ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 739

JOURNAL GÉNÉRAL DE L'EUROPE (1785-1792)

1Titres Journal général de l'Europe. Politique, Commerce, Agriculture.

En janvier 1790, le titre est modifié en: Journal général de l'Europe, contenant le récit des principaux événements politiques et autres pour l'an de grâce 1790...

Le 16 avril 1791, le journal change de forme et devient: Mercure national et étranger, ou Journal politique de l'Europe «pour faire suite au Mercure national et au Journal général de l'Europe».

Le 6 juillet 1791, le journal revient à sa forme initiale sous le titre: Journal général de l'Europe, ou Mercure national et étranger; la mention du Mercure national disparaît à partir du nº 32.

Jusqu'en 1790, le Journal général de l'Europe est connu sous le titre de Journal de Herve.

2Dates 2 juin 1785 - 11 août 1792. 45 volumes. Journal trihebdomadaire, paraissant le mardi, le jeudi et le samedi. Des annonces sont publiées séparément à partir de 1788; des Suppléments paraissent de temps à autre, de façon très irrégulière.

3Description En 1788-1789, chaque livraison comporte le numéro normal de 16 p. in-8º, 120 x 193, et un bulletin d'«Annonces, articles et avis divers» de 4 p. L'année complète compte environ 157 livraisons numérotées, réparties en 6 tomes; dans chaque tome, la pagination est continue pour les numéros normaux (environ 430 p.) et pour les Annonces (environ 150 p.). Le Journal général publié de juin 1785 à décembre 1789 compte 29 vol.; le Mercure national comporte 2 vol.; le Journal général de 1791-1792 compte 14 vol.

Devise: Veracem fecit probitas.

4Publication A Liège et Herve [chez J.J. Smits]: à Liège de 1785 à juillet 1786, à Herve d'août 1786 à décembre 1789, puis à Paris.

5Collaborateurs Pierre-Henry LEBRUN-TONDU et Jacques-Joseph SMITS de 1785 à 1790; Lebrun-Tondu et Louise ROBERT (née Guinement de Kéralio) en 1791; Lebrun-Tondu et Smits en 1791-1792.

Collaborateurs occasionnels: l'abbé Fréville, J.J. Fabry, J.A. Guerlache, Courtois de Longuyon.

6Contenu La forme du Journal général de l'Europe a changé à plusieurs reprises, mais il s'agit toujours d'un journal d'informations générales, essentiellement politiques. Lebrun-Tondu, dès le nº 2 (7 juin 1785), annonce son intention de «propager le règne des lumières» et de «répandre dans le public les sages principes de la Philosophie et de la Raison» (p. 42). Le sous-titre du Journal général implique un intérêt particulier pour l'économie, intérêt que l'auteur doit aux physiocrates. Mais très rapidement, le J.G.E. est amené à prendre position contre le prince-évêque de Liège et contre le «despotisme»; Lebrun défend en même temps les réformes de Joseph II. A la fin de 1789, son journal est devenu l'organe des «patriotes» liégeois; obligé de quitter la principauté de Liège après l'échec de la révolution, il revient à Paris et entame une carrière politique qui le ménera au ministère des Affaires étrangères. Favorable à la monarchie constitutionnelle, il défend les thèses des Girondins. Par la force des circonstances, le J.G.E. fut essentiellement un journal politique; les informations culturelles n'apparaissent qu'en février 1787 et pour peu de temps, dans une seconde partie intitulée «Littérature, Sciences et Arts», puis dans les «Annonces». En tant que journal politique, le J.G.E. eut une très grande audience en France et à l'étranger. Par l'étendue de son réseau d'informateurs, puis par ses relations avec les ministres girondins, Lebrun sut faire de son journal l'une des meilleures sources d'informations sur les révolutions brabançonne, liégeoise, puis française.

7Exemplaires Bibliothèque de Liège, Les Chiroux, fonds U. Capitaine; B.N., 8º Lc2 94-95, 94c, 97.

8Bibliographie B.H.C., p. 79-81; DP2, art. «Lebrun-Tondu». – Warzée A., Essai historique et critique sur les journaux belges, Gand, Hebbelynck, 1845. – Capitaine U., Recherches historiques et bibliographiques sur les journaux et les écrits périodiques liégeois, Liège, Desoer, 1850. – Puttemans A., «La censure dans les Pays-Bas autrichiens», Mémoires de l'Académie royale de Belgique, Lettres, 2e série, t. 37, 1935. – Rétat P., Les Journaux de 1789. Bibliographie critique, Paris, C.N.R.S., 1989, nº 336. – Vanderschuren B., «Les premières années du Journal général de l'Europe», La Vie wallonne, t. 34, 1960, p. 245-282; «Pierre Lebrun et la Révolution brabançonne», ibid., t. 35, 1961, p. 114-138; «Pierre Lebrun et la Révolution liégeoise», ibid., p. 243-267.

Historique C'est à Liège que Lebrun, en collaboration avec le libraire J.J. Smits, fonda le J.G.E.; mais dès mars 1786, il entrait en conflit avec les autorités liégeoises, à propos de l'«affaire des jeux de Spa» et de la constitution de l'état liégeois. En août 1786, Lebrun et Smits, après avoir acheté le matériel d'Urban (éditeur de l'Esprit des gazettes), fondèrent à Herve, terre d'Empire, la «Société typographique de Herve» et poursuivirent l'impression de leur journal, qui connut une assez large diffusion en Europe. C'est grâce à la protection du gouvernement impérial qu'ils purent éviter les foudres du prince-évêque: menacés de prise de corps et obligés de s'enfuir à Aix-la-Chapelle en juin 1787, les deux associés obtinrent gain de cause auprès de la justice impériale, et le journal, après une interruption de six mois, put reprendre en janvier 1788. Au cours de l'automne 1789, Lebrun participa très activement à la révolution liégeoise et fut élu président de la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité. Obligé de fuir en janvier 1791, il utilisa l'équipe de rédaction du Journal d'Etat et du citoyen de Louise Kéralio pour relancer son journal, sous le titre de Mercure national; au bout de trois mois, il était à même d'absorber le Mercure et de l'annexer au J.G.E. On peut donc considérer comme un seul journal, et comme l'œuvre de Lebrun les trois périodiques publiés de 1785 à 1792.

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)