ISSN 2271-1813

 

Publication disponible:

Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 242

CORRESPONDANCE POLITIQUE SUR LES AFFAIRES PRÉSENTES (1782)

1Titres Correspondance politique sur les affaires présentes de la Hollande. Feuille périodique pour servir à l'histoire de ce siècle. T. I.

2Dates 1782. Hebdomadaire, non daté; un volume couvrant 6 mois à partir du 15 octobre 1781 (Avis, p. 132).

3Description 26 numéros à pagination continue; 430 p. 16 p. par cahier et par livraison, 177 x 199, in-8º.

Devise: «Je ne sers ni Baal ni le Dieu d'Israël».

4Publication Amsterdam. Sans nom d'éditeur, 1782.

Abonnement de 10 florins pour 52 numéros en 2 vol., pris chez les principaux libraires hollandais, et à Emmerich, Francfort, Berlin, Hambourg, Vienne et «Maseyck».

6Contenu Journal de polémique assez vive, née des débats de la politique intérieure hollandaise et de ses ramifications internationales. A l'occasion, le rédacteur intitule cyniquement sa livraison: «Chevilles» (nº 4) ou «Remplissage» (nº 11).

Art. à relever sur les journalistes étrangers et la langue française (nº 5).

7Exemplaires Bayerische Staatsbibliothek, Munich, 8º Belg. 51 (manquent p. 185-200 et 431-432); vol. relié aux armes de Bavière, tomé «I» au dos.

8Bibliographie Courrier du Bas-Rhin, 1781 (nº 94), 1782 (nº 1); Gazette d'Amsterdam, 7 déc. 1781. – Couperus, p. 207. – G.H., p. 208.

Historique La Correspondance politique eut une existence difficile et semble avoir disparue après 26 numéros. Imprimée parfois en l'absence du rédacteur (nº 5-6, p. 100), retardée (nº 14), cette feuille fut censurée (nº 12 supprimé dans l'ex. de Munich): elle le méritait amplement. Dans cette correspondance fictive entre un Hollandais et un étranger, le rédacteur, favorable au Stadhouder, entretient, sur un ton animé et en maniant habilement la diffamation, des querelles extrêmement brutales avec ses ennemis politiques au premier rang desquels se trouvent les gazetiers pro-français, comme Cerisier (nº 5) qui lui réplique dans Le Politique hollandais, ou les rédacteurs des Lettres hollandaises (nº 1, biographie critique de leur rédacteur Derival). Il ménage un peu plus le rédacteur pro-prussien du Courier du Bas-Rhin, Jean Manzon, à qui le lient une commune compassion pour «l'infortuné Linguet» (nº 9), une identique aversion pour «la célèbre et insipide Gazette de Cologne» (nº 10) et les jésuites (nº 9), et la conception partagée d'un journalisme à la hussarde (nº 4). Il fait quelques passes d'armes contre le Journal historique et politique de Liège. Le seul périodique qui lui convienne totalement est le Journal politique, civil et littéraire, avatar des Annales de Linguet rédigé par l'un de ses amis (voir le nº de févr. 1781 de ce périodique).

La Correspondance politique prône l'union des Hollandais (nº 1, p. 6) par des moyens qui risquent d'en retarder la venue. On notera l'opposition que le rédacteur entretient contre les Etats-Unis, soupçonnés d'être des rivaux commerciaux de la Hollande (nº 17: «Réflexions sur les effets de la scission américaine»), le dégoût du militarisme et des régimes autoritaires: Frédéric II accusé d'être «un peu despote» et de gouverner «un peu à la Turque» (nº 25), publication d'un «Plan de pacification adressé aux puissances belligérantes» par un certain M.R., qui dit son «horreur pour les bouchers d'hommes» (nº 21). La Correspondance politique utilise les méthodes de la presse pré-révolutionnaire pour exprimer l'idéologie bourgeoise et commerçante du parti du Stadhouder.

François MOUREAU

 


Merci d'utiliser ce lien pour communiquer des corrections ou additions.

© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)