ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 1085

L'OBSERVATEUR VIGILANT (1781)

1Titres Chacun des cinq numéros du périodique a un titre différent. Nº 1 : Au coriphée des Natifs cornualistes. Nº 2-3: L'Observateur vigilant, au coriphée des Natifs cornualistes, sur sa réponse à M. Bérenger. Nº 4: L'Observateur vigilant, censure de la brochuromanie et portrait du brochuromane. Nº 5: L'Observateur vigilant, Apologie de l'Edit du 10e Février 1781.

2Dates 18 juin - 20 août 1781. 5 numéros.

Ni privilège, ni prospectus. La périodicité n'est pas annoncée et s'avère tout à fait irrégulière, au point que l'on peut se demander si, plutôt que d'un véritable périodique, il ne s'agit pas là d'une succession de pamphlets numérotés.

Les dates de parution: 18 juin, 22 juin, 23 juin, 16 août et 20 août 1781 ne sont pas imprimées dans les numéros et ne sont connues que par les annotations manuscrites contemporaines figurant sur certains exemplaires[1].

3Description La collection est formée de 5 numéros, numérotés 1-5, comptant respectivement 19, 12, 21, 15 et 32 p., 110-120 x 180-190, in-8º.

Aucune devise au sens propre du mot, mais une citation latine en tête de chaque numéro, tirée des Fables de Phèdre, des Satires du Juvénal et des Proverbes.

4Publication Aucune adresse quelconque. On peut présumer néanmoins que ces cinq brochures, écrites et distribuées à Genève, y ont aussi été imprimées[2].

On ne possède aucune indication sur le chiffre du tirage. Quant au prix des numéros successifs: 6 s., 4 s. 6 d., 6 s., 4,s. 6 d. et 6 s. de Genève, il n'est connu que par les annotations manuscrites contemporaines figurant sur certains exemplaires[3].

5Collaborateurs Les 5 numéros sont signés d'un même pseudonyme: Chrysostome Mathanasius[4]. Le titre même des trois premiers numéros indique que l'auteur est à rechercher parmi les adversaires politiques du leader des «Natifs» genevois Isaac Cornuaud (1743-1820), dont les copieux mémoires[5] attribuent L'Observateur vigilant à «Bérenger, Bonfils, Sylvestre». Le nº 1, d'après une annotation contemporaine au crayon[6], aurait été rédigé «par Is. Salomon Anspach, Berenger, Sylvestre & Bonfils». Ce premier numéro, qui prend la défense de l'historien et publiciste Jean-Pierre Bérenger (1737-1807) en le nommant par son nom, pourrait bien avoir été écrit sous son inspiration par quelques-uns de ses proches amis du parti des «Représentants», tels le pasteur Isaac-Salomon Anspach (1746-1825), l'horloger et «teneur de livres» Jean-Antoine Sylvestre (1726-1783), le graveur et futur «homme de lettres» Daniel Bonfils (1745-1815)[7]. Les autres numéros, qui poursuivent la polémique contre Cornuaud, peuvent être attribués, jusqu'à preuve du contraire, à Jean-Pierre BÉRENGER lui-même.

6Contenu Les cinq numéros de L'Observateur vigilant s'inscrivent dans le débat politique et polémique soulevé à Genève par le vote de l'Edit du 10 février 1781, appelé «Edit bienfaisant», qui avait accordé aux Natifs certaines de leurs revendications, mais dont l'opportunité et même la légalité furent bientôt contestées par Isaac Cornuaud et ses partisans, démagogiquement soutenus par Vergennes[8]. Bérenger avait pris la défense de l'Edit en publiant le 14 mai 1781 soixante pages de Considérations[9], qui furent attaquées par une lettre anonyme du 22 mai[10], que Bérenger attribua trop vite à Isaac Cornuaud, lequel protesta avec humeur de son innocence[11]. Un échange de brochures de plus en plus virulentes s'ensuivit entre les deux camps. Le premier numéro de L'Observateur vigilant revient sur la lettre anonyme du 22 mai et la réfute point par point, en prenant la défense des Considérations de Bérenger. Les nº 2 et 3 déclenchent contre les écrits, les idées et les intrigues de Cornuaud une campagne de plus grande envergure encore, que le nº 4 accentue et personnalise. Le nº 5 enfin, comme l'indique son sous-titre, constitue une nouvelle apologie de l'Edit du 10 février et des bienfaits de la démocratie. On est là en plein cœur des polémiques genevoises qui allaient aboutir au coup d'Etat du 7 avril 1782.

Aucune table.

7Exemplaires Exemplaires localisés: Archives d'Etat, Genève, collection Girod 22; B.P.U. Genève, Gf 315/29-30; Société d'histoire et d'archéologie, Genève, Brochures genevoises du XVIIIe siècle 33-35, 56-57. D'autres exemplaires de numéros isolés sont conservés sous d'autres cotes dans chacun de ces trois fonds.

8Bibliographie Haller G.E. von, Bibliothek der Schweizer-Geschichte, Bern, 1787, t. VI, 244, nº 1229-1233. – Rivoire E., Bibliographie historique de Genève au XVIIIe siècle, Genève etc., 1897, t. I, p. 340-345, nº 2153, 2164, 2171, 2183 et 2184.

Jean-Daniel CANDAUX

 

Δ 1. Notamment ceux de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, Brochures genevoises, vol. 33-35.

Δ 2. Seul le nº 2 est orné d'un bandeau suffisamment élaboré pour permettre un jour l'identification de l'imprimeur.

Δ 3. Même référence qu'à la note 1.

Δ 4. Orthographié «Chisostome» dans la signature du nº 1.

Δ 5. Mémoires de Isaac Cornuaud sur Genève et la Révolution de 1770 à 1795, publ. Emilie Cherbuliez, Genève, 1912, p. 316.

Δ 6. B.P.U. Genève, Gf 315/29, pièce 73.

Δ 7. Sur ces deux derniers personnages, mal connus jusqu'à présent, voir les notices (à paraître) de Marc Neuenschwander.

Δ 8. Sur cet épisode, voir l'historique de Jean-Pierre Ferrier dans Histoire de Genève des origines à 1798, publiée par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, Genève, 1951, p. 466 et suiv.

Δ 9. Rivoire, nº 2115.

Δ 10. Rivoire, nº 2119.

Δ 11. Rivoire, nº 2134.

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)