ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 812

LETTRES DE M. DE LONGUEVILLE (1777-1779)

1Titres Lettres de M. de Longueville, écrivain public, A Monsieur ***.

Modification: deuxième partie, nº IV, sous le titre de: Portrait de J.J. Rousseau en XVIII lettres, 1779.

Les ex. B.N. présentent différentes pages de titre.

2Dates 1777 - 1779, sans périodicité régulière. Première lettre datée du 19 octobre 1777.

3Description Quatre numéros (nous n'avons pu retrouver le second). B.N.: 2 ex. du nº I et 3 ex. du nº IV.

1777: nº I, I + 24 p. (Lettres I-VIII).

1778: nº III, III-IV + 79-158 p. (Lettres XVII-XXVIII + 2 Lettres non numérotées).

1779: nº IV, XVI + 152 p. (Lettres I-XVIII + 1 Lettre à «un ami»).

Cahier de 8 p. (nº I et III), 16 p. (nº IV); format in-8º.

4Publication Amsterdam et Paris.

Nº I: chez les libraires qui vendent les nouveautés et à la loge de l'auteur, place Royale, à droite en entrant par la rue Royale. Nº III-IV: au Palais-Royal, à la loge de l'auteur, dans la Galerie qui communique de la cour des Fontaines à la rue Saint-Honoré.

A la parution du nº IV, les deux premiers numéros sont épuisés et il reste 100 exemplaires du nº III (nº IV, p. 148). Trois premiers numéros vendus ensemble 3 #, nº III, 1 # 4 s. (Mercure de France).

5Collaborateurs Fondateur: Louis Fromage de LONGUEVILLE, ancien avocat et écrivain public (DP2).

Collaborateur: Dupuy des Ilets, «américain» et étudiant à Paris (nº III); lettres de lecteurs (ibid.).

6Contenu Contenu annoncé (nº I, L. I): «L'écrivain public est en quelque sorte l'avocat du peuple»; nº III, L. XVIII: se place sous les auspices du Spectator, «c'est la Nation elle-même qui, par la suite, composera le recueil que je propose à la Nation»; nº IV, p. 15: «Tous les états ont leur journaliste. Pourquoi les écrivains publics n'auraient pas le leur?»

Contenu réel: journalisme à la première personne où le rédacteur se raconte, faisant incidemment sa publicité commerciale. Le nº IV est entièrement consacré à une analyse enthousiaste de l'œuvre de Rousseau, et, en premier lieu, de La Nouvelle Héloïse, «livre sublime» (L. VIII-XIII) et d'Emile (L. XIV-XVII). Son projet de faire rédiger les comptes rendus par les auteurs eux-mêmes ne semble pas avoir été suivi d'effet (nº III, L. XIX).

Principaux auteurs étudiés: Rousseau, «Parallèle entre Montaigne et Rousseau» (cf. Moureau), Voltaire, Diderot, Pascal, J.-B. Rousseau, Helvétius, Mme de Sévigné.

Tables: nº IV, p. IV-VIII.

7Exemplaires B.N., 6 ex. de 3 numéros (Cat. des imprimés, à Longueville [de]: cotes diverses); Ars. (nº IV); Washington, L.C. (nº III); Madison, B.Un. of Wisconsin (nº IV).

8Bibliographie Mentions dans la presse du temps: Journal de Paris, 19 oct. 1777, 4 févr. et 8 août 1779 (2 lettres de Longueville et compte rendu du nº IV). Mercure de France, 5 nov. 1778, p. 46-51: compte rendu, par Longueville lui-même, du nº III. Histoire de la République des Lettres et Arts en France. Année 1779, Paris, p. 16: difficultés de parution. – Melleville, Histoire de la ville de Laon, Laon et Paris, 1846, t. II, p. 446. – Combier A., «Pamphlet anarchiste laonnais de 1764», Bulletin de la Société académique de Laon, 1895, t. 29. – Moureau F., «A propos d'un bicentenaire (1778-1978): quand Montaigne accueillait Rousseau aux Champs Elysées», Bulletin de la Société des amis de Montaigne, 5e série, 1978, nº 25-26, p. 102-104.

Historique Cette feuille de parution irrégulière (nº IV, p. 147; Histoire de la République) est une production typique du Palais-Royal. Rédigée par un ancien avocat laonnais exclu de la bourgeoisie provinciale (nº I, L. V) à la suite d'un pamphlet «anarchiste» (Combier), la «lettre» de Longueville est une curiosité journalistique où l'on trouve, pêle-mêle, de la publicité, une autobiographie en miettes, des analyses littéraires ou philosophiques et des réflexions sociales. Promu «officier de morale» (nº III, L. XXI) par ses lecteurs, Longueville ébauche avec eux un dialogue à travers sa feuille; il se passionne pour les étrangetés de la «vie ordinaire» et voit dans les correspondances privées, nourries des scories de l'existence (nº I, L. VIII: article en faveur d'un replâtrage conjugal) le véritable «pathétique» (nº III, L. XVII et XX). Il fait souvent penser à un Rétif de La Bretonne brouillon et généreux, travaillant gratis pour les pauvres (nº I, L. I) et défenseur des humbles. Il a fait de Rousseau (pour lui le premier écrivain vraiment sorti du peuple) une «idole» (nº IV, p. 20) qu'il défend contre la calomnie (Diderot: nº IV, p. 136-137) et qu'il oppose à la gloire frelatée d'un Voltaire (nº I, L. IV). La critique idéologique et les prises de positions philosophiques (ex.: éloge dithyrambique de De l'Esprit d'Helvétius: nº III, L. XXIV) sont très audacieuses pour un journal sans privilège mais publié en France. Ouvrage d'un solitaire (critique des journalistes: nº IV, p. 151), les Lettres de Longueville, malgré la demande discrète d'une «petite souscription» au ministre (ibid.) ou d'un mécène (Journal de Paris, 4 févr. 1779) eurent la plus grande difficulté à paraître. Leur auteur mourut accidentellement, croit-on, en 1780 (Histoire de la ville de Laon).

François MOUREAU

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)