ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 25

AFFICHES DE LA FRANCHE-COMTÉ 1 (1766-1775)

1Titres Le Commissionnaire, Affiches et Annonces de la Franche-Comté. Feuille hebdomadaire (1766-1767).

Devient en novembre 1767, sans changement de présentation: Affiches et Annonces de la Franche-Comté. Feuille hebdomadaire (1767-1775).

Continué en 1779 par les Nouvelles Feuilles hebdomadaires des Affiches et Annonces de la Franche-Comté (1779-1782).

2Dates Le Commissionnaire obtient une part du privilège des Affiches par arrêt du Parlement de Besançon en date du 18 décembre 1765, publié en tête du volume de 1766 comme prospectus. Ce texte très précis définit le cahier des charges du nouveau journal: «La Feuille hebdomadaire paraîtra tous les mercredis soirs de chaque semaine à commencer au quinze janvier mil sept cent soixante six». Le premier numéro paraît effectivement le 15 janvier 1766; le journal est publié très régulièrement sous ce titre jusqu'au 11 novembre 1767; à partir du 18 novembre, il change de titre, mais non de sous-titre; il est toujours désigné dans les avis de vente sous le nom d'«Affiches et Annonces de la Franche-Comté». Les Affiches et Annonces de la Franche-Comté sont publiées aussi régulièrement le mercredi, puis le vendredi (à partir d'avril 1772) du 18 novembre 1767 au 1er mai 1775.

3Description Deux volumes conservés à la B.M. de Besançon. Le t. I comprend le Commissionnaire des années 1766 (nº 1-51) et 1767 (nº 1-45), puis les Affiches de la Franche-Comté de 1767, qui continuent avec la même numérotation (46-52), puis de 1768, 1769 et 1770. Le t. II comprend les années 1771, 1772, 1773, 1774 et 1775 (jusqu'au 1er mai). Chaque année comprend 51 ou 52 numéros de 4 p., avec quelques rares suppléments prévus par l'arrêt de décembre 1765 (tableau des avocats inscrits au Parlement, etc.); les années constituent des tomes de pagination continue de 204 à 212 p.

Cahiers de 4 p. in-4º, 190 x 245.

4Publication «L'Abonnement de la Feuille hebdomadaire des Affiches & Annonces de la Franche Comté est de 6 liv. 12 s. rendu franc de port au Bureau, rue du Grand Battant à Besançon». Le prix de l'abonnement est fixé à 7 # 10 s. pour le reste du royaume. Le Bureau se charge également d'imprimer des affiches de vente pour le compte des particuliers: 7 # 10 s. pour 100 feuilles de grande taille à Besançon, 8 # pour 20 feuilles à Dole, à Salins, à Gray et à Vesoul, 10 # pour chaque ville supplémentaire. Ces chiffres donnent peut-être une indication sur la répartition de la diffusion du journal.

5Collaborateurs VIGUIER. On ne sait rien de ce personnage, qui est mentionné dans l'arrêt de 1765; il ne figure pas dans l'Almanach de Besançon; un sieur Viguier est mentionné dans le Commissionnaire du 17 sept. 1766, en qualité d'adjudicataire d'une terre valant 97 200 #; il partage l'adjudication avec quelques associés.

6Contenu «Cet ouvrage [...] contiendra successivement tous les objets qui ont rapport au commerce de la Franche-Comté, soit pour les achats, soit pour les ventes, les prix des bleds & des avoines, dans les Marchés des villes où il y a Bailliage, les prix des différentes marchandises des fabriques & manufactures de la Province, les ventes de Charges, Terres, Seigneuries, Domaines, Maisons, bois, &c. Les objets à laisser à titre de bail, ou à louer, les ouvrages à entreprendre, &c. Les cours des différentes marchandises dans les ports de mer, rélatifs au commerce & à la consommation de la Province, les avis importans sur l'objet du commerce & de la spéculation, les annonces de livres nouveaux aprouvés & permis».

Les rubriques sont donc essentiellement consacrées aux affaires: charges, biens à vendre, cours des marchandises à Dole, Besançon, Rouen, Marseille; mais on trouve aussi beaucoup de recettes et de remèdes, quelques articles de commerce, agriculture, pharmacie, des notules historiques, ou sur des curiosités naturelles, quelques maigres annonces de livres à vendre chez le libraire Fantet à Besançon, mais bon nombre de poésies fugitives (souvent en tête de numéro). Exceptionnellement, on trouvera un long «Mémoire sur le Commerce, l'agriculture & les Manufactures de Franche-Comté» (août-sept. 1766), quelques anecdotes historiques avec l'amorce d'une réflexion (par ex. sur le luxe, à propos des lois somptuaires en Suède, 27 août 1766), mais toujours en fonction de l'intérêt d'un public de négociants.

Par rapport à ce programme très strictement délimité par l'arrêt de 1765, et qui justifie le titre du journal (le «Commissionnaire» comme intermédiaire des négociants), les Affiches de la Franche-Comté se montrent un peu plus ouvertes. Elles empruntent aux Affiches de Rouen, La Rochelle, Reims, Metz, Orléans, etc., à la Gazette de santé et à la Gazette d'agriculture, pour nourrir des articles d'économie rurale ou de physique appliquée. Elles créent une rubrique «Nouvelles étrangères», ou plus souvent d'«Avis divers», qui recueille des informations des gazettes européennes. Il leur arrive même de donner en octobre-novembre 1769 un compte rendu détaillé du Salon du Louvre. Elles publient également des contes, des «traits patriotiques», des actes de bienfaisance.

Une table manuscrite donnée à la fin de chaque volume montre assez bien la nature de l'intérêt porté à ce type de journaux par les lecteurs du temps: les recettes (3 p.), les remèdes, secrets et spécifiques (1 p.), les «manières» de conserver, construire, réparer, etc. (2 p.), les découvertes, les observations pratiques (1 p.), occupent la totalité de la table, dans laquelle les informations politiques n'ont aucune place.

7Exemplaires B.M. Besançon, Rés. 6210; – Rés. 6211 (1766).

8Bibliographie Vogne M., La Presse périodique en Franche-Comté des origines à 1870, s.n., t. I, 1977, p. 16-19; t. III, 1978, p. 43-47.

Historique Le seul texte de l'arrêt du 18 déc. 1765 montre que l'intendant de Franche-Comté n'entendait pas laisser publier à Besançon un journal dont il n'eût pas l'entier contrôle. On ne trouve pas trace de la moindre audace de Viguier, dont le privilège fut néanmoins suspendu en mai 1775 pour des raisons inconnues. On a parlé d'indiscrétions commises à l'égard du Parlement. Comme l'a noté M. Vogne, cela ne peut être que dans une feuille supprimée, ou dans un supplément qui ne nous est pas parvenu (t. III, p. 46).

Jean SGARD

 


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