ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 1112

LE PERROQUET (1741)

1Titres Le Perroquet, ou Mélanges de diverses pièces intéressantes pour l'esprit et pour le cœur.

2Dates Janvier - décembre 1741. Deux tomes.

Périodicité annoncée et réelle: hebdomadaire (voir annonce du nº 27). Cinquante deux livraisons.

Les deux tomes sont datés de 1742. Dans l'édition de Munich, page de titre bicolore datée de 1742.

3Description Chaque tome comprend 26 livraisons (chaque livraison étant de 16 p.). T. I: 418 p. (+ Préface); t. II: p. 419-834 (+ table des matières).

Cahiers de 16 p. in-8º, 95 x 160.

Frontispice: dans le cadre d'un jardin à la française avec arcades, bassin et jet d'eau, un petit Amour, carquois au dos; devant lui, un perroquet; du bec de celui-ci sort un fil que tient l'Amour. Au bas du frontispice, on lit: «Toujours Badin. Rosler Fec. Fr.» (Michael Rössler, graveur de Francfort).

4Publication «A Francfort-sur-le-Main» chez François Varrentrapp. Chaque livraison ajoute: «et dans les bureaux des postes de chaque ville».

6Contenu Contenu annoncé: recueil de pièces variées «tant en prose qu'en vers», d'où ne sont pas exclus des «morceaux de la belle littérature ancienne et moderne» et dont la lecture doit amuser et délasser, mais aussi instruire, car au «badin» se mêle quelquefois le «sérieux» (Préface, t. I).

Contenu réel: pièces de vers  odes (bachiques, anacréontiques...), épîtres, fables, sonnets, stances et petits genres (épigrammes, épitaphes, rondeaux, ballades, madrigaux, maximes en comparaisons); vaudevilles de la comédie ou de l'opéra-comique, airs à boire; lettres, anecdotes, dialogues, histoires et contes; réflexions tirées d'ouvrages ou de discours et relatives au théâtre, à la poésie, à la peinture, à l'histoire; traductions (vraies ou supposées), imitations, explications d'historiettes ou de poèmes tirés de l'Antiquité (d'Hérodote et Pausanias à Horace et Ovide).

Principaux centres d'intérêt: Eros et Bacchus; satire des mœurs et de la société, des ridicules et de la superstition, de la franc-maçonnerie, le tout sur un ton de badinage parfois assez libre...

Poètes publiés, entre autres: La Motte, Diderot (voir De Booy et Dawson), poètes latins et grecs en traduction, chansons (sans musique gravée, voir Préface, p. 4).

Auteurs cités: L. Riccoboni, Saint-Foix, Rudbeck, Mmes Deshoulières et Du Châtelet, Servandoni.

Articles intéressants: t. I, nº 1, 3, 4, 6, anecdote scandaleuse à l'Opéra de Paris; nº 14, 22, description de Francfort par un Français; nº 19-20, satire des «wolffiens»; nº 24-26, «Parallèle de la poésie et de la peinture»; t. II, nº 32, réflexions sur la carrière poétique comparée à des activités utiles (militaires ou commerciales); nº 40, «Eloge d'Arlequin» (en vers, sur Thomassin); nº 41, sur la pantomime; nº 45-46, une promenade aux Tuileries.

Table à la fin du t. II.

7Exemplaires Bayerische Staatsbibliothek, Munich, 8º P.O. gall. 1657 (basane aux armes de Bavière, avec ex-libris gravé monogrammé C.F.: «Bibliotheca Palatina»); Ars., 8º B.L. 34872 (1-2); 8º BL 34873 (1-2); Opéra, Pi 212 (ex-libris imprimé: «P.C. Marchant, Doctoris Medici Bisontini», et sur le titre, cachet: «L.T. Simon D.T.»); B.N., Ye 12433-12434 (t. I: Préface + livraisons I-XXIX + table non intégrée; t. II: livraisons XXX-LII); Z 57400-57401 (manquent les nº LI-LII); B.U. Halle (inc.); B.U. Rostock.

8Bibliographie Kirchner 1931, nº 623; Kirchner 1969, nº 5211. – Strauss B., La Culture française à Francfort au XVIIIe siècle, Paris, 1914, p. 35, 122, 207, 245-246. – Van Roosbroeck, «Diderot's earliest publication», Modern language notes, t. XXIX, 1924, pp. 504-505. – Couperus, p. 191. – De Booy J.-Th., Denis Diderot. Ecrits inconnus de jeunesse, Studies on Voltaire, t. CXIX, 1974, p. 47-55. – Dawson R.L., Baculard d'Arnaud: life and prose fiction, Studies on Voltaire, t. CXLI, 1976, p. 38-39, note 9.

Historique Ouvert sur un poème où le Perroquet s'adresse au public et où il définit son dessein, le périodique, composé de pièces fugitives et qui devait reproduire la musique des chansons publiées (mais la promesse ne sera pas tenue), semble avoir été assez bien accueilli. Dans la 27e livraison, au moment où il aborde le second semestre, le Perroquet, s'adressant de nouveau au public, observe:

Parce qu'il vous a plu d'applaudir
Avec beaucoup de complaisance
Ma manière de divertir,
Pourrais-je m'imposer silence?

Quand le Journal littéraire d'Allemagne signale à l'attention de ses lecteurs l'existence de cette publication hebdomadaire, il parle d'«un agréable mélange de pièces». C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les feuilles sont ensuite rassemblées en volumes: «comme il a plu en détail», lit-on dans la Préface (t. I), «nous espérons que [le recueil] ne plaira pas moins en gros». Un troisième tome est du reste envisagé, mais qui serait donné «tout à la fois dans six mois».

Qui s'intéresse aux statuts de l'Ordre de la Malice fondé par une Dame de province (t. I, nº 5), à la mode des robes à paniers (t. I, nº 6) ou à l'histoire allégorique de la galanterie (t. I) y trouvera sa pâture. Petits vers, parmi lesquels on compte une première production de Diderot (Van Roosbroeck, De Booy), délicat féminisme (t. II, nº 46: éloge des femmes savantes) d'un «Perroquet» qui privilégie le sexe comme interlocuteur, historiettes françaises donnent au Perroquet, qui y puise d'ailleurs largement, un ton de Mercure alambiqué pour la clientèle germanique. Il y a, comme toujours dans ce type de périodique, fort peu de nouvelles d'intérêt local ou régional: quelques flatteries poétiques à l'endroit du roi de Prusse, une satire des «wolffiens», une polémique contre L'Espion turc de Francheville (t. I, Préface, p. 2). Le débat idéologique, souvent assez curieusement mêlé au badinage dans les journaux de son concurrent James de La Cour, reste ici très secondaire; à peine notera-t-on une réfutation de la notion d'animal-machine (t. I, nº 10) et un parallèle de l'utilité sociale du poète, du marchand et du militaire qui se conclut en faveur des deux derniers. La durée du périodique ne témoigne pas évidemment du succès qu'il espérait.

Robert GRANDEROUTE et François MOUREAU

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)