ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 336

LE CYCLOPE ERRANT (1741)

1Titres Le Cyclope errant.

Le journal porte en sous-titre (première page du texte): «Lettre au Secrétaire d'Etat de l'Europe». Cette expression désignerait, selon la note en bas de page, «un Journal Politique, qui paroît tous les mois en Hollande»; mais on ne connaît aucun journal portant ce titre. Peut-être s'agit-t-il du Mercure historique et politique dirigé, de 1724 à 1750, par Rousset de Missy.

G.H. donne un titre complet qui devait figurer sur une page de titre aujourd'hui disparue: Le Cyclope errant, ou Lettres allégoriques sur les affaires du tems, politiques et galantes.

2Dates Journal hebdomadaire paraissant le jeudi, publié très régulièrement du 20 avril au 28 septembre 1741.

3Description 24 numéros parus; la seule collection connue (exemplaire d'U. Capitaine à la Bibliothèque de Liège) est complète. Cahiers de 8 p. in-8º, de pagination continue: 192 p. au total.

4Publication «A Amsterdam, Chez Jaques Desbordes». En colophon, dans certains numéros, on trouve: «Ce Cyclope paroît regulierement tous les Jeudi & se trouve à Amsterdam chez Jaques Desbordes, à La Haye O. & P. van Thol, à Leyden Luzac, à Haarlem van Lee, & à Utrecht J. Broedelet».

5Collaborateurs J. GAUTIER DE FAGET se livre en 1742, dans la préface de l'Argus de l'Europe (p. 2-3) à une critique du Cyclope; mais on reconnaît facilement dans ces deux journaux le même style allégorique et précieux, la même façon ironique et sibylline de présenter l'actualité diplomatique. Il ne retient pas le Cyclope dans la liste de ses œuvres, présentée dans la même préface; mais peut-être veut-il faire oublier l'échec récent de son journal.

6Contenu Un narrateur mythique, cyclope sorti des forges de Vulcain, décrit les emblèmes qu'il prépare pour les armes et les boucliers des grands chefs des armées européennes, au moment où commence la guerre de 1741. C'est pour lui l'occasion de faire des portraits d'hommes célèbres, de broder sur les manœuvres diplomatiques, de célébrer Frédéric II (nº 5) ou le cardinal Fleury (nº 16), le tout en forme d'allégories peuplées de personnages mythologiques. Cette chronique imite la forme de la gazette: le cyclope «errant» passe des grottes de Naples et de l'Etna à Rome, Venise, Paris (nº 16-17), Londres (nº 18-19), Vienne, Francfort avant de revenir aux «enfumées cavernes»; il prétend glaner tout «ce qui se passe sur l'Hémisphère en sujets politiques» (nº 1, p. [1]) et rapporte des nouvelles de chaque pays, entremêlées d'anecdotes badines, de contes galants, de petits vers. Cette manière alambiquée dut énerver plus d'un lecteur: avec le nº 15, l'auteur livre quelques impressions de voyage, pour montrer qu'il «sait faire autre chose qu'allégoriser» (p. 119); mais il revient dès le nº 18 aux «voiles agréables de l'Allégorie et de la Fable»: rien n'est plus curieux (et démodé en 1741) que cette manie de la dissimulation et du pseudonymat, très caractéristique de la manière de Faget. Dans le nº 21, la confiance commence à lui manquer: il publie un très bon pastiche de son propre style, et il annonce sa prochaine «révocation» (p. 162). Dans le nº 24, il tente de faire excuser cet amas de «pensées brillantes et frivoles» à la faveur de quelques idées «qui sont excellentes et admirables», mais l'échec est visiblement complet: l'auteur remercie son public «de la patience qu'il a eue de lire jusqu'à 24 feuilles de ce petit ouvrage» et inscrit à la p. 192 le mot «fin».

7Exemplaires Bibliothèque des Chiroux, Liège, fonds Capitaine, nº 10.349.

8Bibliographie G.H., p. 199; DP2, art. «Gautier de Faget».

Jean SGARD

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)