ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 910

LE MENTOR UNIVERSEL (1784-1785)

1Titres Le Mentor Universel Par M. l'abbé Roy, censeur royal etc.

Continué par Le Petit Voyageur.

2Dates 1er juin 1784 - décembre 1785. Quatre tomes. Privilège: 31 mars 1784.

Périodicité annoncée: d'abord mensuel, le 1er de chaque mois (12 vol. pour un an), puis, à compter du 15 septembre 1784, bimensuel, le 1er et le 15 de chaque mois (chaque cahier correspondant à la moitié du volume précédemment prévu, soit 24 cahiers pour un an). Cependant, si, par le fait des circonstances (étendue des matières, par exemple), les 2 cahiers du mois ne peuvent paraître aux deux dates indiquées, ils paraîtront «réunis infailliblement au bout du mois».

Périodicité réelle: juin 1784 - mai 1785: 12 volumes. Mais, à partir de juin 1785 et jusqu'à déc., 4 vol. seulement. 1784: t. I et II; 1785: t. I et II.

3Description Chaque tome comprend 4 vol. ou numéros et compte en moyenne 566 p. Nombre de pages prévu du cahier bimensuel: 72 (144 le vol.). Dans l'édition consultée, le nombre de pages des volumes varie de 126 à 156. In-12, 80 x 130.

Devise: Lex mea lux.

4Publication Paris, Théophile Barrois le Jeune, quai des Augustins. Libraires associés: Le Jay, rue Neuve des Petits-Champs; l'Esclapart, pont Notre-Dame (t. I, nº 1 et 2, 1784).

Prix de la souscription pour un an: 13 # 4 s. à Paris, 16 # 4 s. en province (port franc). Il est possible de souscrire également chez l'auteur, M. l'abbé Roy, rue Guénégaud, nº 20, au bureau du Mentor Universel, Guillot, libraire de Monsieur, rue Saint-Jacques, vis à vis la rue des Mathurins et chez les principaux libraires du royaume (Note du prospectus). L'auteur déclare prendre à sa charge les «frais de poste et de brochure doubles» qu'entraîne la distribution devenue bimensuelle.

5Collaborateurs Jean ROY.

6Contenu Contenu annoncé: «encyclopédie complète d'éducation»; outre la partie physique de l'éducation de l'enfance, des «notions élémentaires et suffisantes» sur les langues, écriture, lecture, grammaire, religion, histoire, belles-lettres, philosophie, mythologie, géographie, géométrie, anatomie, histoire naturelle, physique, astronomie, blason, tactique, marine, jurisprudence, commerce, arts mécaniques, bref sur «tout ce qui peut convenir à tous les sujets de tous les ordres» (Prospectus). Formation du cœur associée à cette formation de l'esprit. «Analyse exacte et raisonnée» des ouvrages nouveaux, français et étrangers, relatifs à l'éducation.

Contenu réel: éducation physique de l'enfance (allaitement et sevrage, pathologie); éducation «morale»: langues, lecture, écriture, prières, chiffres, mesures et monnaies; des extraits tirés des Affiches de province, du Journal de Paris, du Journal de la langue française et d'articles de l'Encyclopédie; des jugements portés sur des livres récents concernant l'éducation.

Principaux centres d'intérêt: le problème des langues (langue primitive, langue nationale...); l'attitude de Roy face à Rousseau dont il utilise et critique à la fois l'Emile, «le traité... le plus singulièrement mélangé d'erreurs et de vérités, de possibilités et d'impossibilités» (t. II, nº 5, 1784, p. 72).

Principaux auteurs cités: Beaumarchais, Beauzée, Berquin, Buffon, Court de Gébelin, Diderot, Mme de Genlis, Radonvilliers, Rolland d'Erceville, Rousseau, Voltaire.

7Exemplaires Ars., 8º S 2333 (1-4); B.N., R 18602-18611, collection incomplète (1784: nº 1-6; 1785: nº 5-8).

8Bibliographie Mentions dans: Mercure de France (22 mai 1784, p. 187), Journal littéraire de Nancy (1784, nº 9, p. 11-23), Journal des savants (janv. 1785, p. 59 et févr. 1785, p. 122).

Historique Comme J. Roy le remarque dans son 5e cahier (t. II, 1784, p. 68), Le Mentor universel se différencie des autres écrits périodiques dans la mesure où il ne traite pas «indistinctement» de «sujets divers», mais gravite autour d'un seul problème, celui de l'éducation. Unité fondamentale qui n'exclut pas d'ailleurs toute variété  celle-ci résidant aussi bien «dans les sujets d'instruction» que «dans la manière de les présenter»  et qui fait échapper l'ouvrage à l'inconvénient des périodiques lesquels, si utiles soient-ils à la littérature, tendent fâcheusement à habituer les lecteurs à «des lectures et matières détachées».

Consacré spécialement à l'instruction de la jeunesse, susceptible néanmoins d'intéresser «tout le monde», Le Mentor universel paraît avoir été favorablement accueilli et s'être tôt répandu, si du moins l'on en croit l'auteur, non seulement en France, mais «dans plusieurs pays étrangers» (t. I, nº 4, 1784, p. 72). C'est d'ailleurs cet accueil favorable qui explique le changement de distribution en septembre 1784: Le Mentor universel devient bimensuel parce que le public manifeste le désir «d'en jouir plus tôt et plus souvent» (ibid., p. 143). Cependant J. Roy, qui s'attarde assez longuement sur le problème des langues (le Journal de la langue française pour lequel on souscrit au bureau du Mentor universel est à plusieurs reprises évoqué), est loin d'avoir épuisé les matières initialement énumérées et d'avoir répondu à son titre («une mer sans fond», reconnaît-il, il est vrai... t. II, nº 5, 1784, p. 34) lorsqu'il publie (t. II, nº 8, 1785) le Prospectus du Petit Voyageur qu'il présente comme la suite du Mentor universel et où il se propose, en raison de l'importance du voyage en éducation de traiter successivement de l'Europe et de la France. La parution du premier numéro est prévue pour le 8 janvier 1786.

Robert GRANDEROUTE

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)