ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 445

FEUILLE D'AVIS D'YVERDON 2 (1776-)

1Titres Feuille d'avis d'Yverdon. Après quelques autres modifications mineures, la Feuille d'avis d'Yverdon a pris dès le 28 mai 1870 le double titre de Journal et Feuille d'avis d'Yverdon, puis, à dater du 14 janvier 1882, celui de Journal d'Yverdon, sous lequel elle continue de paraître. Nota bene que dans le cadre du présent ouvrage, le périodique n'est étudié que jusqu'à l'année 1789.

La Feuille d'avis d'Yverdon 2 fait suite, après 33 mois d'interruption, à la Feuille d'avis d'Yverdon 1.

2Dates Le premier numéro a paru le lundi 1er janvier 1776 et la collection complète de la feuille, s'il en existait une, compterait donc à fin 1990 quelque 215 volumes.

Permission accordée par Leurs Excellences de Berne à la Ville d'Yverdon, en date du 13 février 1775, de publier une feuille d'avis hebdomadaire à Yverdon à partir du 27 décembre suivant (soit à l'échéance du privilège que détenait David Duret pour une telle publication sur l'ensemble du Pays de Vaud) et durant dix années consécutives, moyennant censure préalable du bailli d'Yverdon et remise gratuite de trois exemplaires de chaque numéro (à Leurs Excellences, à la Chambre des Grains de Berne, et à l'éditeur de la Feuille d'avis de Berne). Permission renouvelée aux mêmes conditions, en date du 29 décembre 1785.

Prospectus d'une page in-4º, non daté, mais datable de l'automne 1775[4].

Périodicité hebdomadaire, annoncée et respectée, la feuille ayant paru d'abord le lundi, jusqu'au 26 août 1776; puis, dès le 31 août 1776 et jusqu'au 19 avril 1788, le samedi; puis, dès le 29 avril 1788, à la demande de «Messieurs du Conseil», le mardi.

Les numéros, non paginés, sont datés du jour, du quantième, du mois et de l'année et sont numérotés à l'année en chiffres romains (donc de I à LII ou LIII).

3Description Le Prospectus l'avait annoncé: «l'on ne s'engage à remplir à l'ordinaire que deux pages». Les numéros de 4 p. sont en effet très rares et les volumes annuels, jusqu'en 1789, comptent en moyenne 110 p. in-4º, 190-200 x 210-235.

Ni devise, ni illustration, mais les armoiries d'Yverdon en exergue.

4Publication Jusqu'au mardi 19 octobre 1790, la Feuille d'avis d'Yverdon ne comporte aucune mention d'imprimeur ou d'éditeur. Dès le mardi 26 octobre 1790 et jusqu'au samedi 7 avril 1798, elle inclut dans son en-tête l'adresse suivante: «De l'imprimerie de la Veuve Hellen.» D'autre part, à la fin du numéro du samedi 3 janvier 1778, on lit ceci: «Plusieurs abus, et des négligences réitérées, de la part du porteur de ces feuilles, nous ont décidé à ne plus les envoyer dans les maisons; nous espérons que l'on préférera de les faire prendre le samedi matin, chez Mr. Hellen à la rue du Four; c'est chez lui, que l'on adressera désormais les articles à insérer dans la feuille». Cette dernière phrase ne doit pas faire illusion: ce n'est pas l'imprimeur de la feuille qui avait changé avec l'année 1778, mais l'adresse de son bureau, puisque le Prospectus de 1775 précisait: «Les personnes qui désireront de souscrire s'adresseront à M. Besancenet, à la maison du péage: il recevra aussi les articles que l'on voudra faire insérer dans la Feuille [etc.]».

Il n'y a donc aucune raison de douter[5] que Jean-Jacques Hellen (1745-1785), reçu habitant d'Yverdon en novembre 1773, établi imprimeur dans cette ville en 1775[6], n'ait été l'imprimeur de la seconde Feuille d'avis d'Yverdon dès son lancement en 1776, et que sa veuve, née Marianne Bourgeois, ne le soit restée jusqu'au changement de régime consécutif à la chute de l'ancienne République de Berne en 1798.

D'après le Prospectus, le prix de l'abonnement annuel était de 20 batz. Le tarif passa à 25 batz dès 1778 (voir le numéro du 3 janv. 1778) pour ne plus bouger jusqu'à la fin du siècle et même au-delà. Le chiffre du tirage est resté inconnu.

Toujours d'après le Prospectus, le prix des annonces à insérer était de «1 batz par article de deux lignes environ, et pour de plus grands 2 ou 3 batz, proportionnellement».

5Collaborateurs Par décision du 11 mars 1775, le Conseil de la Ville d'Yverdon confia l'édition de la Feuille d'avis à Jean-Daniel BOURGEOIS DE LONGEVILLE et à Béat-Antoine-François de HENNEZEL, qui avaient proposé conjointement leurs services. Ainsi que J.-P. Perret l'a démontré, Bourgeois de Longeville ne fit que prêter son nom et Hennezel s'occupa seul de l'affaire durant les dix ans de la première permission[7]. Lui succéda en décembre 1785 François-Rodolphe CHRISTIN, qui resta en fonctions jusqu'à son décès, survenu en 1803.

6Contenu Aux termes mêmes de la permission de 1775, la Feuille d'avis d'Yverdon était tenue de publier chaque semaine le prix des graines, les bénéfices d'inventaire, les «discussions» de la ville et du bailliage, ainsi que le nom des personnes majeures interdites ou mises sous tutelle. Les autres annonces étaient payantes.

A l'exception des rares avis de l'éditeur, la partie que l'on aurait pu qualifier de rédactionnelle est nulle. Les annonces sont réparties sous un petit nombre de rubriques presque immuables: «Ventes, Annonces et avis divers, Conditions, Effets perdus, Greffe». Chaque numéro se termine par le tableau du prix des denrées à Yverdon.

Aucune table.

7Exemplaires Pour ce qui est de la Feuille d'avis d'Yverdon de l'ancien régime, la Bibliothèque nationale suisse à Berne est la seule à en posséder une collection digne de ce nom, puisqu'elle en conserve, sous la cote Zq 201, les années 1778-1781, 1783-1786, 1788, 1790, 1794-1796 et 1798 au complet.

Les Archives de l'Etat de Berne, sous la cote Z, conservent 37 des 52 numéros de l'année 1777, puis quelques numéros des années 1778 et 1779.

Enfin, quelques numéros isolés sont conservés tant à Lausanne qu'à Yverdon. En voici le relevé chronologique: – 1776, 14 sept.: Musée d'Yverdon (sous verre) – 1777, 21 juin: Journal d'Yverdon (sous verre) – 1781, 28 juil.: Lausanne, Archives cantonales vaudoises (A.C.V.), Bb 18/2, f. 74 – 1781, 22 déc.: Musée d'Yverdon (sous verre) – 1784, 27 mars: Lausanne, A.C.V. – 1784, 31 juil.: coll. Alfred Gonthier, Yverdon – 1785; 28 mai: Lausanne, A.C.V. – 1786, 13 mai: Lausanne, A.C.V. (en 2 ex.) – 1787, 31 mars: B.M. Yverdon (fac-similé dans Perret, p. 368) – 1788, 19 avril: coll. G. Peytrignet, Yverdon. Une photocopie de tous ces numéros se trouve dans la documentation réunie par l'auteur de la présente notice[8].

8Bibliographie La seule étude importante qui ait jamais été consacrée à la Feuille d'avis d'Yverdon de l'ancien régime est celle de Jean-Pierre Perret, Les Imprimeries d'Yverdon au XVIIe et au XVIIIe siècle, Lausanne, F. Roth & Cie, 1945 (thèse de lettres, U. Neuchâtel), p. 339-351. – Pour mémoire, on peut citer: – Landry J., «Notice sur le Journal d'Yverdon», Les Archives de l'imprimerie, 1923, p. 49-52. – Blaser F., Bibliographie der Schweizer Presse, Basel, Birkhäuser, 1956, t. I, p. 385. – Deux cents ans de vie et d'histoire vaudoises, «La Feuile d'avis de Lausanne», 1762-1962, Lausanne, Payot, 1962 (art. de Louis Junod, p. 32-34). – Journal d'Yverdon et du Nord Vaudois, lundi 4 juin 1973, «Spécial bicentenaire» (avec fac-similés du Prospectus et de la première page du premier numéro, lundi 1er janv. 1776).

Jean-Daniel CANDAUX

 

Δ 4. Seul exemplaire localisé: Bibliothèque nationale suisse, Berne, Zq 201.

Δ 5. Jean-Pierre Perret (p. 346) se demandant quel avait été l'imprimeur de la Feuille d'avis d'Yverdon, avance les noms de Hellen, de Félice et de la Société littéraire et typographique, pour conclure que «tout cela est bien hypothétique». Il faut relever à sa décharge qu'il ne disposait pas de la collection de la Bibliothèque nationale suisse, entrée postérieurement à la publication de son ouvrage. Quand on parcourt cette collection, l'uniformité des caractères et des ornements typographiques saute aux yeux.

Δ 6. Sur cette imprimerie, voir J.-P. Perret, p. 319-333.

Δ 7. C'est ainsi que l'avis sur le changement du jour de parution, publié dans la feuille du samedi 31 août 1776, est signé seulement: «de H.».

Δ 8. Je tiens à remercier très vivement MM. Fernand Carrard, Marcel Pasche, directeur de l'Imprimerie du Journal d'Yverdon, Olivier Piguet, François Pilloud et Louis Vuille pour l'aide qu'ils m'ont apportée à Yverdon même dans la recherche de ces précieuses reliques.

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)