ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 876

*MÉMOIRES DE L'ACADÉMIE ROYALE DE CHIRURGIE (1743-1774)

1Titres Mémoires de l'Académie Royale de Chirurgie.

2Dates 1743 - 1774. Cinq volumes. Date du premier privilège: 2 mars 1743; privilège accordé à la demande de La Peyronie, 1er chirurgien et médecin-consultant du Roi, pour les «Mémoires donnés par les chirurgiens de St Côme qui ont été choisis pour former une Académie Royale de Chirurgie», pour une durée de 20 années, en autant de volumes «que bon lui semblera». Nouveau privilège au t. III (1757), en date du 12 août 1754, accordé pour une durée de 25 ans, «à tous les ouvrages que notre dite Académie voudra faire imprimer en son nom». La modification d'énoncé du nouveau privilège montre bien que lors de la parution du 1er volume, l'établissement de l'Académie n'était pas définitivement sanctionné: il le sera par les Lettres patentes du 2 juillet 1748 et confirmé par le Nouveau Règlement pour l'Académie royale de chirurgie donné par le Roi le 18 mars 1751 (documents insérés dans le t. II).

Datation des volumes: t. I, 1743; t. II, 1753; t. III, 1757; t. IV, 1758; t. V, 1774.

3Description Format in-4º, 190 x 250. Chaque volume est d'environ 700 p. (778 p. pour le 1er, 928 pour le dernier; le moins important est le volume II qui a 613 p.).

La composition des volumes est variable, plus peut-être pour l'ordre dans lequel sont présentées les différentes rubriques que pour leur nature. On distinguera les rubriques permanentes (a), des particularités propres à chaque volume (b).

a) Liste des académiciens nommés par le Roi pour former le comité perpétuel de l'Académie, liste des autres académiciens, des associés correspondants étrangers et régnicoles. Table des Mémoires et Observations contenus dans le volume. Ces deux premières rubriques sont numérotées en chiffres romains. Mémoires proprement dits, ce qui constitue le corps du volume. Table alphabétique des auteurs des Mémoires et Observations, ainsi que Table alphabétique des matières, en plus petits caractères.

b) La rubrique Histoire n'apparaît que dans les volumes II à IV; elle comprend «des observations courtes et isolées [...], les titres au moins et quelquefois les Extraits des livres publiés par les Académiciens, les Eloges, les Instruments et Machines approuvés par l'Académie» (t. II, p. III). Le volume IV critique durement la conception des mémoires défendue par Quesnay, à cause de l'émiettement des articles traitant du même sujet dans des parties différentes et la division en Histoire et Mémoires qui fait souvent double emploi. L'auteur de cette Histoire, qui est en fait une réécriture de l'Histoire de l'Académie royale de chirurgie contenue dans les volumes précédents, invoque l'exemple de l'Académie des belles-lettres pour abolir cette distinction et réunir en un même corps les mémoires et observations sur le même sujet, quel qu'en soit l'auteur et quelle que soit sa qualité (exemple de l'écartement des os du bassin et des problèmes d'accouchement laborieux).

Le premier volume comprend en outre une Dédicace au Roi signée de La Peyronie et une importante Préface (IX-XXXII) signée de F. Quesnay dans laquelle il définit l'étendue, la méthode et les conditions du progrès de la chirurgie. Le second volume garde les mêmes divisions que précédemment mais y ajoute une Histoire de l'Académie royale de chirurgie dans laquelle on dévoile le plan de l'ouvrage; les Lettres patentes portant confirmation de l'établissement de l'Académie royale de chirurgie du 2 juillet 1748; du Nouveau Règlement donné par le roi le 18 mars 1751.

Illustrations: frontispice en regard de la page de titre, signé de Cochin fils représentant 3 personnages en habits romains: une jeune femme à gauche, tenant à la main les Mémoires de l'Académie royale de chirurgie, en fait présent au Roi, sous le regard bienveillant d'une Minerve casquée. La scène se déroule sur fond guerrier: tentes, soldats et arbres. Frontispice reproduit dans tous les volumes.

Vignette sur la page de titre entre le titre et le nom de la ville, signée Boucher et J.P. Sebos, représentant deux enfants, l'un entouré de liens et couché, l'autre debout et penché sur lui; au fond à droite, groupe d'enfants, certains avec instruments de chirurgie; au centre une lumière surmontée de l'emblème royal. Cette vignette se retrouve jusqu'au t. III. Pour les deux derniers volumes, la vignette, signée Ch. Eisen et E. de Ghendt représente une femme assise sur un lit, avec une devise encerclée ob cives servatos.

Seconde vignette ornant le haut de la page de dédicace au roi, signée A. Humblot et P. Aveline: en diptyque deux personnages féminins également en habits romains; celui de gauche souffle dans une trompette, victorieuse semble-t-il des flèches qui l'assaillent par derrière; celui de droite figure une victoire ailée; au centre une sorte de médaillon surmonté d'une couronne royale. Cette dernière vignette disparaît du t. II et se retrouve au t. III. A partir du t. II, une autre vignette avec la même signature que la précédente représente un homme (ou un cadavre) étendu sur une table, entouré d'hommes. Ce motif réapparaît dans les autres volumes avec des variantes: enfants étudiant sur des livres, tâtant le corps, groupes avec instruments de chirurgie; la vignette du dernier volume représente une femme étendue, avec des groupes similaires.

Planches: elles accompagnent d'ordinaire la partie «Machines et instruments approuvés par l'Académie», à la fin de la partie «Histoire», parfois planches également à la fin des volumes représentant aussi des gestes opératoires.

4Publication T. I: Paris, chez Charles Osmont, imprimeur de l'Académie royale de chirurgie, rue Saint-Jacques à l'Olivier; t. II: Paris chez Delaguette, libraire-imprimeur de l'Académie royale de chirurgie, rue Saint-Jacques à l'Olivier; t. III: chez la veuve Delaguette, même adresse; t. IV: chez Pierre-Alex Le Prieur, imprimeur du Roi rue Saint-Jacques; t. V: imprimé chez J.G. Clousier, rue Saint-Jacques et diffusé chez le libraire P.F. Didot. Ces changements sont à mettre en rapport avec l'absence de régularité dans la périodicité.

5Collaborateurs Les auteurs qui publient le plus de mémoires sont ceux qui appartiennent au groupe des «officiers» de l'Académie royale de chirurgie, président, directeur, secrétaire, commissaire aux extraits ou à la correspondance. On relève ainsi les noms de Quesnay, de La Martinière, Pibrac, Hévin, Morand, Louis, etc.

6Contenu Importance des observations concernant les hernies et leurs étranglements, les tumeurs, les plaies faites par armes à feu, les cancers, les accouchements, les arrêts d'hémorragie, les amputations, l'extraction des concrétions pierreuses; on voit apparaître des opérations plus hardies que l'habituelle lithotomie et l'opération de la taille dans ses différents procédés, par exemple la bronchotomie, l'oesophagotomie, la gastrotomie.

La Préface de Quesnay contient une réflexion épistémologique sur l'observation, en des termes assez proches de ce que l'on trouvera dans les Pensées sur l'interprétation de la nature: «Il y a deux sources d'où découlent les vérités qui peuvent enrichir notre art: savoir l'observation et la physique expérimentale», qui doivent se corriger et s'éclairer mutuellement. L'observation rectifie les expériences physiques, elle en suggère encore de nouvelles qu'on ne tenterait point sans elle» (p. XIV). Mais Quesnay est très loin d'être un empirique: lorsque la certitude nous abandonne, on peut, dans certaines limites, recourir à la conjecture et à l'analogie. «L'exercice de la chirurgie demande une théorie lumineuse et approfondie» (p. XXIV). Il refuse surtout de réduire la chirurgie à un simple art opératoire, art de manipulation; le bon chirurgien doit avoir des connaissances étendues: «ces connaissances puisées dans la physique, déduites de la nature et de l'opération des remèdes, fondées sur les causes de nos maux, sur l'observation de leurs signes, sur les lois de l'œconomie animale, forment la véritable théorie sans laquelle il n'y a ni art, ni méthode dans le traitement des maladies» (p. XXVI). On voit en quoi ces propos préfigurent les débats sur la réunion de la chirurgie et de la médecine opérée sous la Révolution. Les autres textes généraux dans les mémoires n'atteignent pas ce degré de profondeur dans la réflexion.

7Exemplaires B.N., T46 5; Fac. de médecine, 90135; Museum, PR 661 A.

8Bibliographie Rééditions: 8º T46 5 A, rééd. de 1743 (I); 8º T46 5 B, rééd. de 1774; 8º T46 5 C, rééd. de 1819 (I, II, III, 1767); 8º T46 7, rééd. de 1836-1839; 8º T22 26, rééd. de 1836.

Traductions: Memoirs of the Royal Academy of Surgery at Paris, «being a collection of observations and experiments, made by the most eminent surgeons of France, by George Neale», 1759, I-III, London, in-8º (Fac. de médecine, 90599); traduction hollandaise: Verhandelingen van de Koniak lijjke Academie der Heelkanst. – Gelfand T., Professionalizing modern medicine: Paris surgeons and medical science and institutions in the XVIIIth century, Westpoint, Conn.; London, Greenwood Press, 1980.

Roselyne REY

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)