ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 1217

LE SPECTATEUR FRANÇAIS 1 (1721-1724)

1Titres Le Spectateur français.

Continué par L'Indigent philosophe.

2Dates juin 1721 - septembre 1724. Un volume. Date du privilège: 29 janvier 1722 («Permis d'imprimer» du jeudi 29 mai 1721, enregistré le 25 juin).

Périodicité annoncée: hebdomadaire (Le Libraire au lecteur, 1re feuille), puis bimensuelle (Le Libraire au lecteur, 2e feuille).

3Description 12 feuilles en 1722, 10 en 1723, 3 en 1724. D'après la Bibliothèque française, 1723, t. II, p. 80-87, Antoine Gandouin offrait au printemps de 1723 une collection complète des douze feuilles «Année 1722». 25 feuilles dans la collection complète mise en vente par Pierre Prault en 1727. Différents tirages, où les feuilles comportent le plus souvent 16 p., mais parfois 14, in-8º.

4Publication Paris, Guillaume Cavelier, au Palais à l'Ecu de France. Libraires associés: Guillaume Cavelier fils, rue Saint-Jacques à la Fleur de Lys d'or. A partir de la 4e feuille: François Le Breton, à l'Aigle d'or, près la rue Guenegaud, et Noel Pissot, à la Croix d'or, quai des Augustins. Il est à peu près certain que les mêmes libraires ont continué d'éditer toutes les feuilles suivantes, mais la page de titre de la 25e feuille ne comporte que le nom d'un des deux: G. Cavelier, «au Palais, et rue Saint-Jacques» (Cavelier fils).

Il y eut au moins une autre série d'édition: 1) au printemps de 1723, Antoine Gandouin, quai des Augustins, au coin de la rue Pavée, au nom de Jésus, publia une collection des douze premières feuilles, et ensuite les feuilles 13 à 16. La veuve Guillaume, même adresse, même enseigne, lui succéda pour les feuilles 17 à 19 (mai-juil. 1723); 2) à partir d'août 1723, nouvellement reçu libraire, François Flahault, «Quai des Augustins, au coin de la rue Pavée, au Roi de Portugal», reprit cette édition et publia les feuilles 20 à 23.

Dans le courant de l'automne de 1727, Pierre Prault, «Quai de Gesvres, au Paradis», publia Le Spectateur François par M. de Marivaux ou Recueil de tout ce qui a paru Imprimé sous ce titre. «Le prix est de 2 # 10 s. relié». Un examen attentif du volume permet de conclure avec certitude que les feuilles 1 à 12 proviennent de l'édition Cavelier; les feuilles 13 et 14, de l'édition Flahault; la feuille 15, de l'édition Gandouin; les feuilles 16 à 19, de l'édition de la veuve Guillaume; les feuilles 20 à 23, de l'édition Flahault; enfin les feuilles 24 et 25, de l'édition Cavelier.

Imprimeur: on ne peut avoir de certitude que pour la 24e et la 25e feuille; leurs feuilles de titre portent en effet: «Imprimé à Sens, chez André Jannot».

Certaines anomalies de pagination des exemplaires conservés à Rouen et à Agen révèlent qu'il y a eu plusieurs tirages, de certaines feuilles au moins, tant dans l'édition vendue par les Cavelier que dans l'édition François Flahault (voir M. Gilot, Les Journaux de Marivaux, t. I, p. 254).

5Collaborateurs Pierre Carlet de MARIVAUX.

6Contenu Voir deux avis intitulés «Le libraire au lecteur» et parus dans la première et dans la deuxième feuille, mais surtout le texte de la première feuille.

«Ouvrage qui doit être curieux si le titre en est rempli avec génie [...]. La forme sous laquelle il paraîtra semble n'annoncer que du badinage: en effet on en trouvera souvent; mais un badinage de réflexion, que l'on a tâché de rendre aussi instructif que pourrait l'être le sérieux le plus déclaré» (Le Libraire au lecteur, 2e feuille).

«L'esprit humain, quand le hasard des objets ou l'occasion l'inspire, ne produirait-il pas des idées plus sensibles et moins étrangères à nous qu'il n'en produit dans cet exercice forcé qu'il se donne en composant? [...] Mon dessein n'est de penser ni bien ni mal, mais simplement de recueillir fidèlement ce qui me vient d'après le tour d'imagination que me donnent les choses que je vois ou que j'entends, et c'est de ce tour d'imagination, ou pour mieux dire de ce qu'il produit, que je voudrais que les hommes nous rendissent compte, quand les objets les frappent» (1re feuille).

Contenu réel: «Matières principales», d'après la table insérée dans l'édition de 1728, où l'on reconnaît la plume de Marivaux: Visage humain (3 rubriques); femmes et «filles» (13 rubriques); coquettes et coquetterie, «galants» (5 rubriques), amour (6 rubriques); famille: mariage, parents et enfants, «éducation» (8 rubriques); épreuves de la vie: «révolution de fortune», «adversité»... (4 rubriques); critique de la société: «riches» et «pauvres», «grands» et «petits», «honnêtes gens, leur destinée ordinaire», «habits, leur pouvoir» (une douzaine de rubriques). Catégories sociales: «dévotes et leurs directeurs», «marchand, ses manèges»... (4 rubriques sur les Juges). Portraits («Babillard rempli de soi-même», fainéants, femme avare, oisifs, savants) et réflexions morales («Disputes. Leur effet ordinaire», «orgueil», «vanité sotte»...: une douzaine de rubriques). Figures (Anacharsis, Misanthrope, Sage misanthrope, savetier philosophe). Métaphysique («Connaissance de soi-même», «conscience», «idées», «instinct et sentiment», «mémoire», «réflexions [des]): une dizaine de rubriques. Problèmes concrets de la littérature (6 rubriques: «Anciens et Modernes», «auteurs», «censeurs», «critiques», «feuilles volantes», «livres, livrets et brochures»). Critique littéraire (4 références). Scènes «plaisantes» (trois emplois du terme), piquantes («Jeunes gens inquiets pour leur chevelure», «Curiosité affligeante [...]», «Femme affligée d'être dérangée [...]»), ou extraordinaires («Aventure étrange [...]», «Visite singulière [...]»). Avis («Pour» les rois, les censeurs, les femmes...). Conduites avisées («Adresse d'un père [...]», «Adresse singulière d'une gouvernante [...]», «Conduite raisonnable d'une mère [...]», «Orgueilleux. Conduite qu'il est bon d'avoir avec eux [...]».

Ainsi se trouvent définis à la fois les principales orientations de Marivaux et les modes de lecture qu'il propose a posteriori au public du temps.

Principaux centres d'intérêt: 1) l'acclimatation en France d'une feuille de Spectateur et la transformation du genre de la «réflexion morale»; 2) la pensée subtile et généreuse de Marivaux; 3) face aux «savants» desquels dépendait encore le marché du livre, l'affirmation de ce qu'on a pris l'habitude depuis d'appeler «littérature».

Principaux auteurs étudiés: La Motte, Romulus (début de la 3e feuille), Inès de Castro (20e feuille); Montesquieu, Lettres persanes (8e feuille). Allusions à l'Iliade.

A partir de 1728, tables intégrées.

7Exemplaires B.M. Rouen, I. 1503; B.M. Agen, 2259: 23 premières feuilles; B.M. Nantes: 22 premières; B.M. Troyes, D 3262: 21 premières; B.N., R 20137. Recueil des 25 feuilles données par Prault en 1727; exemplaire de M.F. Deloffre: 24 premières feuilles.

Ex-libris: recueil de 1723 (ex. M.F. Deloffre): Bossin la Sone, puis «Virieu, au Cabinet de sa maîtresse»; recueil de 1727: «A M. de Sauvagnat, à Paris» (B.M. d'Agen); «N'est pas du goût de M. Pellier, commis des finances» (B.N.). Edition de 1728: Monsieur Silva, maître des requêtes (B.M. de Montpellier); Desroches, chanoine, puis: bibliothèque de l'église cathédrale de La Rochelle (B.M. de La Rochelle); Guérin, puis: Denis de Pange (1750), puis: M. Rebours, rue Meslée, puis: J. Vernesson, commerçant (1801, «A Paris le 7 may») (exemplaire Deloffre). Edition de 1752: Sallée-Duqueroy (B.M. d'Angoulême); Fiquet du Boccage, «ex dono D. de Marivault» (B.M. de Rouen). Edition de 1754: Lützelbourg d'Imling (B.M. de Colmar). Edition de 1755: Johannes Emmanuel de Guignard, «vice-comes sancti praejecti» (B.M. de Montpellier). Edition de 1761: Brunet de L'Argentière (B.U. de Grenoble); chevalier de Lambilly, «acheté le 19 juillet 1779» (B.M. de Rennes); Perrin d'Avressieux, «officier de campement», puis: Guy (B.M. de Chambéry).

Notes manuscrites, exemplaire de Lützelbourg d'Imling: A propos de La Motte comparé à Corneille et Racine (troisième feuille), «M. de Marivaux, ceci ne peut être sérieux; si c'etoit d'Ines que vous parliez encore vous le passeroit-on elle est si intéressante malgré ses Défauts». A propos du «livre que je lisais ce matin, et qui est intitulé les Lettres persanes» (8e feuille): «En avez-vous lu de meilleur?»

Différents passages marqués dans l'exemplaire Brunet de L'Argentière et dans l'exemplaire ayant appartenu à Guérin, D. de Pange et Vernesson.

8Bibliographie Rééditions: Le Spectateur François par M. de Marivaux ou Recueil de tout ce qui a paru imprimé sous ce titre. Nouvelle édition [...] Paris, Pierre Prault, 1728, in-8º. Le texte du Spectateur français figure au t. I, p. 1-405.

Le Spectateur François par M. de Marivaux. Nouvelle Edition [...], Paris, Prault jeune, 1752. Le texte du Spectateur français figure au t. I, p. 1-368. Même contenu, même disposition, même pagination, même titre dans les éditions procurées par Duchesne en 1754 et en 1755: Le Spectateur François, suivi du Cabinet du Philosophe, par M. de Marivaux de l'Académie Françoise, Troisième édition [...], Paris, Duchesne. Le texte du Spectateur français figure au t. I, p. 7-369.

Rééditions dans les Œuvres complètes de Marivaux, veuve Duchesne, 1781 (t. IX), puis dans l'édition Duviquet-Dupont (t. IX, 1830, chez Dauthereau); en 1921 (Paul Bonnefon, dans la collection des «Chefs d'œuvre méconnus», Paris, Bossard) et enfin en 1969, dans les Journaux et Œuvres diverses de Marivaux.

Contrefaçons: Le Spectateur françois ou Discours critique [sic] et moraux sur la Conduite des hommes [fleuron: une coupe de fruits]. Sur la Copie Imprimée. A Paris; 1723. Cette édition-pirate, lancée alors que le Spectateur français continuait à paraître, dut s'interrompre parce que le rédacteur ne pouvait plus être sûr que le journal de Marivaux continuerait à être publié à des dates prévisibles. Elle parut «tous les huit jours, à commencer le 29 avril 1723» (un vendredi), (Avis de l'imprimeur au lecteur) puis, à partir de la fin d'août, tous les quinze jours. 23 feuilles (dont 19 tirées du Spectateur français), jusqu'au 15 novembre, 276 p. in-12. Lieu de publication, probablement Genève. B.P.U. Genève, HF 1405; B.M. Bordeaux, S. 5037; première feuille à la B.M. de Grenoble (bibliothèque H. Gariel, P. 8226).

Mentions dans la presse du temps: Mercure de France, juin et juil. 1721, I, p. 100-102; Mercure, janv. 1722, p. 60-61; Mémoires historiques et critiques, févr. 1722, p. 3-8; Mercure, févr. 1722, p. 87-88; Roderici Alexandri opus nullum, première feuille, p. 3; Mémoires sur divers genres de littérature et d'histoire, mars 1722, p. 53; Mercure, mars 1722, t. II, p. 86-87; mai 1722, p. 107-113; juil. 1722 (Lettre de Lyon, datée du 14 juin), p. 86; Journal des savants, 31 août 1722, p. 555-558; Bibliothèque française, t. I, I, 1723, art. IX, p. 143; t. II, I, art. VI, p. 80-87 (texte non cité dans l'édition des Journaux et œuvres diverses de Marivaux); Mercure, oct. 1723, p. 699-701; nov. 1723, vol. 1, p. 887-888 et p. 1017; oct. 1724, p. 2186-2187; Le Nouveau Spectateur français de Van Effen: 1re, 3e, 6e, 8e, 12e, 13e, 14e, 15e, 16e et 25e feuilles; Bibliothèque française, t. IV (1724), art. III, p. 37-38; Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire, t. III, I, 1727, p. 180; Le Nouvelliste du Parnasse, t. I, 1731, p. 387-388; Mercure, oct. 1737, p. 2196-2202; L'Année littéraire, t. V, lettre 7 (datée du 18 août 1755), p. 145-162.

Articles et monographies:

Etudes de Fleury (1881), Gossot (1881), Larroumet (1882), Gaston Deschamps (1897), Baldwin (Publications of the Modern Language Association, n.s., t. XX, 1912, p. 168-187), P. Trahard (Les Maîtres de la sensibilité française, 1934, t. I, p. 29-88), R.K. Jamieson (1941). – Gelobter H., «Le Spectateur» von Pierre Marivaux und die englischen moralischen Wochenschriften, dissert. de Francfort-sur-l'Oder, Limburg, 1936. – Roy C., Lire Marivaux, Les Cahiers du Rhône, avril 1947, Neuchâtel, Paris, p. 98-108. – Arland M., Marivaux, Paris, N.R.F., 1950, p. 214-227. – Deloffre F., Marivaux et le marivaudage, étude de langue et de style, Paris, Belles-Lettres, 1955; réed. 1967. – Dédeyan Ch., «Marivaux à l'école d'Addison et de Steele», Annales de l'Université de Paris, t. XXV, nº 1, 1955, p. 5-17. – Fabre J., «Marivaux» dans l'Histoire des littératures de la Pléiade, t. III; 1959, p. 677-695. – Matucci M., «Su alcuni temi di Marivaux», dans Studi in onore di Vittorio Lugli e Diego Valeri, Venezia, 1961, t. II, p. 645-654. – Idem, L'Opera narrativa di Marivaux, Napoli, Pironti, Napoli, 1962, p. 123-140. – Wrage W., A critical edition of «Le Spectateur français», thèse de l'Université du Wisconsin, 1964. – Greene E.J.H., Marivaux, Toronto, University of Toronto Press, 1965, p. 61-71. – Trapnell W.H., The Contribution of Marivaux's journalistic works to his theater and novels, thèse de l'Université de Pittsburgh, 1967 (Dissertation abstracts, t. XXVIII, 1968, p. 4611 A). – Haughan W.K., A Study of the social and moral ideas of Marivaux, thèse de l'Université de Manchester, 1968. – Deloffre F. et Gilot M., éd. Journaux et œuvres diverses de Marivaux, Paris, Garnier, 1969; réed 1988. – Guedj A., «La révision des valeurs sociales dans l'œuvre de Marivaux», Annales littéraires de l'Université de Besançon, t. CIX, 1970, p. 11-43. – Mülhemann S., Ombres et lumières dans l'œuvre de Pierre Carlet Chamblain de Marivaux, Berne, Lang, 1970. – Lagrave H., Marivaux et sa fortune littéraire, Saint-Médard-en-Jalles, Ducros, 1970. – Swiderski M.L., «La pensée sociale de Marivaux», Revue de l'Université d'Ottawa, juil.-sept. 1971, p. 345-370. – Jacoebée W.P., «Encore Marivaux et Montaigne», Bulletin de la Société des amis de Montaigne, t. V, nº 1, janv.-mars 1972, p. 63-65. – Coulet H. et Gilot M., Marivaux. Un humanisme expérimental, Paris, Larousse, 1973. – «Marivaux», dans les Cahiers de l'Association internationale des études françaises, nº 25, mai 1973, notamment H. Coulet, «Marivaux et Malebranche» (p. 141-160) et G. Bonaccorso, «Le dialogue de Marivaux avec ses lecteurs» (p. 209-223). – Gilot M., Les Journaux de Marivaux, itinéraire moral et accomplissement esthétique, Paris, Champion, 1975. – Jacoebée W.P., La persuasion de la charité. Thèmes, formes et structures dans les journaux et œuvres diverses de Marivaux, Amsterdam, Rodopi, 1976. – Gilot M., «Savants et caféistes sous la Régence. Les implications historiques d'une querelle littéraire», Beiträge zur Romanischen Philologie, t. XVI, nº 1, 1977, p. 27-32. – Spink J.S., «Marivaux: the mechanism of the passions and the metaphysic of sentiment», Modern language review, t. LXXIII, 1978, p. 278-290. – Mason H.T., «Women in Marivaux. Journalist to dramatist», Woman and Society in eighteenth century France, Essays in honour of John Stephenson Spink, London, Athlore Press, 1979, p. 42-54. – Bennington G.P., «Les machines de l'opéra. Le jeu du signe dans le Spectateur français de Marivaux», French studies, t. XXVI, 1982, p. 154-170. – Collectif de Grenoble, «Le Journaliste masqué. Personnages et formes personnelles», dans Le Journalisme d'ancien régime, Lyon, P.U.L., 1982, p. 285-323.

Historique Le Mercure de juin et juillet 1721 (approuvé le 4 août), annonçait, p. 100, le Spectateur français, «petite brochure de 15 pages d'impression qui vient de paraître tout nouvellement». L'éditeur était François Fournier, rue Saint-Jacques, et «l'imprimeur» promettait au «lecteur» de «lui donner chaque semaine une feuille si l'ouvrage lui agréait». On n'a pas retrouvé d'exemplaire de cette publication.

Marivaux qui s'était contenté d'un simple «permis d'imprimer» en 1721, obtint un privilège le 29 janvier 1722, et le Mercure de ce mois (approuvé le 7 février) présenta à nouveau le Spectateur français: «petite brochure de 15 pages, qui parut au mois de juillet dernier. On en débitera une feuille tous les quinze jours qu'on vendra dix sols».

Par recoupements (voir les Journaux de Marivaux, t. III, p. 993), on peut établir à quelques jours près la date de parution des premières feuilles dans cette nouvelle édition: première feuille, vers le samedi 31 janvier; deuxième, vers le samedi 7 février; troisième, vers le samedi 21 février; quatrième, vers le samedi 21 mars. Les feuilles 5 et 6 parurent dans le courant d'avril et de mai; mais Marivaux ne fit approuver la feuille 7 qu'en août, et ensuite il ne maintint pas le rythme de publication bimensuelle promis: feuille 8, approbation du 8 septembre; feuille 9, 27 septembre; feuille 10, 16 octobre; feuille 11, 10 novembre; feuille 12, 6 décembre; feuille 13, 30 décembre; feuille 14: 2 janvier.

De nouvelles interruptions assez longues: feuille 15, 14 mars; feuille 16, 27 mars; feuille 17, 12 mai; feuille 18, 8 juin; feuille 19, 16 juillet; feuille 20, 18 août; feuille 21, 5 octobre; feuille 22, 8 novembre, feuille 23, 8 janvier 1724.

Au début de la feuille 24, approuvée le 22 juillet seulement, Marivaux écrivait: «Je reprends enfin le Spectateur, interrompu quelques mois et je le reprends pour le continuer avec exactitude». En fait, il n'écrivit plus qu'une feuille, la 25e, approuvée le 31 août.

Le prix des feuilles, qui était à l'origine de 10 s., fut abaissé à 6 s., à partir de la troisième.

Le succès du Spectateur, indéniable à partir de la fin de 1722, grandit dans le courant de 1723, au point de susciter non seulement une édition-pirate, mais plusieurs imitations: Spectateur suisse, Spectateur inconnu, puis en Hollande, Le Nouveau Spectateur français de Van Effen qui publia d'ailleurs de nombreux extraits du texte de Marivaux. Prault acquit au printemps de 1727 un privilège de longue durée pour éditer Le Spectateur français, et publia dans le courant de l'automne de la même année le «Recueil de tout ce qui a paru imprimé sous ce titre», édition faite de feuilles dépareillées.

Michel GILOT

 


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