ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 221

LA CONNAISSANCE DES TEMPS (1679-1789)

1Titres La Connoissance des temps, ou calendrier et ephemerides du lever & coucher du Soleil, de la Lune, & des autres Planetes. Avec les eclipses pour l'Année M.DC.LXXIX, calculées sur l'elevation & le Meridien de Paris, & la maniere de s'en servir pour les autres Elevations. Avec plusieurs autres tables & Traitez d'Astronomie & de Physique. Et des Ephemerides de toutes les Planetes en figure.

Le titre est plus court en 1684 mais en 1687, s'ajoutent des suppléments: tables de géographie et d'hydraulique; en 1689: méthode pour la construction de toutes sortes de quadrans ou horloges solaires. En 1694, il annonce en plus un traité des mesures réduites. En 1702, le changement de la page de titre annonce une autre direction à la tête de la revue: Connoissance pour l'année 1702 au méridien de Paris publiée par l'ordre de l'Académie Royale des Sciences et calculée par M. Lieutaud de la même Académie. Légère variante en 1762: Connoissance des mouvemens célestes, et à nouveau Connoissance des temps en 1768, puis en 1784: Connoissance des temps ou connoissance des mouvemens célestes; en 1787: Connoissance des temps ou exposition du mouvement des astres pour revenir à Connoissance des temps en 1788, titre qui variera encore légèrement en 1789: Connoissance des temps à l'usage des astronomes et navigateurs, mais le début reste inchangé jusqu'en 1907.

2Dates 110 volumes de 1679 à 1789. Privilège du 16 mars 1679. L'Académie des sciences le céda à Jean Boudot le 13 février 1707 conformément au traité fait avec son père le 3 juillet 1699. Puis Lieutaud céda la permission d'imprimer à Jean Mariette le 6 juillet 1713. Nouveau privilège accordé à l'Académie en la personne de son président, Jean-Paul Bignon, le 1er juillet 1717, pour quinze ans.

Périodicité annuelle. Les volumes sont d'abord datés de la même année que l'année pour laquelle sont données les prévisions; un décalage d'un an apparaît pour le volume de 1707 daté de 1706. 1707-1723: décalage d'un an; 1724-1742: même année; 1743-1750: décalage d'un an; puis 1761-1774: décalage de deux ans; 1775-1777: décalage d'un an; 1778-1779: décalage de deux ans; enfin 1780-1789: décalage de trois ans.

3Description Un volume annuel dont la pagination varie de 70 p. en 1679, 106 p. en 1680, 102 p. en 1699, 112 p. en 1706, 187 p. en 1707, 194 p. en 1715, 212 p. en 1730, 228 p. en 1755, 240 p. en 1760, 390 p. en 1776 et va jusqu'à 365 p. en 1779, 426 en 1781, 436 en 1783 puis revient à 407 p. en 1789.

In-12 de 1679 à 1689, 85 x 142, cahiers de 6 feuilles. In-8º de 1703 à 1706, 122 x 191. In-12 de 1707 à 1789, 95 x 155, puis 110 x 170.

Frontispice de Le Pautre en 1679; de Noblin en 1682 et 1683; Le Pautre en 1684 jusqu'en 1700; en 1701, frontispice différent non signé; en 1729, frontispice différent signé Ph. Simonneau fils, 1729; en 1749, frontispice différent signé Soubeyran, 1748; plus de frontispice à partir de 1752.

Deux planches: les «ascensions droites du soleil» et une carte de la lune; carte de France de Guillaume Delisle en 1703; en 1748, la carte de France est de Philippe Buache. En 1762, 2 figures supplémentaires: «Chassis de réduction pour le calcul des longitudes en mer». En 1784, Jeaurat donna une nouvelle carte de France.

4Publication Paris, Jean-Baptiste Coignard, imprimeur du Roi, rue Saint-Jacques, à la Bible d'Or de 1679 à 1682. Paris, Denys Thierry, rue Saint-Jacques en 1683. Paris, Estienne Michallet, à l'image Saint-Paul de 1684 à 1699. Paris, veuve Etienne Michallet en 1700. Paris, Jean-Baptiste Delespine, rue Saint-Jacques, à l'image Saint-Paul en 1701. Paris, Jean Boudot, imprimeur du Roi et de l'Académie royale des sciences, rue Saint-Jacques, au Soleil d'Or de 1702 à 1708. Paris, veuve Jean Boudot et Jean Boudot fils de 1709 à 1713. Paris, Jean Mariette, rue Saint-Jacques aux colonnes d'Hercule de 1714 à 1728. Paris, Imprimerie royale de 1729 à 1789.

Imprimeur: Antoine Lambin de 1688 à 1699, puis veuve Antoine Lambin de 1702 à 1722.

5Collaborateurs L'abbé PICARD, professeur d'astronomie au Collège royal et membre de l'Académie des sciences le publia pour la première fois en 1679 jusqu'à sa mort en 1682. La préface au roi est signée par Dalencé de 1679 à 1682 également. Le Febvre en fut chargé de 1685 à 1701 puis en 1702, cette publication devint propriété de l'Académie royale des sciences et fut assurée par les meilleurs spécialistes de cette institution jusqu'en 1795: Le Febvre de 1685 à 1701; Lieutaud de 1702 à 1729; Godin de 1730 à 1734; Maraldi de 1735 à 1759; Lalande de 1760 à 1775; Jeaurat de 1776 à 1787; Méchain de 1788 à 1795.

6Contenu Le contenu réel de cet annuaire astronomique et de navigation correspond au contenu annoncé par une table toujours très détaillée et exactement suivie. On y trouve: un calendrier pour l'année en cours, une table des marées, les latitudes et longitudes, les méthodes pour régler les pendules compte tenu des déclinaisons, enfin divers renseignements pratiques comme le jour des départs des courriers des principales villes de France; des suppléments s'y ajoutent presque chaque année: par exemple en 1783 une carte des étoiles des pléïades de Jeaurat, une autre des clochers de Paris; en 1778, des observations météorologiques; à partir de 1751 jusqu'en 1789, la liste des membres de l'Académie des sciences et leur adresse.

Tables: à partir de 1765.

7Exemplaires B.N., V 21569 et Rés. V 2159-2193 (coll. complète). Collections incomplètes à Inst., Ste G., Sorbonne, Observatoire et Institut catholique.

Particularités d'exemplaires: Rés. V 2159-2161: 1679, 1681-1682, reliure aux armes du Dauphin; V 21569: 1690, ex-libris imprimé Pierre-Daniel Huet; Rés. V 2169: 1720, gardes de papier doré; Rés. 2173-2175: 1726-1728, reliure de maroquin rouge aux armes royales; Rés. V 2192: 1761, belle reliure de maroquin rouge à décor estampé à chaud attribuée au relieur Fétil, rue des Cordeliers.

8Bibliographie Journal des savants, 1679, 1681, 1682, 1683, 1684, 1704, 1707. – Hahn R., The Anatomy of a scientific institution, the Paris Academy of Sciences, 1666-1803, Los Angeles, London, 1971. – Debarbat S., «La qualité des observations de Picard», dans Jean Picard et les débuts de l'astronomie de précision au dix-septième siècle, édités par Guy Picolet, CNRS, 1987. – Bléchet F., «Un précurseur de l'Encyclopédie au service de l'Etat: l'abbé Bignon», dans L'Encyclopédisme, Actes du colloque de Caen 12-16 janvier 1987, sous la direction d'A. Becq, Paris, Klincksieck, 1991.

Historique Paru pour la première fois en 1679, cet annuaire astronomique connut immédiatement un grand succès, étant donné son utilité, et n'a plus jamais souffert d'interruption. Maraldi le doubla d'un manuel de navigation, ce qui accrut encore sa diffusion et après la suppression des académies, le Bureau des longitudes en assuma la publication tout au long du XIXe siècle.

D'abord rédigé par l'abbé Jean Picard, puis par son confrère également académicien, Le Febvre, il fut, après la réforme de l'Académie royale des sciences de 1699 conduite par l'abbé Bignon et l'exclusion de Le Febvre, élaboré par une équipe d'académiciens: Joseph Lieutaud entouré de Réaumur, Galon et Cassini. Louis Godin remplaça Lieutaud, se fit assister de Grandjean de Fouchy et apporta quelques innovations: il donna le premier «l'ascension droite du soleil» et calcula les «lieux du soleil» avec la précision des secondes. Godin partit en mission au Pérou pour déterminer la figure et la mesure de la terre et Maraldi eut la responsabilité de cet annuaire pendant vingt-cinq ans. Il lui ajouta la configuration des satellites pour tous les jours de l'année. Jérôme Le François de Lalande le remplaça en 1760 et enrichit la partie destinée aux navigateurs, en particulier de la recherche des longitudes par le moyen de la lune; on y trouve aussi l'observation des deux comètes de 1760. C'est à partir de 1760 aussi que l'on décida de faire paraître ce manuel dix-huit mois avant l'année pour laquelle il devra servir «pour qu'il parvienne d'assez bonne heure dans tous les lieux de la terre où l'on peut en faire usage». Lalande choisit les tables de Mayer pour la lune et celle de Lacaille pour les calculs du soleil et ceux des cinq planètes principales furent effectués sur les tables de Halley. Surtout, Lalande sut mettre à la portée d'un public élargi les dernières découvertes par des exposés d'une remarquable simplicité.

Jeaurat qui lui succéda en 1776 suivit les mêmes principes et, pour sa part, donna des calculs plus précis de la lune, en ajoutant la déclinaison de six en six heures pour faciliter le calcul de la hauteur. La publication contenait toujours, suivant la tradition, diverses observations d'astronomie et de physique ainsi que la notice abrégée des livres nouveaux dans ces domaines et celui de la navigation. Méchain, autre astronome illustre remplaça Jeaurat en 1788 et y appliqua la même attention; il continua à donner les distances de la lune tirées du Nautical Almanac, avec l'aide de Maskelyne. Méchain dut abandonner en 1794 la rédaction de la Connaissance des temps, qui fut provisoirement publiée par la Commission temporaire des poids et mesures.

En effet, cet ouvrage avait suffisamment fait preuve de son utilité pour qu'il ne pût être suspendu, malgré les circonstances. C'était un instrument indispensable aussi bien pour les astronomes que pour les navigateurs comme l'avait reconnu le ministre de la Marine en 1785 en lui accordant une subvention annuelle de 1600 livres. Purement mathématique pendant près d'un siècle, cette revue avait su évoluer en intégrant toutes les nouveautés scientifiques et les découvertes intéressantes dans un domaine très spécialisé et grâce à des personnalités scientifiques de premier plan.

Françoise BLÉCHET

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)