ISSN 2271-1813

 

Publication disponible:

Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 719

JOURNAL DU HAINAUT ET DU CAMBRÉSIS (1788-1789)

1Titres Journal du Hainaut et du Cambrésis.

Paraît avec un supplément intitulé: Affiches, annonces et avis divers, pour les provinces du Hainaut et du Cambrésis (voir Affiches du Hainaut).

2Dates 2 juillet 1788 - 24 juin 1789. Approbation du 14 mars 1788, signée Mairival; privilège du 24 mai 1788; prospectus daté du 2 juillet. Le journal paraît régulièrement deux fois la semaine, le mercredi et le samedi; 52 livraisons pour 1788, 50 pour 1789, réunies en deux volumes (2 juil. - 27 déc. 1788, 2 janv. - 24 juin 1789). Chaque volume rassemble le Journal et les Affiches; celles-ci sont groupées en fin de volume. Les journaux sont numérotés, mais non datés; les affiches sont numérotées et datées.

3Description Chaque journal compte 8 p. in-4º, 135 x 180, et chaque affiche 4 p. Le premier volume compte 442 p. de journaux et les affiches, non paginées. Le second volume compte 404 p., et les affiches.

Devise: Quid verum atque decens curo et rogo, et omnis in hoc sum (Hor. lib. I Ep. I).

4Publication «Valenciennes, J.B. Henry, Imprimeur-Libraire, au Marché au Poisson».

Souscription au Bureau général à Valenciennes, chez les libraires du Hainaut, du Cambrésis, de la Flandre et de l'Artois; à Paris, au bureau du Censeur universel anglais (veuve Ballard).

Prix de l'abonnement: 12 # de France pour Valenciennes, 15 # pour le royaume. Le journal ne semble pas connaître de difficultés en 1788; en 1789, le rédacteur exprime à plusieurs reprises ses craintes, la première fois le 18 avril, puis dans les nº 36, 39, 41, 43, 44, 47, 48, 49; il pressent les menaces qui pèsent sur son journal (nº 31), tente un appel auprès des prêtres. Il lui est reproché de ne pas parler davantage du Cambrésis (1789, nº 31); il affirme ses intentions de renouveler le journal (nº 45).

5Collaborateurs Le chevalier L. de LIMOGES, lieutenant des maréchaux de France, «membre de plusieurs académies».

Malade à la fin-août 1788, il confie la responsabilité du journal à M. DEBAVAY, avocat échevin, chargé auparavant de la partie historique (1788, nº 18); cette absence a dû se prolonger ou se renouveler, car en juin 1789 (nº 45), l'auteur remercie M. Debavay de l'avoir remplacé. Ont collaboré au journal M. Hécart, membre du cabinet littéraire (pièces fugitives), M. Duchosal, avocat au Parlement, le docteur Dufresnoi des Rosières (histoire naturelle et agriculture), M. Regnard fils, étudiant en philosophie à Paris.

6Contenu Dans le prospectus, le chevalier de Limoges énumère les futures rubriques du journal: Agriculture, Jurisprudence, Administration, Découvertes, Morale, Histoire, Poésie, Théâtre; comme tous les responsables d'affiches, il exclut la politique «sous peine de suppression de notre journal» (1788, nº 11). Toujours dans le même ordre, on trouvera, dans chaque numéro, les rubriques Histoire, Belles-Lettres, Variétés, Anecdotes, Poésie, et occasionnellement, des comptes rendus de spectacles, des édits et ordonnances, des articles d'histoire naturelle ou d'agriculture. Certains lecteurs se plaignent que le journal ne réponde pas au prospectus (1788, nº 3 et 7). Les spectacles (tant que le chevalier de Limoges s'occupe du journal), l'histoire régionale (grâce à l'érudition de Debavay), la poésie (poèmes de lecteurs, débats littéraires) constituent sans doute les rubriques les plus intéressantes. L'agriculture donne lieu assez souvent à des réflexions générales: critique de la routine des paysans (1788, nº 12), conseils pour le rendement de la terre (nº 14). D'une façon générale, l'histoire, les belles-lettres, les anecdotes et réflexions morales l'emportent de loin sur les sciences et leurs applications. L'auteur semble surtout attentif à rendre compte de tous les ouvrages publiés dans et sur la région, comme de la plupart des ouvrages vendus par le libraire Giard.

7Exemplaires B.N., Fol. Lc9 82 ter; B.M. Valenciennes, Rés. 706440-706441.

8Bibliographie Mention dans le Courrier des planètes, nº 40, 2 oct. 1788, p. 9. – Morel J., Histoire de Valenciennes sous la Révolution d'après une étude de l'imprimé, mém. dact. U. Lille III, 1971.

Historique On ne sait à peu près rien du chevalier de Limoges, qui se fit connaître par une traduction de Young, publiée à Limoges en 1779 et 1781, et par une comédie, Jeannot et Colin, «par M. le chevalier de L**, lieutenant des maréchaux de France et membre de l'Académie des Arcades de Rome» (Cior 18, nº 40496). Le Journal du Hainaut, comparé aux autres journaux et affiches, paraît marqué de préjugés nobiliaires et de goûts littéraires assez mondains. Le chevalier fut bien secondé, car ses absences se marquent à peine dans la publication du journal: M. Debavay fut sans doute le véritable administrateur du périodique. Le journal reflète assez bien les sentiments de l'élite valenciennoise: catholique, monarchiste, hostile à l'émancipation féminine (1789, nº 23), traditionaliste en matière littéraire (1789, nº 16). Le Journal du Hainaut et du Cambrésis évolue lentement sous la pression des événements. En octobre 1788, il commence à publier les règlements sur la composition des Etats généraux (nº 37, 38, 39). En avril 1789, il se préoccupe de l'élection des deux députés de Valenciennes (nº 30), tout en multipliant les éloges du «meilleur des rois» (nº 30, 32, 43). D'une façon générale, il s'en tient à la rubrique «Administration» et à la publication des textes officiels. Malgré son conformisme et sa prudence, le Journal du Hainaut est un bon témoin de la vie culturelle dans le Nord à la fin de l'ancien régime.

Annette GRANIER

 


Merci d'utiliser ce lien pour communiquer des corrections ou additions.

© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)