ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 868

MÉLANGES LITTÉRAIRES ET PHILOSOPHIQUES (1755-1756)

1Titres Mélanges litteraires et philosophiques. Composés d'extraits de livres nouveaux, de jugements sur quelques auteurs anciens et modernes, de pensées, mémoires, observations et autres pieces [sur des matières] interessantes: ouvrage periodique par une societé de Gens de Lettres.

1755: deux titres; le second omet les mots entre crochets.

1756: titre réduit, Mélanges littéraires et philosophiques: ouvrage periodique par une societé de Gens de Lettres.

2Dates 1755 - 1756. Deux volumes. Prospectus non daté en tête du t. I, mais 1re feuille annoncée pour le 15 octobre 1755. Deux ou trois feuilles tous les quinze jours (Prospectus et Avertissement, t. I, p. 9); en fait, en 1755: XIX livraisons + 3 livraisons de nouvelles littéraires; en 1756: X livraisons.

3Description Deux tomes divisés en XIX et X livraisons. Les «nouvelles littéraires» non paginées du t. I sont intercalées entre deux cahiers dans l'ex. de Strasbourg; en fin de volume, dans l'ex. de Wolfenbüttel, qui met, par ailleurs, la table en tête.

T. I: Prospectus (4 p.), 220 p., 3 numéros de «nouvelles littéraires» (n.p.): 4 + 4 + 8 p. intercalées, 2 p. de table et d'errata.

T. II: 240 p. + 1 p. de table.

Cahiers de 16 p. in-8º, 101 x 175.

Devise: Omnibus aequi. Vignettes et culs-de-lampe de style rococo.

4Publication Berlin. J.C. Klüter, libraire. 1 grosschen la feuille, 2 Reichthaler par an (Prospectus).

5Collaborateurs Par une «Société de Gens de Lettres».

6Contenu Prospectus: «Les auteurs se sont imposé la loi de ne parler que de ce qui peut intéresser la plus grande partie des lecteurs [...]. Comme ils sont à portée de recevoir des nouvelles littéraires de la plupart des pays étrangers, l'exactitude et le choix des sujets ne seront pas le seul mérite de leur journal. Ils comptent même insérer de temps à autre des mémoires que plusieurs savants leur ont promis et dont on leur a déjà fourni quelques-uns. Soigneux d'entretenir leur correspondance, ils auront souvent occasion de publier des pièces en vers qui parviennent rarement dans ce pays, ils donneront une analyse raisonnée des ouvrages qu'ils jugeront dignes d'être examinés». Avertissement, p. 9: «cet ouvrage périodique [...] ne différera, pour ainsi dire, d'un ouvrage suivi que par la variété des matières».

Contenu réel: histoire, philosophie, nécrologie, actualité académique (Berlin et Paris), débats scientifiques (dont tératologie); une nouvelle philosophique sous forme de feuilleton.

Auteurs cités: t. I, Morelly, Wolff, Hume, Locke, Rousseau, Herbert, Euler, Koerber, Condillac; t. II, Montesquieu, Maupertuis, Tressan, Hume, P. Ansaldi, Claude-Louis Fourmont.

Table à chaque volume.

7Exemplaires B.N.U. Strasbourg, A 106595; t. I: Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttel, Lm 4163; autre exemplaire: Sächsische Landesbibliothek, Dresde.

8Bibliographie Kirchner 1931, nº 851 (un ex. anciennement à Berlin); Kirchner 1969, nº 4427.

Historique A peine un périodique, malgré les déclarations de ses rédacteurs, ces Mélanges sont davantage un recueil d'articles, bien qu'ils soient nés d'une réflexion intéressante sur la presse contemporaine (t. I, Avertissement): les rédacteurs se font les apôtres de la multiplication des journaux, garantie de la pluralité idéologique et seul moyen de briser les monopoles culturels des «petits tyrans de la littérature»; le vrai journaliste «n'embrass[e] aucun système».

Les Mélanges expriment pourtant l'idéologie et la culture des milieux académiques berlinois: les nouvelles littéraires en témoignent. Avant tout philosophiques et historiques, ils ne dédaignent pas de relever quelques pièces fugitives en vers ou de disserter sur la peinture allemande (t. I, p. 125-147). Mais ils se préoccupent en priorité de philosophie morale ou sociale, reprenant à leur compte l'éloge de Montesquieu fait par Maupertuis (ce dernier soutenu par ailleurs, t. II, nº VII) ou réfutant le second Discours de Rousseau (t. I, p. 103-104). Leur utilitarisme philosophique s'exprime dans un projet d'hôpital pour handicapés (t. II, nº I), à l'occasion de «réflexions sur un monstre» présenté par Eller devant l'Académie de Berlin.

Le t. II se clôt par un feuilleton à suivre: on ignore si le périodique fut continué.

François MOUREAU

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)