ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 1089

OBSERVATIONS SUR L'HISTOIRE NATURELLE, SUR LA PHYSIQUE ET SUR LA PEINTURE (1752-1757, 1771-1793)

1Titres Observations sur l'Histoire Naturelle, sur la Physique et sur la Peinture. «Avec des planches imprimées en couleur. Cet ouvrage renferme le secret des Arts, les nouvelles découvertes & les disputes des Philosophes et des Artistes modernes».

Puis, même titre, sauf la dernière phrase remplacée: «par M. Gautier de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Dijon, & Pensionnaire de Sa Majesté».

Puis: Observations périodiques sur la Physique, l'Histoire Naturelle et les Arts ou Journal des Sciences et Arts, «par M. Toussaint Avocat au Parlement de Paris, de l'Académie Royale de Prusse. Avec des planches imprimées en couleurs par M. Gautier fils».

Puis: Tableau du travail annuel de toutes les Académies de l'Europe; ou Observations sur la Physique, sur l'Histoire Naturelle et sur les arts et métiers, «avec des planches en taille-douce, dédié à Mgr le comte d'Artois, par l'abbé Rozier de l'Académie royale des sciences, Beaux-Arts & Belles-Lettres de Villefranche [...]».

Puis le début du titre est abandonné, dès le t. II, pour revenir à Observations etc., dès 1773.

Titres en noir et rouge en général.

Suite (avec parties communes) des Observations physiques dédiées au Roy.

Continué par le Journal de physique, sous-titre à partir de 1773, devient le titre à partir de 1793: Journal de Physique, de chimie, d'histoire naturelle, «nivôse an 2e, tome premier». A duré jusqu'au XIXe siècle, avec une interruption de 1795 à 1797.

Historique Pour la clarté de la description, nous distinguerons quatre périodes: A: Gautier, B: Toussaint, C: Rozier, D: de La Métherie, devenu, sous la Révolution, Delamétherie.

2Dates Le titre, avec quelques variantes, est protégé par un seul privilège, délivré pour les Observations [...], avec des Planches colorées, le 8 octobre 1751, registré le 21 octobre par Le Gras. Le privilège fut acheté par Toussaint, qui semble l'avoir recédé à Gautier, puis par Rozier (bien que cette question soit controversée  voir le factum). Le titre comporte les noms de Gautier, puis de Toussaint, puis Rozier seul, puis Rozier, Mongez puis les mêmes et de La Métherie jusqu'à la Révolution bien que Rozier ne travaille plus au journal (DP2 et historique).

Le signataire des approbations est pour A et B, Philippe de Prétôt, et Gardane du temps de Rozier.

Historique Période A: Gautier Dagoty (ou d'Agoty), aidé de Toussaint. Deux formats étaient prévus:

Edition in-12. Elle reproduit l'édition in-4º, mais pas intégralement. Elle comprend six volumes (contient le privilège + 6 approbations des 4, 26 oct. 1751, 30 janv., 23 oct., 26 et 31 déc. 1752). La brochure se vendait 1 # 4 s., et on pouvait se procurer les planches séparément (1 #, à condition d'en payer 12 d'avance). Les planches sauf une sont en noir pour l'in-12.

T. I: 192 p.; II: p. 193-382 (contient l'Avis de l'in-4º au début); III: p. 383-572; IV: 192 p., V: p. 195-383; VI: p. 387-575. T. I: 2 planches; II: 2 planches dont une en couleur; IV: 1 planche.

Cahiers de 24 p., 90 x 165.

Tous les volumes sont de 1752, chez Delaguette, rue Saint-Jacques à l'Olivier, puis cette édition séparée a été abandonnée.

Edition in-4º. 1752: 2 tomes chacun en trois parties (I-III + IV-VI), reliés ou brochés en 1 vol., 196 p. + 192 p., soit environ 364 p. + 4 planches ou 5, presque toutes en couleurs, par partie. La vignette sur la page de titre est signée Nioul. Ce volume correspond en gros à la collection in-12. Le prix de la brochure in-4º est de 4 # 4 s. (2, 3 ou 4 planches comprises).

Le 2e vol. contient trois parties pour 1753 (2 approbations du 3 oct. et du 17 nov. 1753) et 3 parties pour l'année 1754 (ce qui mène à la XIIe partie avec des approbations des 2 déc. 1754 et 23 janv. 1755). Irrégularités nombreuses tant dans les paginations que dans les signatures. 204 p. + 64 p. + 160 p. + quelques-unes non paginées + gravures. On souscrit «six mois à l'avance si on le juge à propos chez Gautier ou chez Delaguette»: souscription 18 #, sinon 24 # (on vend toujours les planches séparément chez M. Gautier, rue de la Harpe, proche de la rue Poupée).

Le 3e vol. contient les 6 parties de 1755 avec des approbations des 18 oct., 29 nov. 1755, 31 janv., 27 mars, 10, 23 avril 1756. 192 p. + 196 p. + les planches (environ 4 par partie).

Ces trois recueils sont tous publiés chez Delaguette, comme l'in-12 et on annonce une publication régulière tous les mois à partir de juillet 1756 de 8 feuilles + 3 planches.

Cahier de 8 p., 195 x 260 environ (l'exemplaire non rogné de l'Ars.: 212 x 277). Sur de nombreuses planches on lit «Observations de M. Gautier» en guise de signature. On offre de publier des dissertations, de graver des planches en noir ou en couleur gratis, à condition que les affranchissements soient payés et «qu'il n'y ait rien de pillé, ni contre les bonnes mœurs».

Historique Période B: Toussaint. Un «Avis concernant la continuation des Observations périodiques sur la Physique, l'Histoire Naturelle et les Arts, par M. Toussaint, Avocat au Parlement; de l'Académie Royale de Prusse», de 8 p. parut en janvier 1757 (il est repris presque à l'identique dans le vol. II, début 1757).

Le tome premier «contenant les six derniers mois de 1756» indique en page de titre: «par M. Toussaint etc.», dans l'exemplaire de l'Arsenal, mais «par M. Gautier», sur celui de la B.N. (avec un titre légèrement différent et chez Cailleau seul). Le contenu est le même. Approbations des 12 juil., 28 août, 30 sept., 30 nov., 30 déc. 1756. 444 p. (on annonce 8 feuilles et 3 planches puis 10 feuilles et 4 planches). Les dates sont devenues régulières: juillet, août, etc. 1756.

Tome second «contenant les six premiers mois de l'année 1757». Approbations des 31 janv., 28 févr., 31 mars, 30 avril, 31 mai 1757. 472 p. Les planches sont de Gautier le fils, ou de Le Brun.

«Les souscriptions seront délivrées chez Pissot, quai de Conti, vis à vis la descente du Pont Neuf; chez Lambert, rue de la Comédie Françoise, chez Cailleau Quai des Augustins à l'image St André; & chez M. Toussaint rue du cimetière St André». On trouvera les livres antérieurs chez les mêmes libraires. On peut se procurer les «estampes séparément chez Monsieur Gautier fils, après la seconde barrière Saint-Jacques».

Prix, un an: 36 # pour Paris, 43 # 4 s. pour la province (4 # le cahier si on ne souscrit pas).

Historique Période C: Rozier, puis Rozier aidé par Mongez, puis Mongez seul.

Edition in-12: juillet 1771 - décembre 1772. Mensuel. 18 vol., 100 x 165. Devise: Inventa perficere non inglorium. Le prospectus est approuvé par Gardanne le 24 mai 1771 et le permis d'imprimer donné par Sartine le 26 mai. «Avec privilège du roi» (non reproduit). Approbations du 12 juillet, 23 août, 29 septembre, 26 octobre, 5 décembre 1771, du 29 juillet, 29 août 1772 (de Gardanne).

T. I: 268 p.; II: 267 p. + 4 pl.; III: 284 p. + 3 pl.; IV: 238 p. + 4 pl.; V: 238 p. + 2 pl.; VI: 227 p. Année 1772: I, première partie: 290 p. + 3 pl.; I [ou IV], partie seconde: 245 p. + 3 pl. + 1 tableau hors texte; la numérotation des tomes sur la page de titre dépend des exemplaires et les dates se lisent en signatures; 9e vol.: 312 p. + 2 pl.; 10e: 307 p. + 3 pl.; 11e: 283 p. + 3 pl.; 12e: 260 p. + 2 pl.; 13e: 275 p. + 3 pl.; 14e: 245 p. + 2 pl.; 15e: 243 p. + 2 pl.; 16e: 235 p.; 17e: 260 p. + 1 pl.; 18e: 226 p. Beaucoup de fautes de pagination: pour plus de détails voir McKie.

A Paris, chez Le Jai libraire rue Saint-Jacques, au-dessus de la rue des Mathurins, au Grand Corneille; puis (en 1772) chez Ruault, libraire, rue de la Harpe près de la rue Serpente.

«On s'abonne à Paris chez l'auteur, maison Didier, place de l'Estrapade, Bureau établi chez le marchand de fayence rue Saint-Honoré, maison Guislain». L'abonnement est de 30 # pour Paris et de 36 # pour la province.

Edition in-4º: t. I à XXV; 1773-1784. Le nom de Mongez apparaît au Supplément du t. XIII, daté de 1778. Dimensions: 195 x 250. «Volumes de 10 à 11 feuilles in-4º enrichis de gravures en taille-douce», mensuel. «A la fin de chaque année 2 volumes de 60 à 70 feuilles», chaque volume ayant plus de 500 p. en moyenne, gravures signées de Billé-Fougeroux puis Sellier (il n'y en a pas dans chaque volume). 24 # pour Paris, 30 # pour la province... «Les Savants qui voudront faire insérer quelques articles dans ce journal sont priés de les adresser à l'auteur place & carré Sainte-Geneviève, au coin de la rue des Sept Voies». En 1781 et 1782, il y a eu un volume supplémentaire.

L'adresse est «A Paris, Hôtel de Thou, rue des Poitevins», puis dès le t. III, «Chez Ruault, Libraire, rue de la Harpe» (on annonce un privilège du Roi, absent). Le t. IX présente une autre impression, plus serrée; adresse: «A Paris, rue et Hôtel Serpente». A partir de ce tome le titre complet ne se trouve que sur la première page: pour les autres livraisons on met simplement «Journal de physique» car «jusqu'à ce jour on a perdu chaque mois deux feuilles d'impression, inutilement consacrées au titre».

Les approbations sont délivrées régulièrement à Rozier seul jusqu'au t. XVI, puis à Rozier et Mongez à partir du t. XVIII (janv. 1781), bien que Rozier ne s'en occupe plus (voir historique).

Historique Période D: J.C. de La Métherie. Après avoir été un collaborateur comme les autres, il présente de très nombreux mémoires en 1785. Son nom apparaît sur la page de titre à partir du t. XXVIII (janv. 1786). Il écrit un «Discours préliminaire contenant un précis des nouvelles découvertes par M. de La Métherie, Auteur de ce Journal». Il garde exactement la même présentation que pour les volumes précédents, mais les volumes ont un peu moins de 500 p. en moyenne. En juillet 1788, l'adresse est «Au bureau du Journal de Physique, rue & Hôtel Serpente». En janvier 1789, l'adresse est la même, «et se trouve A Londres, chez Joseph de Bosse, Libraire, Gerard-Street, nº 7, Soho». (A partir de 1790 les Observations sont «dédiées à M. Charles Philippe Bourbon» et se trouvent toujours à Londres).

Les collaborateurs ont été très nombreux: outre les auteurs du journal déjà cités, Lalande, Sigaud de La Fond, Guyton de Morveau, Lord Kames, Monnet, d'Arcet, Rouelle, Cadet, de Dietrich, Beaumé, Parmentier, Berthollet, Chaptal, Coulomb, Macquer, Haüy, Adet, etc., jusqu'aux plus célèbres: Montgolfier et Lavoisier.

6Contenu Le périodique de Gautier traite de tous les sujets et a une section appelée «Magasin philosophique», qui présente des articles critiques, des périodiques (voir à Observations physiques et Observations sur la peinture). En 1757 (début de la préface), Toussaint voulait faire connaître l'état des sciences en Europe, «en un mot on trouvera ici des Mémoires pour l'histoire du goût au dix-huitième siècle».

Surtout, depuis Rozier, le contenu annoncé, c'est-à-dire tout ce qui touche à l'histoire des sciences, est bien là en centaines de mémoires, lettres et réponses de correspondants, traductions de mémoires étrangers jugés intéressants. Les sections sont: «physique, chimie, médecine, histoire naturelle, arts», et aussi, en particulier du temps de Rozier seul, «agriculture, arts & métiers». Quelques nouvelles littéraires et jugements sur des périodiques. A la fin, la chimie devient prépondérante (24 + 30 articles en 1787): on est en plein dans la querelle du phlogistique que défend de La Métherie, puis de la nomenclature, ce qui va entraîner Lavoisier et ses adeptes à quitter le journal et à fonder les Annales de chimie.

Les tables sont dans chaque volume, tantôt au début, tantôt à la fin. Table des articles de 1773 à 1777 dans le t. X; de 1778 à 1786 dans le t. XXIX (p. 401-450); de 1787 à 1802 dans le t. LVI.

7Exemplaires Plusieurs collections ont été consultées: Ars., 4º S 1883-1885 (Gautier, in-4º); 8º S 6470(1-9)-6472 (Rozier, in-12); 4º S 1074 A; B.N., S 5696-5701 (Gautier, in-4º); S 21669-21674 (Gautier, in-12); S 5702-5706 (Toussaint); R 11837-11843 (Rozier, in-12); R 4500-4537 (fin 1789; Rozier, Mongez, de La Métherie, in-4º); R 4600-4604 (Rozier, in-4º); Centre A. Koyré au Museum pour l'Introduction et les tomes in-4º de Rozier et al., I à XXXVII (1790).

Prospectus: B.N., Rp 13 934, pour la reprise par Toussaint (1757); S 16264 (8 p.) pour Rozier in-12.

Factum Rozier, B.N., 4º Fm 28655.

8Bibliographie Des extraits ont paru sous le titre Observations sur la peinture (voir à ce titre). Il y a eu des contrefaçons si l'on en croit la plainte de l'abbé Rozier dans les «Avis essentiels» du t. IX: «10º MM. les Traducteurs & Contrefacteurs de ce Journal sont priés de faire parvenir un exemplaire de leur traduction ou contrefaçon à l'auteur & il leur paiera. Ce petit égard est bien dû pour la peine qu'il prend à leur fournir des matériaux».

Dans le vol. de juil.-déc. 1777, on peut lire que: 1) les volumes de 1774 ont été réimprimés pour les souscripteurs qui ne les avaient pas; 2) les 18 premiers volumes seront réimprimés en 2 vol. in-4º au même prix et à retirer en même temps que la souscription pour 1778. Page 508: la réimpression des 18 vol. in-12 en 2 vol. in-4º n'a été finie que le 28 novembre 1777 (l'approbation est du 19 janvier 1778), et les deux volumes ont pour titre Introduction aux Observations sur la physique, l'histoire naturelle. Ces deux tomes datés de 1777 contiennent 704 p. et 648 p.

Mémoires de Trévoux, févr. 1752, p. 337, pour l'édition de Gautier; oct. 1772, p. 88 pour Rozier in-12. La Gazette de santé est très élogieuse pour le périodique de Rozier (12 sept. 1776, 2 janv. 1778). – McKie D., «The Observations of the abbé François Rozier (1734-1793)», Annals of Science, vol. 13, juin 1957, p. 73-89 (n'étudie que l'édition in-12 de 1771-1772). – Idem, «The scientific periodical from 1665 to 1798», Philosophical Magazine, 1948, vol. 150, p. 122-132, en particulier p. 129-130.

Les articles de chimie ont fait l'objet de plusieurs articles de E.W.J. Neave dans les Annals of Science, 1950, vol. 6; 1951, vol. 7; 1952, vol. 8 sous le titre «Chemistry in Rozier's Journal», c'est-à-dire que l'auteur ne s'est intéressé qu'aux articles parus après 1771.

Historique L'histoire de ce périodique est assez compliquée. Gautier Dagoty a rusé pour présenter divers ouvrages sous forme de périodiques (voir Observations physiques), puis il a obtenu un privilège (rappelons que le Journal des savants étant protégé par tous les moyens, justes ou injustes, le privilège pour un périodique qui traitait de matières voisines étant systématiquement refusé). D'après Toussaint, dans ses Avis, et aussi d'après Rozier («Mémoire pour le Sieur abbé Rozier, chevalier de l'église de Lyon [...], contre le Sieur Jacques Gautier Dagoty père, Anatomiste pensionné, défendeur & demandeur», 1778), ce privilège fut vendu à Toussaint le 16 septembre 1757 et ce premier privilège, délivré le 8 octobre 1751, fut renouvelé en 1757, 1763, 1769. Toussaint rétrocéda son privilège le 18 septembre 1758 (ce qui correspond à l'interruption du journal). Dans le Mémoire on peut lire (p. 5): «L'abbé Rozier n'a point demandé le privilège du sieur Dagoty, ni sous le titre ancien, ni sous le titre nouveau» et plus loin on apprend qu'il «a créé le Journal de Physique; il a demandé le privilège pour le Journal qu'il a créé, il l'a demandé sous le titre Observations sur la Physique, l'Histoire Naturelle & sur les Arts, & il méritait de l'obtenir». D'ailleurs Rozier accuse Dagoty de «n'avoir fait que des planches mais pas un journal». Ce reproche avait été formulé bien avant: en effet, on trouve dans l'exemplaire S 1885 de l'Ars. (1757), cette note manuscrite: «Dans ce volume Mr Toussaint se démarque et se déclare l'auteur de ces observations. Jusque-là il avait aidé en secret le Sr Gautier. Il ne reste plus à Mr Gautier que l'honneur des planches et cet honneur n'est pas bien grand» (voire..., car à l'heure actuelle ces planches colorées à l'aspect velouté font l'admiration des amateurs. Evidemment, pour des planches d'anatomie, de botanique, ou de zoologie, elles sont bien moins précises que certaines planches gravées classiques).

Dagoty, pour avoir un titre, avait envoyé son périodique à l'Académie de Dijon qui s'était empressée de l'agréger. Rozier, lui, appartenait au moins à quinze sociétés savantes (dont la société de philosophie de Philadelphie), tant en France qu'à l'étranger. Son périodique a obtenu un succès certain, bien qu'on ne trouve aucun renseignement sur le tirage, mais le fait qu'on l'ait pressé d'éditer son journal in-4º, qu'il y ait eu assez de souscripteurs pour faire imprimer in-4º l'édition in-12 est une preuve de sa diffusion. D'après Dugourd, le journal eut jusqu'à 1500 souscripteurs. Il se plaint en juillet 1777 d'être «seul contre tous» et prévient qu'il ne peut répondre à toutes les lettres. Il a dû se faire aider assez vite par son neveu, l'abbé Mongez, qui prend seul la direction du journal en 1780, Rozier ayant quitté Paris (voir DP2). A.J. Dugourd dans sa notice sur Rozier (Cours complet d'agriculture, X, xvj, 1800), précise que «l'abbé Mongez rédigea le Journal de physique depuis 1780 jusqu'en 1785, époque de son départ avec Lapérouse. Il confia le journal au citoyen Lamétherie, savant aussi modeste que profond qui le continue toujours sur le même plan et avec le même succès» (p. ix). Ce renseignement est confirmé par Delamétherie dans un «Rapport sur le progrès des connaissances humaines pendant l'année 1810» qu'il fit dans le Journal de physique, de chimie, d'histoire naturelle et des arts, en janvier 1817: «Ce journal dont je suis propriétaire et que je rédige depuis 1785».

Ce périodique permet de suivre comment on est passé dans les années cinquante d'un journal à prétention scientifique, mais assez fourre-tout, à un véritable périodique spécialisé qui, comme l'avait voulu l'abbé Rozier, était le complément de la Collection académique et qui tendait  et souvent y parvenait  à être aussi sérieux que les publications de l'Académie des sciences.

Anne-Marie CHOUILLET

 


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