ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 266

COURRIER DE L'AMÉRIQUE (1784)

1Titres Courier de l'Amérique, avec en dessous, en caractères plus petits, l'indication de la date.

2Dates 27 juillet - 26 octobre 1784. Bihebdomadaire paraissant le mardi et le vendredi. Le Prospectus est distribué au cours du mois de juin 1784 (Freeman's Journal, 16 juin, 1784).

3Description Le numéro paraît sur 4 p. à deux colonnes. A la livraison du mardi est ajouté régulièrement un supplément de 2 et parfois 4 p. Seuls les deux premiers numéros sont paginés.

Cahiers de 220 x 260, in-4º. Sans devise ni illustrations.

La première semaine, les livraisons sont numérotées en chiffres arabes. A partir de la deuxième semaine, un double système de numérotation est adopté: les deux livraisons hebdomadaires vont porter le même numéro, mais la livraison du mardi sera indiquée en chiffres romains et celle du vendredi en chiffres arabes. Soit: nº I, mardi 27 juil.; nº 2, vendredi 30 juil.; nº II, mardi 3 août; nº 2, vendredi 6 août; nº III, mardi 10 août; nº 3, vendredi 13 août; ainsi de suite jusqu'au numéro XIV. A l'exception du supplément au nº XIV, les nº 13 (22 oct.) et XIV (26 oct.) ont un contenu identique.

4Publication A Philadelphie, de l'imprimerie de Charles Cist, et se distribue chez Boinod et Gaillard, libraires et éditeurs dans Arch Street, et chez Robert Aitken, imprimeur-libraire dans Market Street.

Le montant de l'abonnement annuel était d'une guinée, la moitié payable à la souscription.

Selon Barbé-Marbois, consul général de France à Philadelphie, le Courier de l'Amérique aurait eu «un assez bon nombre de souscripteurs» en Europe (Corresp. pol. E.U., vol. 28, fº 174). Pour Philadelphie et le reste de l'Amérique, ses éditeurs n'avaient pu réunir qu'une soixantaine d'abonnés à la fin juillet 1784, mais ceux-ci seront près de cent, fin octobre, au moment où la publication du journal est interrompue. Parmi eux, de nombreux négociants et hommes d'affaires français établis aux Etats-Unis; le général Mifflin, président du Congrès; les ambassadeurs de France et de Hollande; Francis Hopkinson, régent de l'université de Pennsylvanie; le général von Steuben; l'avocat et écrivain Peter du Ponceau; et La Fayette qui, de passage à Philadelphie en août 1784, s'inscrit pour deux abonnements. Le premier numéro fut tiré à 512 exemplaires.

5Collaborateurs Daniel BOINOD et Alexandre GAILLARD.

6Contenu Voulant servir de lien entre l'Europe et l'Amérique, le Courier de l'Amérique se fixe, dans son prospectus, deux buts principaux: rendre compte, d'une part, de «l'état politique et littéraire de l'Europe»; faire connaître, d'autre part, «ce que la politique, les loix, les mœurs et le gouvernement des Etats-Unis fourniront de plus important».

Aux lecteurs résidant en Europe, le Courier de l'Amérique se donne pour tâche de montrer l'Amérique «telle qu'elle est», et notamment de détruire les «fausses idées» que l'on pourrait s'en faire à la lecture d'«auteurs superficiels» et d'«écrivains remplis des préjugés de leur nation ou peu instruits de ce qui concerne ce pays». En Amérique, le Courier s'adresse d'abord aux Français, et plus généralement aux Européens émigrés, s'engageant à les informer de l'actualité politique et littéraire de leurs pays d'origine comme de leur pays d'adoption. La lecture d'une «gazette française» devrait aussi être utile aux «Américains [qui], de leur côté, commencent à sentir la nécessité d'apprendre les langues étrangères, et en particulier la langue Française». La connaissance de cette langue «devenue presque universelle», leur fournira les moyens d'«étendre leurs relations de commerce avec toutes les nations» et de «participer à la lumière» que les savants et écrivains français «cherchent à répandre partout». Ainsi pourront s'établir des «liaisons solides et durables» entre la France et les Etats-Unis.

Compte tenu de la courte période de publication du journal, le contenu réel suit les grandes lignes du contenu annoncé, à l'exception toutefois de la rubrique «Nouvelles littéraires» qui se proposait notamment de rendre compte des «ouvrages qui paraîtront les plus propres à satisfaire la curiosité du Public». Le Courier de l'Amérique insère cependant quelques petits poèmes et reproduit l'«Examen impartial des œuvres de Voltaire» de Linguet.

Comme annoncé dans le Prospectus, la livraison du mardi est consacrée à l'Amérique, celle du vendredi, qui contient également les nouvelles littéraires, à l'Europe. Les avis et annonces publiés sont destinés aux lecteurs américains.

Les relations franco-américaines sont au centre des préoccupations du Courier de l'Amérique qui voudrait voir se resserrer les liens économiques et culturels entre les deux pays. Mais ses rédacteurs sont aussi acquis aux «idées philosophiques» et leurs prises de position, la liberté de ton du journal, vont conduire les autorités françaises et américaines à s'entendre pour en faire cesser la publication.

7Exemplaires Collections consultées, incomplètes: Library of Congress, Washington, AP21. C57; Historical Society of Pennsylvania, Philadelphie (Mss. Dept.). Le Prospectus, qui se trouve aux Archives du ministère des Affaires étrangères à Paris (Corresp. pol. E.U., vol. 28, fº 51-52), est reproduit dans Bernard Faÿ, Bibliographie critique des ouvrages français relatifs aux Etats-Unis, 1770-1800, Paris, 1924, p. 95-97.

8Bibliographie Evans Ch., American Bibliography, New York, 1941-1959, t. VI, nº 18424. – Bringham C.S., History and bibliography of American newspapers, 1690-1820, Worcester, 1947, p. 898-899. – Shearer A.H., «Le Courier de l'Amérique, Philadelphia, 1784», Bibliographical Society of America Papers, vol. XIV, II, 1920, p. 45-55. – Barthold A.J., «Le Courier de l'Amérique», in History of the French newspaper press in America, 1780-1790, Yale University, 1931, p. 75-161.

Historique Daniel Boinod, né en 1756 à Vevey, dans le canton de Vaud, et Alexandre Gaillard, d'une famille de protestants français réfugiés en Hollande, s'étaient connus et liés d'amitié à l'université de Leyde qu'ils fréquentent entre 1776 et 1780. Leurs études terminées, ils tiennent une pension française pour jeunes gens à Haarlem, puis décident, trois ans plus tard, d'émigrer aux Etats-Unis, désireux de vivre «au milieu d'un peuple libre», dans «un pays de lumière et de liberté» («The inducement [...] was not so much the desire of gain as that of living among a Free People» [Penns. Journal, 17 janv. 1784; Courier de l'Amérique, nº XII]). A Philadelphie, où ils s'établissent à l'automne 1783, ils ouvrent une librairie dans Second Street, puis s'installent l'année suivante plus près du centre ville, dans Arch Street au coin de Fourth Street. A la même adresse s'établira l'imprimeur Charles Cist avec lequel ils collaboreront.

La librairie de Boinod et Gaillard semble avoir été très vite populaire, non seulement auprès de la relativement importante colonie française et acadienne de la ville, mais aussi auprès de l'élite politique et intellectuelle américaine: George Washington, Thomas Jefferson, James Monroë, James Madison, sont parmi leurs clients. Le catalogue, publié en janvier 1784, compte plus de 1500 ouvrages en français, anglais et latin. A la librairie proprement dite, s'ajouteront par la suite un «magasin de livres de louage» et un «cabinet de lecture» où pouvaient être consultés, outre les livres offerts en location, plus de 500, «toutes les gazettes qui paraissent à Philadelphie», le Journal de Paris et le Journal encyclopédique (Courier de l'Amérique, nº XIII, Suppl.). Boinod et Gaillard se lancent également dans l'édition, publiant, dès 1784, une édition américaine des Aventures de Télémaque (Evans, nº 18466).

Dès la fin d'avril 1784, Boinod et Gaillard avaient annoncé leur intention de publier prochainement un journal (Freeman's Journal, 28 avril). En fait ce sont trois journaux qu'ils essaient successivement de publier dans les mois qui suivent: The American Herald and General Advertiser, dont cinq numéros seulement paraîtront entre le 21 juin et le 20 juillet; The United States Journal or Continental Advertiser, annoncé en juillet (Freeman's Journal, 14 juil. 1784), mais qui semble n'avoir jamais paru; et le Courier de l'Amérique, annoncé dès la mi-juin dans plusieurs journaux de Philadelphie, et publié à partir du 27 juillet 1784.

«Jeunes et nés républicains», comme ils le proclament en tête de leur premier numéro, lecteurs des philosophes, admirateurs de la «glorieuse Révolution» américaine, Boinod et Gaillard voient dans le journalisme un moyen d'action et veulent faire du Courier de l'Amérique un organe d'intervention autant que d'information.

Dans ses colonnes, le Courier de l'Amérique accorde une place importante aux questions commerciales: outre les nombreux articles qui traitent de ces questions, il s'attache à publier les actes, avis ou décrets relatifs au commerce ou pouvant l'affecter, et consacre une rubrique régulière au «bureau naval» et aux différents cours et cotations (cours du change; «prix courants» des denrées et marchandises à Philadelphie et parfois à Lorient; taux des droits sur les produits importés; etc...). Cette attention accordée au commerce s'explique sans doute par le souci des éditeurs de répondre à l'attente d'une clientèle qui se recrute surtout dans les milieux d'affaires et en particulier parmi les négociants et marchands français établis aux Etats-Unis. Le Courier de l'Amérique soutient leur cause en encourageant le développement des relations commerciales entre la France et les Etats-Unis, et fait notamment campagne pour l'établissement de «ports-francs», ouverts au commerce américain, sur le territoire français (Courier de l'Amérique, nº II, Suppl.; 5; X; XI). Mais les éditeurs du Courier de l'Amérique sont aussi convaincus, à la suite du «sublime Raynal» auquel ils se réfèrent souvent, que le développement du commerce est le plus sûr moyen d'accélérer la transformation des mœurs et des gouvernements et d'assurer le progrès politique et social. Car, si le Courier de l'Amérique se donne pour tâche de travailler à resserrer les liens entre l'Amérique et l'Europe continentale, c'est en fait moins par désir de voir se renforcer, au détriment de l'Angleterre, une alliance économique et politique, que dans l'espoir d'inciter les pays européens, et en particulier la France, à entreprendre, en s'inspirant du modèle américain, leur propre révolution intérieure. Comme le souligne un lecteur de Lorient dont le Courier de l'Amérique publie la lettre, on jouit en Amérique «de cette précieuse liberté que tout homme reçoit de la nature mais que le Despotisme étouffe» encore en Europe (nº X).

C'est à tous les «despotismes» que le Courier de l'Amérique veut finalement s'attaquer, ses éditeurs étant persuadés «qu'en faisant connaître le mal peut-être parviendra-t-on à en trouver le remède» (nº 5). Il reprend ainsi les attaques de Linguet contre la «barbarie» des prisons françaises, ou dénonce les défauts, les abus et les injustices de l'administration royale et notamment de la Ferme, cette «flotte de pataches» qui fait passer son intérêt particulier avant l'intérêt général (nº 2; X). Il ouvre ses colonnes à l'empereur d'Autriche qui affirme vouloir bannir de ses états «les préjugés qui résultent des coutumes invétérées», et admoneste le roi du Danemark: «Assurez la propriété de vos sujets, réprimez les abus, empêchez les malversations, établissez un gouvernement légal, faites que la loi soit pour tous, autrement [...] vous ne serez plus qu'un aveugle tyran» (nº 3). Ces prises de position, le parti pris d'intervention du journal, vont assurer son succès mais aussi entraîner sa disparition.

Dès la troisième livraison, un article rendant compte de la présentation d'une collection de livres offerte par Louis XVI à l'Université de Pennsylvanie, provoque l'embarras des autorités américaines et la colère de la représentation diplomatique française. Jugeant la collection de peu de valeur, le Courier de l'Amérique ironise sur le choix des livres qui la composent, choix qui, selon lui, semble plutôt avoir été dicté par la beauté des reliures que par le «goût» ou les «connaissances littéraires»: ce sont des «bagatelles», mais les livres étant «très bien conditionnés, nous ne doutons pas qu'on les conserve longtemps dans cet état» (nº II, Suppl.). Le consul général de France à Philadelphie, Barbé-Marbois, s'étant plaint de cet «article insolent» au président de l'état de Pennsylvanie, Boinod et Gaillard sont convoqués devant un magistrat qui les avertit qu'ils devront dorénavant «s'expliquer touchant la France avec le respect et les égards dus à une Nation aussi amie des Etats-Unis»; ce à quoi ils auraient répondu que «toutes les Nations et tous les Rois du monde devaient à leur tour et suivant les circonstances être cités à leur Tribunal» (Corr. pol. E.U., vol. 28, fº 176-177).

D'autres escarmouches suivent, plusieurs articles qui, selon un lecteur indigné, tendent toujours à «accréditer des opinions préjudiciables à la bonne union entre la France et les Etats-Unis» (nº V, Suppl.); mais c'est «l'affaire Longchamps», un fait divers grandi jusqu'au point de mettre en danger les relations franco-américaines, qui va finalement provoquer la chute du journal.

Accusé de violences et de voies de fait sur la personne du consul général de France à Philadelphie, un ancien soldat français au passé douteux, Charles Longchamps, avait été arrêté et emprisonné à la fin juin 1784. Prises de court en l'absence d'une législation particulière définissant le statut et les droits des diplomates en poste aux Etats-Unis, les autorités américaines s'interrogent sur la procédure à suivre: le délit est-il du ressort des lois américaines ou de la «loi des nations» comme l'affirment les autorités françaises qui font pression pour que Longchamps soit extradé et jugé en France? Le président du Conseil exécutif de l'Etat de Pennsylvanie, John Dickinson, incline à l'extradition, ne serait-ce que pour apaiser la colère du corps diplomatique et celle de la «Majesté offensée» en la personne de son ministre. Mais tout en étant soucieux d'éviter un incident diplomatique, il hésite à prendre une décision qui, alors que les élections s'approchent, pourrait nuire à sa propre carrière politique. Embarrassé, il fait comprendre à l'ambassadeur de France «qu'il serait fort soulagé si [celui-ci] pouvai[t] faire [lui]-même enlever» secrètement Longchamps et «le faire embarquer pour la France» (Corr. cons. Phila., vol. 10, fº 41-48). La suggestion ayant été repoussée, l'affaire est portée devant les tribunaux.

Alors que les autres journaux de Philadelphie ne prennent pas parti, se bornant à publier quelques lettres de lecteurs, Boinod et Gaillard obtiennent des avocats de Longchamps qui combattent l'extradition, un précis de l'affaire, et entreprennent de le publier dans les colonnes du Courier de l'Amérique. Pour eux, il s'agit d'une «cause importante», le moyen d'éprouver et d'affirmer la valeur du «droit des gens» par rapport à celui «des nations», et l'occasion de juger de l'indépendance de la justice face aux pressions et aux intérêts des gouvernements. Par souci d'objectivité, ils approchent également Barbé-Marbois pour lui demander «de rectifier les erreurs qui pourraient s'être glissées dans [l'] écrit» qu'ils publient, mais celui-ci, ne voulant pas s'engager dans «une guerre de plume dans les gazettes», s'y refuse.

Rendant ainsi l'affaire publique, la présentant comme un exemple de l'éternel «différend des Princes et des Peuples», comme un nouvel épisode de la lutte de la «liberté» contre le «despotisme», le Courier de l'Amérique va réussir à créer un mouvement d'opinion favorable à la cause de Longchamps. Celui-ci, jugé et reconnu coupable par un tribunal américain, est condamné à une amende de 600 # et à deux ans de prison; mais dans les attendus du jugement, le tribunal souligne que le coupable «ne peut être légalement livré par le Conseil [exécutif] ainsi que l'a demandé le Ministre de France» (Corr. cons. Phila., vol. 10, fº 164-165). L'affaire, conclut le Courier de l'Amérique, «a tourné finalement à la fin plus heureusement que nous n'osions l'espérer» (nº XII). Irritées par le retentissement donné à l'affaire, les autorités françaises et américaines vont cependant s'employer à trouver un moyen pour réduire le journal au silence.

«Nous avons un moyen assez simple d'en punir les auteurs, écrit Vergennes à Barbé-Marbois, ce sera de supprimer [le journal] lorsqu'[il] vous paraîtra répréhensible» (Corr. pol. E.U., vol. 28, fº 439). Barbé-Marbois approche dans ce sens le président du Conseil exécutif, mais celui-ci, soucieux de ne pas paraître porter atteinte au principe de la liberté de presse, hésite: «il me dit, rapporte Barbé-Marbois à Vergennes, que les [éditeurs du Courier de l'Amérique] pourraient être attaqués en justice, mais que ce serait les servir selon leur vœu, qu'ils ne désireraient rien tant que d'engager un procès sur la liberté de presse qui les rendrait populaires ou tout du moins contribuerait à donner de la vogue à leur gazette». Il faut donc, selon l'expression de Barbé-Marbois, «faire tomber [le journal] par des moyens indirects» (Corr. pol. E.U., vol. 28, fº 173-178). Barbé-Marbois propose de faire retenir les exemplaires du journal envoyés en France: le Courier de l'Amérique se trouverait ainsi «toujours périmé à son arrivée, [...] et personne ne serait tenté d'y souscrire»; cela donnerait aussi le temps «au rédacteur du Mercure et autres gazetiers» acquis au gouvernement, qui en recevraient des exemplaires à l'avance, de préparer leur contre-attaque. Mais le directeur des Postes américaines, Ebenezer Hazard, trouve un moyen plus expéditif: en imposant au Courier de l'Amérique un tarif postal exorbitant, il oblige ses éditeurs à en cesser la publication avec le numéro XIV du 26 octobre 1784.

Alexandre Gaillard meurt soudainement quelques semaines plus tard (Freeman's Journal, 24 nov. 1784). Daniel Boinod, qui reste en charge de la librairie et de la maison d'édition, essaiera sans succès, au début de l'année suivante, de faire reparaître le Courier de l'Amérique.

Dès le début, remarquait Barbé-Marbois, «on eut lieu de juger que [les éditeurs du Courier de l'Amérique] avaient de mauvais desseins et qu'ils voulaient discréditer l'alliance [franco-américaine]» (Corr. pol. E.U., vol. 28, fº 175). Boinod et Gaillard furent aussi accusés, en mettant en danger les relations franco-américaines, de «favoriser les desseins des ennemis de l'Amérique» et de travailler à «détruire en secret les fondements de [sa] tranquillité et des [ses] intérêts politiques» (Penns. Gaz., 11 août 1784). On les a même soupçonnés un temps d'être des agents à la solde de l'Angleterre. Face à ces accusations, ils ont toujours soutenu qu'ils n'avaient pour seul guide que «l'amour de la vérité et de la liberté», et Barbé-Marbois a lui-même reconnu que les rédacteurs du Courier de l'Amérique n'étaient «aux gages d'aucune puissance» (Corr. pol. E.U., vol. 28, fº 176).

Alain NABARRA

 


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