ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 669

JOURNAL DE MARINE (1778-1780)

1Titres Journal de Marine ou Bibliothèque raisonnée de la science du navigateur, «dédié à S.A.S. Mgr le Duc de Chartes, par M. Blondeau de l'Académie Royale de Marine et professeur de Mathématiques à Brest».

A partir de 1780, Blondeau ajoute d'autres titres: de la Société Royale patriotique de Stockholm, de celle des Sciences et belles-lettres de Gothembourg, etc.

2Dates 14 janvier 1778 - 30 décembre 1780. Un volume. Privilège du 14 janvier 1778. Prospectus s.d. publié au commencement de chaque numéro.

Périodicité: toutes les six semaines, d'après l'annonce; en fait très irrégulière: 3 numéros en 1778, 5 en 1779, 8 en 1780.

Datation: 1778: 14 janv., 14 avril, 10 nov.; 1779: 1er févr., 1er mars, 20 juil., 16 nov.; 1780: 15 févr., 4 avril, 25 juil., 4 sept., 10 oct., 4 déc., 20 déc., 30 déc., d'après les approbations. Chaque cahier est numéroté de 1 à 8 pour 1778 et 1779, paginé 1 à 288 p.; 8 numéros, paginés 1 à 288 pour 1780.

3Description Le volume contient deux tomes. Nombre total de pages: 576. Sur deux colonnes, in-4º, 36 p. de cahier, 190 x 250.

Devise: Colligit, spartit, lucet, viget.

Quelques dessins d'instruments de marine. La première page porte un frontispice représentant voiles et voiliers. C'est une lettre en italiques adressée à Monseigneur et signée: Blondeau.

4Publication Brest. Editeur: R. Malassis.

On pouvait souscrire chez Malassis; chez M. Théveneau, directeur de la Poste de Paris; chez les principaux libraires. Le prix était de 7 # 10 s. à Brest, 10 # autre part.

5Collaborateurs Etienne-Nicolas BLONDEAU. Collaborateurs occasionnels: Duret, de Francy, Sartine, Rigaud, Fouray, Delleville, Groignard Du Justin, Mannevillette, parmi ceux qui ont fourni des mémoires et des lettres.

6Contenu La préface annonce: 1) Etat actuel de la science du navigateur prise dans toute son étendue. 2) Pièces détachées sur les détails de la science de la marine. 3) Extraits et analyses. 4) Faits utiles.

Contenu réel: vue générale de la science du navigateur; lois maritimes; inventions; architecture et machines navales; renseignements cartographiques et astronomiques; biologie marine; méthodes pour la conservation des denrées; comptes rendus; journaux de navigateurs.

Centres d'intérêt: possibilités du progrès dans la science marine; théorie qui appuie des faits épars; systématisation de cette science; faits empiriques; nouveautés et suggestions utiles.

7Exemplaires U. de Minnesota, 1778/BL (Belle Collection). B.N., V 11755-11756 (chaque tome est relié à part).

8Bibliographie B.H.C; H.P.L.P.; H.G.P.

Historique Après deux ans pendant lesquels il dut contourner les obstacles élevés par les autorités, Blondeau commença enfin la publication du Journal de marine en 1778. Selon les Mémoires secrets (24 oct. 1776), la difficulté principale avait été l'interdiction gouvernementale de rendre compte des mouvements dans les ports. Blondeau avait cédé, en dédiant l'ouvrage au duc de Chartes, dont l'appui avait fait disparaître les barrières, et en promettant de traiter à fond la science marine. Il ne mentionne pas les exceptions faites dans ce vaste plan, le fait que les matières controversées ne devaient pas y figurer, bien qu'il eût promis l'anonymat et que plusieurs collaborateurs n'aient signé que de leurs initiales. On remarqua cependant les lacunes, car le directeur se vit obligé d'expliquer dans une nouvelle préface, avant le commencement des cahiers de 1780, que l'histoire militaire, d'ailleurs défendue par les «ordres supérieurs», ne l'intéressait pas. C'était dans cette même préface qu'il expliqua aussi la parution irrégulière des premiers cahiers: la guerre récente avait pris la plupart du temps de l'imprimeur officiel, qui était aussi celui du journal. Blondeau choisit de continuer avec Malassis, pour pouvoir surveiller de près l'impression.

La guerre contre l'Angleterre, qui se déroulait principalement sur mer, avait excité la curiosité et le besoin de nouvelles connaissances sur la marine, à un moment où naissaient plusieurs journaux spécialisés. Le Journal de marine voulut profiter de cette vogue, tout en élargissant d'une façon scientifique, le champ des connaissances utiles («utiles» plutôt qu'«agréables», ces dernières ayant été proscrites, d'après M.S., 22 juin 1781). Le journal mit en effet l'accent sur la théorie, comme base de nouvelles découvertes et de systématisation, et comme inspiratrice de la bonne méthode. Chaque numéro commence donc par une section d'un «état actuel de la science du Navigateur, prise dans toute son étendue», dans laquelle l'auteur comptait traiter en détail l'eau et l'air, la construction des bateaux et l'art de les déplacer. La théorie et la pratique du sondage, par exemple, s'étale en une vingtaine de pages dans plusieurs numéros.

Les connaissances abstraites devaient ainsi préluder toujours à d'autres plus immédiatement utiles, celles qui occasionnèrent le très bon accueil que vante Blondeau dans la deuxième préface, à laquelle nous avons déjà fait référence. On trouve des articles et des mémoires didactiques: comment garder l'eau douce pendant un long voyage, les guérisons de maladies exotiques, la fabrication d'un baromètre en fer. Il y en a aussi qui forment des recueils à consulter, de cartes marines, d'indications sur la navigation dans diverses parties du monde, de la loi maritime, des conditions dans les ports. D'autres encore font la distraction du lecteur, tout en le renseignant, tels les journaux de voyage. Il ne faudrait pas non plus oublier les anecdotes de bienfaisance, de courage et d'autres vertus, racontées dans le style sentimental de l'époque.

Sans mentionner de difficultés ni changer de format, le journal cessa de paraître en décembre 1780.

Kathleen HARDESTY DOIG

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)