ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 202

LE CENSEUR (1714)

1Titres Le Censeur ou Caractères des Mœurs de la Haye.

2Dates 12 mars 1714 - 31 mars 1714. Un volume. Hebdomadaire du lundi.

3Description Un tome, p. 1-344, 43 numéros, 95 x 150, in-8º.

4Publication La Haye, Henri Scheurleer, à l'enseigne d'Erasme, et à Amsterdam, chez Jean Wolters, MDCCXV.

5Collaborateurs Attribution contestée: ROUSSET DE MISSY (plutôt que Gueudeville).

6Contenu Le titre annonce un journal moraliste, dans la lignée des Spectateurs, et utilisant le genre littéraire des «Caractères», c'est-à-dire des portraits satiriques de contemporains habitant La Haye. On y trouve aussi des anecdotes, des lettres de lecteurs, des développements généraux sur la morale, la religion, l'éducation de la jeunesse, la jalousie, la médisance, l'ambition, l'hypocrisie, le mariage, le jeu.

Auteurs cités: Boileau, Leclerc, Mme Deshoulières, La Fontaine, Horace, Bayle, Jurieu. Le protestantisme est revendiqué. Chaque fois que la hiérarchie de l'Eglise catholique est évoquée, c'est dans un contexte défavorable (duplicité, inutilité, tromperie sont associées à la fonction sacerdotale). Les annonces de livres font réclame pour des livres protestants: La Placette, Morale chrétienne, M. Claude, Plaintes des Protestants. Table.

7Exemplaires Opéra, Pi 719.

8Bibliographie DP2, art. «Rousset de Missy» et «Gueudeville». – Bruys Fr., Mémoires, Hérissant, 1751, t. 1, p. 155. – Rosenberg A., Nicholas Gueudeville and his work, La Haye, 1982, p. 131-133.

Historique Ce périodique pose un problème d'attribution. Sur la page de titre figure comme auteur M. de G***, ce qui l'a fait attribuer à Gueudeville par les bibliographes Barbier et Cioranescu, suivis par M. Gilot dans sa thèse, Les Journaux de Marivaux (Lille, 1974, p. 1137) et dans Gilot et Deloffre, Journaux et œuvres diverses de Marivaux, Garnier, p. 107.

Mais Bruys dans ses Mémoires historiques, critiques et littéraires parle longuement de Rousset de Missy «auteur d'une feuille périodique publiée sous le titre de Censeur où il voulait faire le moraliste». Cette opinion semble confirmée par l'étude d'A. Rosenberg. Il se base non sur le texte de Bruys, où l'attribution est claire, mais sur un texte de La Barre de Beaumarchais dans les Lettres sérieuses et badines, où il est dit que le Censeur est le «premier ouvrage [...] aussi sot que malin» de l'auteur de la Quintessence. Or Gueudeville avait aussi travaillé à la Quintessence mais ce n'était pas, et de loin, son premier ouvrage. D'autre part si tous les thèmes moraux qu'on trouve dans le Censeur sont traités par lui dans L'Esprit des Cours de l'Europe, le style est cependant différent et une ou deux allusions personnelles du rédacteur (il a beaucoup voyagé, il n'est pas marié) ne cadrent pas avec la personne de Gueudeville tandis qu'elles sont vraies pour Rousset.

Cette démonstration ne résout pas l'énigme des initiales M. de G*** et il reste évidemment la possibilité que Le Censeur édité en 1715 ne soit pas celui de Rousset. Mais l'article de Marianne Couperus dans DP2 retient la paternité de Rousset (sur la foi d'archives hollandaises) et il nous paraît raisonnable de la créditer.

Madeleine FABRE

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)