ISSN 2271-1813

 

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Dictionnaire de la presse française pendant la Révolution 1789-1799

C O M M A N D E R

   

Dictionnaire des journaux 1600-1789, sous la direction de Jean Sgard, Paris, Universitas, 1991: notice 927

EXTRAORDINAIRE DU MERCURE GALANT (1678-1685)

1Titres Extraordinaire du Mercure galant. Titre orné. Frontispice.

2Dates Janvier 1678 - octobre 1685. 32 volumes. Le privilège du 31 décembre 1677 est celui du Mercure galant. En outre, un privilège daté du 16 avril 1678, précisant l'existence de l'Extraordinaire est octroyé par Monseigneur le Vice-Légat d'Avignon, «au sieur Amaulry, marchand libraire de la ville de Lyon».

Périodicité annoncée et réelle: un volume tous les trois mois. Datation des volumes: janvier, avril, juillet, octobre (datation anticipée).

3Description Format in-12. Nombre de pages, entre 567 (janv. 1678) et 279 (avril 1685); sur l'ensemble, 368 p. en moyenne.

Gravures, planches de musique.

4Publication Publié à Paris, au Palais. Libraires associés: G. de Luynes, Ch. de Sercy, Et. Loyson, Jean Guignard, Th. Girard, veuve O. de Varennes, Ch. Osmont. Dans la Salle Royale, à l'Image Saint Louis. Modifications en cours de publication.

5Collaborateurs Fondateur: Jean DONNEAU DE VISÉ (1638-1710).

Auteurs. Ce sont des mondains. Quelques noms connus: duc de Saint-Aignan, Mme Des Houlières... La plupart des articles sont anonymes. Toutefois, quelques signatures témoignent de la variété des milieux auxquels appartenaient ces auteurs amateurs: M. d'Abloville; M. de La Salle, Sr de Lestang; M. Gardien, secrétaire du Roi; M. Panthot, médecin; M. Comiers, professeur de mathématiques. Quelques noms de femmes: Mme de La Couldre, de Caen, Mlle Frédinie, de Pontoise, Mlle Launay Buret...

6Contenu Contenu annoncé dans le Mercure galant de février 1678: «Le premier tome de l'Extraordinaire du Mercure sera donné le 15 avril et ainsi de trois mois en trois mois... Il contiendra des lettres aussi agréables que spirituelles écrites à l'auteur du Mercure sur les plus beaux ouvrages des particuliers qu'il y fait entrer, avec plusieurs autres pièces curieuses qui feront connaître à Paris et aux Etrangers qu'il y a de l'esprit, de la délicatesse et du bon goût dans nos provinces, surtout parmi le beau sexe».

Contenu réel: de janvier à octobre 1678, l'Extraordinaire se présente sous la forme de lettres numérotées, signées ou anonymes, venues de France et de l'étranger. Il s'y ajoute des articles de mode avec des gravures, des questions galantes, psychologiques ou autres. Des énigmes, des lettres en chiffres et leurs réponses sont suivies de nombreuses signatures révélant le nom des abonnés. A partir d'octobre 1678, il n'y a plus de lettres numérotées. L'Extraordinaire complète, sans le doubler, le Mercure proprement dit. Il contient des lettres et pièces galantes, des poèmes, des fables, des «fictions» en prose sur divers sujets, des articles littéraires, scientifiques (mathématiques, médecine, optique). Quelques recherches touchent la sociologie ou la philosophie. En musique, des «airs» sont accompagnés de planches notées.

7Exemplaires Collection étudiée: B.N., 8º Lc2 34, microfilms m 238.

Historique L'Extraordinaire a été interrompu en octobre 1685 alors que d'autres suppléments et des publications adjacentes comme les Affaires du temps (1688-1692) surchargeaient la rédaction.

L'Extraordinaire du Mercure galant apporte un précieux témoignage sur la culture et sur les curiosités de la société parisienne et provinciale de la fin du XVIIe siècle.

Créé à l'origine pour faire connaître dans un but publicitaire les quelques «quatre cents lettres» de satisfaction évoquées dans le Mercure de décembre 1677, l'Extraordinaire du Mercure galant publie dans les «quartiers» de janvier, avril et juillet 1678 toute une correspondance numérotée. A compter d'octobre 1678 ce supplément est composé d'articles traitant de toutes sortes de sujets. Complétant le Mercure proprement dit, il en diffère profondément. L'anonymat est moins rigoureux car bien des envois sont signés. Ils donnent une vaste représentation des goûts, des capacités intellectuelles et du milieu social des correspondants. Ces articles, plus longs que ceux du Mercure, atteignent souvent un haut niveau scientifique. Au tout premier plan, le Traité des lunettes accompagné de planches comprend onze parties sur un total de 953 p. Précédé d'une dédicace au duc de Bourgogne, il est l'œuvre de «M. Comiers d'Ambrun, prévost de Ternant, professeur de mathématiques à Paris». De longues et âpres discussions entre des médecins traitent de l'opportunité de la fréquente saignée. M. de La Févrerie publie ses réflexions sur l'Origine de la noblesse. Contrairement au Mercure, l'Extraordinaire ne contient pas de romans mais présente de nombreuses questions galantes et psychologiques avec leurs réponses. Des articles de modes avec leurs gravures mettent les dames de province au courant des usages parisiens. Les lecteurs trouvent à se distraire en proposant ou en résolvant des énigmes où tous les milieux y compris la petite bourgeoisie, trouvaient un jeu apparenté aux mots croisés ou aux rebus de nos périodiques modernes.

Si l'Extraordinaire s'interrompt après 32 livraisons, ce n'est pas à la suite d'un échec. Il est bientôt remplacé par d'autres suppléments ou publications adjacentes comme les Affaires du temps, qui développent les grands événements ébauchés dans le Mercure.

L'Extraordinaire du Mercure galant garde une existence autonome. Il ne comporte pas d'articles sur l'actualité. Complétant le Mercure sans le doubler, il enrichit notre connaissance de la pensée et de la culture de l'époque.

Monique VINCENT

 


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© Universitas 1991-2017, ISBN 978-2-84559-070-0 (édition électronique)