ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 186

LE BUREAU ACADÉMIQUE (1677)

1Titres Le Bureau académique des honnestes divertissements de l'esprit, ou dans quelques feuilles que l'on distribuera toutes les Semaines, on trouvera les Entretiens familiers de diverses Personnes scientifiques, sur la Philosophie en general, la Morale, le Droit, la Medecine, la Poësie Françoise, les Poëtes qui l'ont cultivée, les Fables, et diverses autres Matieres aussi utiles qu'agreables. Ouvrage pour former les jeunes Esprits sur toutes sortes de sujets, afin de les rendre capables de paroistre au Barreau, dans les Chaires publiques, et dans la conversation des Doctes. Avec la Bibliographie de Paris, pour l'utilité de ceux qui dressent les Bibliotheques, tant François qu'Etrangers. Dédié à Monseigneur le Dauphin. Par le Sieur Colletet, de la maison de mondit Seigneur.

A partir du nº 2: Suite des entretiens academiques et des honnestes divertissements de l'esprit.

Continuation très indirecte du Journal des Avis et des Affaires de Paris.

2Dates Un volume, du 5 mars au 22 juillet 1677. Le dixième numéro s'achève sur cette note: «Nous tâcherons de reprendre notre train ordinaire avec le plus d'assiduité qu'il nous sera possible pour ne pas priver le public de ces Entretients qui seront bientôt suivis des Vies historiques des Poètes françois» (p. 92).

Le privilège, daté du 16 mai 1660 (registré le 22 mai 1660) est le même qui avait été cédé à Lesselin le 4 juin 1660 (voir Nouveau journal historique). Il n'existe pas de prospectus, mais, le 6 mai 1677, on lit dans la bibliographie L'Histoire des poëtes françois anciens et modernes, par G. et F. Colletet, «avec la nouvelle Academie des honnestes Divertissements de l'esprit, où dans quelques cahiers que l'on distribue tous les Jeudis de chaque semaine on trouve les Entretiens Familiers de diverses personnes Lettrées, sur toutes les parties de la Philosophie» (p. 46). De même, le 13 mai 1677: «On continuera tous les Jeudis les curieuses Decisions Academiques, que l'on distribuera ou par Cahiers, ou en Livre» (p. 56; 20 mai 1677, p. 64; voir encore p. 76).

Annoncée comme hebdomadaire (voir le titre et cf. p. 36, 29 avril, «on continuera toutes les semaines», et p. 5, 5 mars), la périodicité réelle est très irrégulière, d'une semaine à un mois et plus: «Comme les Festes solennelles ont interrompu le cours des Assemblées et des Conférences, maintenant qu'elles sont passées, on reprendra après l'octave du S. Sacrement le train ordinaire pour ne pas priver le public des Entretiens qui seront bien-tost suivis de l'Histoire ou des Vies des Poëtes François», etc. (p. 76, 17 juin).

3Description Le volume comporte dix numéros avec pagination continue (92 p.), in-4º.

4Publication «Paris, Chez l'auteur, sur le Quai Royal de l'Horloge du Palais, au coin de la Rue du Harlay prés d'un Notaire au Roy d'Angleterre»; p. 46: «à trois maisons au delà d'un Notaire qui fait le coin de la ruë du Harlay [...]. Les affiches marquent la porte» du «Bureau Académique» où siège F. Colletet.

5Collaborateurs Fondateur: François COLLETET sous le nom, dans le cours du texte, de Cerilas. Collaborateurs occasionnels: Guillaume Colletet (à titre posthume), et des «noms empruntez» (p. 6): Varom, Bon-l'or, Nerac, Philaste, Aminte, Damon, Jacod ou Jacob.

6Contenu Contenu annoncé: voir le titre. Entretiens sur la Philosophie, la Morale, le Droit, la Médecine, la Poésie, à l'usage des jeunes esprits. Bibliographie des ouvrages nouveaux.

A Mgr le Dauphin, p. 3: «plusieurs petits entretiens familiers de trois ou quatre Compagnies d'Esprits de nostre temps [...] je l'accompagneray dans le temps de divers traitez de Poésie», «Et je feray voir ausssi quelques échantillons [...] de l'histoire des Poëtes François que G. Colletet mon père commença [...] et que je tâche de continuer»; 29 avril 1677, p. 36: «l'on commencera (la semaine prochaine) l'Histoire curieuse des Poëtes françois par les Anciens, pour venir, par ordre chronologique, à ceux de nostre dernier siècle».

Contenu réel: Discours des richesses (5 mars), sur les Flateurs et la Flaterie (févr. 1677). Si l'Amour est plus puissante que l'Ambition (mars 1677). Victoires de Sa Majesté et sa Campagne glorieuse (6 mai). S'il faut estre sçavant pour estre Poëte (13 et 20 mai). Quand a commencé la Poësie et la Rime et quels ont ésté les premiers Poëtes François (17 juin). Si le Blazon est la marque de la véritable noblesse; Et qu'est-ce que Symbole, Emblême, Enigme, Parabole, Rebus, Chiffre et autres matières curieuses (15 juil.). Qu'est-ce que le [...] Griphe, Logogriphe, Devise, etc... (22 juil.). Si les femmes sont plus chastes quand elles sont épiées que quand elles ne le sont pas (janv. 1677). Si les richesses peuvent estre appelées un Bien (11 mars). Si le souvenir d'un bien passé peut donner plus de plaisir que l'espérance d'un bien futur (févr. 1677).

Centres d'intérêt: Histoire de la Poésie. Amorce de bibliographie périodique (livres de médecine et de chirurgie, notamment).

Auteurs étudiés: Guillaume Colletet (passim), La Mothe le Vayer (p. 6), «l'Auteur illustre du Journal des Sçavants», p. 19. «L'Auteur du Mercure Galand [en réclame p. 56] qui tourne si galamment ses pensées», p. 39. «Les lettres en vers du Sieur Laurent», en réclame p. 46. Maître Adam, Courdes, le Jeune Beau-Chasteau, «Loret qui fut de nos jours le poëte le plus naturel en rimes burlesques», Scarron et sa Gazette burlesque, p. 52. Chapelain, Le Moyne, Le Laboureur, Malherbe, Ronsard, Marot, p. 53. Empédocle, Lucrèce, Simonide, p. 58-61. Helinand, Saint-Gelais, Du Bellay, Du Bartas, Belleau, Baïf, Passerat, Pibrac, Rabelais, Pasquier, Jodelle, Garnier, Heinsius, Bourbon, Sirmond, Du Périer, Madelenet, Marcassus, p. 61. Vers non rimés de Jodelle; Baïf, p. 66. Homère, Virgile, p. 67. Tabourot des Accords, p. 68, Thibaut de Champagne, p. 70. Alcuin, Forbin, G. de Lorris, Alain Chartier, Desportes, etc., p. 72. Alciat, Baudoin, p. 83. Du Verdier, La Croix du Maine, Fauchet, Nostradamus, etc. p. 89.

7Exemplaires B.N., Z 4038.

8Bibliographie H.G.P., t. I, p. 123 avec deux erreurs: 1) Le Bureau académique n'a pas précédé le Journal de la ville de Paris; 2) il ne se réduit pas à une bibliographie; DP2, art. «Colletet».

Historique On notera surtout:

1) Que la Bibliographie se donne (p. 9) pour une continuation du travail commencé vingt-quatre ou vingt-cinq ans plus tôt (en fait de 1643 à 1654) par Louis Jacob de Saint-Charles, bibliothécaire de Retz, religieux carme, qui en avait dédié deux volumes à G. Colletet.

2) Que le Bureau académique semble avoir cessé de paraître après le dixième numéro bien qu'on en mentionne parfois un onzième (H.G.P., t. I, p. 123), voire un douzième qui aurait été publié en janvier 1679, si la note manuscrite d'une main ancienne signalée par A. Heulhard (voir DP2, art. «Colletet») sur l'exemplaire unique du Journal des avis et des affaires de Paris conservé à l'Ars. concerne, comme il le pense, le Bureau académique.

3) Que l'ambition de F. Colletet visait à concurrencer les Conférences du bureau d'adresse mais que l'originalité de l'entreprise consistait essentiellement dans les Vies des poètes français qu'avait laissées Guillaume Colletet et que son fils avait continuées. Sans cesse promises, mais retardées de semaine en semaine, elles resteront malheureusement impubliées. Toutefois les derniers numéros du Bureau académique sans en tenir lieu purent donner une idée de ce qu'elles contenaient.

4) Que La Fontaine qui allait éditer son second recueil des Fables et qui avait été en relations avec G. Colletet et Claude Le Hain pourrait, sinon avoir été mêlé aux «quelques assemblées de gens de lettres» parisiens (p. 5, 5 mars 1677) dont le Bureau académique prétend relater les entretiens, du moins avoir compté parmi les lecteurs de ce périodique, comme tendraient à le prouver les nombreuses et curieuses rencontres d'expression ou de thèmes entre le Bureau académique et les Fables de 1678 et 1679.

Quoi qu'il en soit, ce périodique trop méconnu, reste tant par l'intérêt du contenu que par la bibliographie hebdomadaire qui le complète, le plus marquant dans toute la production de F. Colletet comme journaliste, dont il représente le dernier avatar et l'ultime aboutissement, bien que, ne contenant pas de nouvelles, il ne se rattache à la presse que par sa périodicité et les informations qu'il donne sur les livres nouveaux. Une étude et une réédition paraissent souhaitables.

Jean-Pierre COLLINET

 


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