ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 721

JOURNAL DU LYCÉE DE LONDRES (1784-1785)

1Titres Journal du Licée de Londres, ou Tableau de l'Etat présent des Sciences et des Arts en Angleterre. Par J.P. Brissot de Warville.

Quelques variantes dans le titre; les couvertures du vol. II ajoutent après Angleterre: «comprenant le Tableau littéraire, politique et civil de l'Angleterre».

2Dates 12 numéros datés de janvier à décembre 1784, mais qui ont paru jusqu'à une date indéterminée en 1785. Mensuelle au début, la périodicité devient irrégulière par la suite. Les deux volumes sont datés de 1784. La page de titre porte: «Avec Approbation et Privilège du Roi». Le privilège date du 11 février 1784 (voir J.P. Brissot, Correspondance et papiers, p. 81).

3Description Deux volumes comprenant chacun 6 numéros de 64 p. Vol. I, 406 p.; vol. II, 384 p.

Cahiers de 16 p. in-8º, 125 x 200.

4Publication Londres et Paris, Périsse le jeune, rue du Marché Neuf, Pont Saint-Michel, «près le notaire». Imprimeur: Valleyre jeune, rue Saint-Séverin (jusqu'au nº V du vol. I compris).

L'abonnement est de 30 # par an (prospectus, vol. I, nº I).

5Collaborateurs J.P. BRISSOT DE WARVILLE.

6Contenu Le journal complète le projet d'un «Lycée de Londres», centre de communication des idées où des savants formant un «club» se réuniraient chaque semaine. C'est une «correspondance littéraire» qui doit faire connaître à l'étranger la littérature anglaise, marquer le progrès des sciences en Angleterre, fournir un tableau «universel» des découvertes dans les sciences et les arts, une «notice raisonnée des ouvrages utiles», les «pièces nouvelles des trois théâtres», la notice des jugements célèbres, des assemblées et travaux des sociétés et du Lycée. Le tableau de l'Angleterre doit être fait dans l'esprit de l'«écrivain philosophe»: «cet esprit consiste à observer l'homme, les nations, pour éclairer les nations» (vol. I, nº I).

Le journal donne un «Tableau de l'Etat des Sciences en Angleterre en 1783». Les articles dont se compose chaque numéro sont soit des rubriques relativement stables (Nouvelles littéraires, Brochures nouvelles ou Livres nouveaux, Politique, Histoire...) ou extrêmement diversifiées selon la matière (Antiquités, Médailles, Langues orientales...), soit, beaucoup plus rarement, des titres occasionnels ou d'ouvrages (Sermon politique, Essais de Hume, Idées sur les libelles et la liberté de la presse...). A noter dans le vol. I, nº VI (juin), un compte rendu de la traduction anglaise des Liaisons dangereuses.

7Exemplaires B.N., Z 51270; Ars., 8º H 26273; B.M. Lyon, 374022 (ex. inc., mais qui présente l'intérêt d'avoir conservé les couvertures de papier épais bleu).

Historique On trouve des renseignements sur le journal dans J.P. Brissot, Mémoires (1754-1793), éd. Cl. Perroud, Paris, Picard, s.d. [1910], t. I, p. 338-346, 388-397 et t. II, p. 1-8, 23-27, ainsi que dans J.P. Brissot, Correspondance et papiers, précédés d'un avertissement et d'une notice par Cl. Perroud, Paris, Picard, 1912, p. XVI-XXXIV et p. 47, 50, 74, 81-85. Mais ces documents doivent dans certains cas être pris avec prudence, comme l'a montré R. Darnton dans «Jacques Pierre Brissot de Warville espion de police» (Bohême littéraire et révolution: le monde des livres au XVIIIe siècle, Paris, Seuil, 1983, p. 43-69), étude qui touche directement cette année 1784, cruciale dans la vie de Brissot. La publication du Journal du Lycée de Londres a subi le contrecoup des graves difficultés qu'il rencontre alors (emprisonnement pour dettes à Londres, en mai, embastillement du 12 juillet au 10 septembre, interdiction de retourner en Angleterre...). Les 6 premiers numéros semblent avoir paru à la date qu'ils portent: le prospectus en tête du vol. I porte une approbation signée de Sauvigny, du 17 janvier 1784, et un permis d'imprimer signé Lenoir, de la même date; les approbations sont signées du censeur Mentelle, que Brissot connaissait depuis longtemps. Le journal devait être imprimé à Londres, puis réimprimé à Paris (vol. I, nº I, p. 10); tous les exemplaires que nous avons consultés portent le nom de Valleyre à Paris; une collation s'imposerait avec des exemplaires conservés en Angleterre.

Le journal est suspendu en juillet; Brissot passe deux mois à la Bastille. Les numéros du vol. II ont donc paru avec beaucoup de retard; le nº IV, daté d'octobre 1784, porte une approbation du 27 janvier 1785 (p. 255). Brissot place au verso de la page de titre du vol. II, nº I et suivants, un Avis: «Des circonstances bien malheureuses pour l'Auteur de cet Ouvrage en ont retardé la publication. Il se flatte que la rapidité avec laquelle les Numéros suivants vont se succéder, dédommagera les lecteurs du retard qu'ils ont éprouvé, et dont il n'était pas en son pouvoir d'abréger la triste durée».

Brissot projetait pourtant de continuer son journal, puisqu'un avis sollicitant le renouvellement des souscriptions pour une seconde année paraît à la 3e de couverture du nº VI daté de décembre 1784 et publié dans le courant de 1785; il promet une distribution régulière après une «longue interruption».

Un complément du journal, gratuit pour les souscripteurs, était intitulé Tableau de la situation actuelle des Anglais dans les Indes orientales. Voir la notice de ce périodique.

Pierre RÉTAT

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)