ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 753

JOURNAL HISTORIQUE ET POLITIQUE 2 (1772-1791)

1Titres Journal historique et politique des principaux événemens des différentes Cours de l'Europe.

Devient en 1788: Journal historique et politique des principaux événemens du tems présent, ou Esprit des gazettes et journaux politiques de toute l'Europe. Le journal paraît sous le titre de Nouvelliste impartial pour les lecteurs des Pays-Bas et de l'Allemagne, du 13 février 1789 au 3 mars 1790.

2Dates 10 octobre 1772 - 31 décembre 1791. Hebdomadaire. La publication semble avoir été irrégulière durant la première période du journal: de 1772 à 1783, la numérotation ne coïncide pas avec une publication hebdomadaire; on trouve un nº 19 daté du 10 juillet 1774, un nº 28 daté du 10 octobre 1778, etc. Interrompu de janvier à décembre 1790, le journal cesse le 31 décembre 1791; durant l'année 1791, la publication est bihebdomadaire: la dernière livraison, datée du 31 décembre, porte le nº 97.

3Description Chaque numéro hebdomadaire comporte 48 p. de format in-12, 120 x 190; on trouve parfois des numéros de 60 p. (nº 28, 10 oct. 1778). A partir de 1783, si l'on en juge par les exemplaires gardés dans le fonds Capitaine, les numéros sont regroupés en tomes, à raison de 4 tomes par an, de pagination continue (environ 600 p. par tome).

4Publication Publié à Liège, de l'imprimerie de J.J. Tutot.

5Collaborateurs De 1772 à 1782, l'auteur, inconnu, signe de ses initiales: H.C.; à partir du 1er janvier 1783, le journal est dirigé par Henri Ignace BROSIUS.

6Contenu Le Journal historique et politique, qui paraît d'abord sous le même titre que le journal de Mallet Du Pan à Genève, est un périodique d'information générale, qui juxtapose des annonces et avis divers (pour la Belgique), des bulletins de nouvelles des grandes capitales et des articles historiques ou littéraires. Le premier rédacteur évite, par prudence, de fournir des informations sur la principauté de Liège. Une place croissante est accordée à la politique et à la religion dans le journal de Brosius à partir de 1783. Brosius, ami de Feller, se lance dans une campagne violente contre les novateurs, prend la défense des thèses ultramontaines et donne une large place aux troubles du Brabant.

7Exemplaires Bibliothèque centrale de Liège, fonds Capitaine, 10.266 et I/153 (quelques numéros pour 1778, 1783-1788 et 1791); B.N.U. Strasbourg, D 106-631 (numéros de 1777-1780).

8Bibliographie Dictionnaire d'histoire de Belgique, art. «Brosius». – Capitaine U., Recherches historiques et bibliographiques sur les journaux et les écrits périodiques liégeois, Liège, Desoer, 1850. – Warzée A., Essai historique et critique sur les journaux belges, Gand, Hebbelynck, 1845. – Puttemans A., La Censure dans les Pays-Bas autrichiens, Mémoires de l'Académie royale de Belgique, classe de Lettres, 2e série, t. 37, 1935. – Rétat P., Les Journaux de 1789: bibliographie critique, C.N.R.S., 1988 (notices nº 338 et 343).

Historique Bien qu'il ait repris le titre d'une publication de Mallet Du Pan incluse dans le Journal de Genève, le premier rédacteur du Journal historique et politique est loin d'avoir les mêmes ambitions. Il se limite prudemment à des articles d'information tirés des grandes gazettes européennes, sans prendre aucun parti. C'est avec Henri Ignace Brosius que le journal acquiert, en janvier 1783, une personnalité affirmée. Ami et disciple de Feller, qui dirige à cette époque le Journal historique et littéraire, il se fait comme lui le champion des thèses ultramontaines et déclenche une crise, signalée dans le nº 50 du 12 décembre 1787. Dans un premier temps, il avait fait l'éloge de Joseph II: «Que Messieurs les infatigables et inquiets censeurs de Bruxelles qui se plaisent à m'adresser des grossièretés et des menaces au sujet de mon langage franc et loyal s'appliquent à repousser les insultes faites de sang-froid à un grand prince et à une généreuse nation» (cité par Puttemans, p. 297-298). Par la suite, il ne craint pas d'intervenir dans les conflits internes de la principauté et défend les séminaires épiscopaux contre le séminaire général voulu par l'Empereur (Capitaine, p. 89). Un décret impérial de Joseph II en date du 26 janvier 1788, condamne le Journal historique et littéraire de Feller et le Journal historique et politique de Brosius comme «ayant dégénéré depuis quelque temps en libelles séditieux» (cité par Capitaine, p. 316-317). L'imprimeur Tutot doit intervenir auprès du pouvoir et se porter garant du départ de Brosius. Le journal continue de paraître à Liège sous le même titre, à destination des principautés libres d'Allemagne, en suivant de près, comme par le passé, les positions du journal de Feller. Il paraîtra en même temps dans les Pays-Bas et les territoires impériaux de février 1789 à mars 1790 sous le titre de: Le Nouvelliste impartial (voir ce titre). Le Journal historique et politique ne reparaîtra librement sur le territoire impérial qu'à partir du 2 juillet 1788, à condition que «chaque cahier soit soumis à la censure du chargé d'affaires de Sa Majesté à la Cour du Prince-Evêque de Liège» (Puttemans, p. 298). Le décret sera définitivement abrogé le 29 mars 1790. En 1787 avait été annoncée une contrefaçon du Journal historique et politique sous le titre: Journal historique et politique des Belges, contenant les principaux événemens du temps présent, ou Esprit des Gazettes et journaux politiques de toute l'Europe (Liège, 1787); le prospectus (aux archives du Mundanaeum de Bruxelles) annonce la sortie des premiers numéros pour décembre 1787; aucune collection de ce journal n'a été retrouvée.

Jacques HELLEMANS et Jean SGARD

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)