cours du second semestre 1734 (Avertissement, de déc.); 12 livraisons par an, réunies en 2 vol., parfois en un seul. 1734 (févr.-juin, juil.-déc.), 1735 (janv.-juin, juil.-déc.), 1736 (janv.-mai).

3Description Chaque livraison mensuelle est composée de bulletins de nouvelles ou de lettres de correspondants. Les 28 livraisons connues correspondent à 5 volumes semestriels de pagination continue, par année puis par semestre: vol. I (févr.-juin 1734), p. 1-257; II (juil.-déc. 1734), p. 258-724; III (janv.-juin 1735), p. 1-563; IV (juil.-déc. 1735), p. 1-364; V (janv.-mai 1736), p. 1-391. Mais les erreurs de pagination sont nombreuses.

Cahiers de 16 p., in-8º. Chaque livraison comporte 3 cahiers, mais le nombre de pages varie entre 48 et 56.

4Publication Aucune indication d'adresse, mais il est très probable que le journal a été imprimé à Amsterdam: les nouvelles les plus nombreuses et les plus récentes viennent de cette ville à partir d'août 1734.

5Collaborateurs Lelong attribue les Anecdotes à BRUZEN DE LA MARTINIÈRE, connu pour avoir publié plusieurs périodiques de formule comparable. Toutefois, la direction de La Martinière ne s'exerce probablement pas avant août 1734; avant cette date, le journal est composé exclusivement de nouvelles à la main, datées de Paris, et dont C. Desplat a retrouvé une copie manuscrite. Tous les collaborateurs des Anecdotes, de Paris, de Lyon, de Londres ou d'Amsterdam, sont anonymes.

6Contenu «Ces Lettres secrètes que nous donnons au Public, ont pour but de découvrir mille circonstances piquantes, sans lesquelles les faits sont presque toujours peu intéressants. Elles donneront l'Histoire Anecdote de plusieurs traits dont on n'a pour ainsi dire, que le Titre dans les autres Livres» (Avertissement).

Les Anecdotes donnent sous forme imprimée ce que fournissaient les nouvelles à la main dont elles procèdent: des faits divers, des anecdotes politiques et littéraires, des récits de procès, des contes et nouvelles, des réflexions sur les mœurs. Les nouvelles littéraires sont relativement précises et récentes.

Principaux auteurs étudiés: Voltaire, Marivaux, Prévost.

7Exemplaires Collections étudiées: B.M. Grenoble, P 9512 et E 13961; coll. J.D. Candaux, Genève; B.N., 8º Z 16350.

8Bibliographie Edition d'une partie des Lettres (22 févr. -30 août 1734) sous le titre de «Journal en forme de lettres» par Christian Desplat, Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau (années 1970, 1971 et 1972), à partir du ms. des A.D. de Pau (fonds Faget de Baure, I J 61/22). – Favre R., Sgard J. et Weil F., «Le fait-divers en 1734», dans Presse et histoire au XVIIIe siècle, l'année 1734, Paris, C.N.R.S., 1977.

Historique «Un homme qui reçoit ces Lettres de Paris, et de diverses provinces, a consenti à en faire part au Public»: ces quelques lignes de l'Avertissement de février 1734 montrent les limites étroites du projet de La Martinière; il ne s'agit que de publier, avec quelques corrections de forme (l'étude du ms. édité par C. Desplat le montre), des nouvelles «piquantes» de Paris. En août 1734, le succès paraît assuré: une nouvelle page de titre est composée, avec un nouveau fleuron d'imprimeur; l'impression, dans un corps plus petit, permet d'augmenter la matière; un Avis en fin de livraison parle de «l'empressement du Public» et annonce pour l'avenir des nouvelles d'Angleterre et de Hollande, ce qui sera fait. Cette transformation du périodique en véritable gazette littéraire et politique crée au rédacteur des soucis; une nouvelle page de titre en septembre laisse croire à un changement d'imprimeur; l'Avertissement de décembre parlera des «retardements» des mois précédents. Les nouvelles de la guerre prennent de plus en plus de place dans le journal qui parfois semble faire concurrence, comme organe catholique, à la Gazette d'Amsterdam. En mai 1736, le rédacteur annonce la publication de deux volumes de pièces, non identifiées. La cessation du journal, le même mois, prélude probablement à sa transformation en «journal politique et littéraire» plus officiel. On peut toutefois regretter le ton assez libre et la variété pittoresque des Anecdotes de 1734, qui constituait, à l'époque, une véritable innovation.

Jean SGARD

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)