ISSN 2271-1813

    

   

Additions et corrections aux Œuvres complètes de Voltaire

 

Liste des additions et corrections

 

Le Loup moraliste. Fable

Œuvres complètes de Voltaire, Oxford, Voltaire Foundation, t. 1B, 2002, p. 368-369

1. Texte de base

Deux vers sont faux: un alexandrin de treize pieds (18), un octosyllabe de neuf (35). Ces bévues disqualifient le texte de base. Les autres éditions décrites étant correctes, la bonne leçon se trouve être celle des variantes (p. 368).

Si l’on écarte le préjugé d’antériorité, le texte des Pièces inédites de 1820 apparaît comme le meilleur – il a dû être tiré d’un manuscrit venu de Thieriot: voir la fiche Impromptu sur une tabatière confisquée. En plus des variantes relevées (v. 1, 18, 29, 35, 40-41), trois différences spécifiques n’ont pas été prises en compte: au vers 7, on lit «de petits ours» au lieu de «les petits ours», fine nuance suggérant l’indifférenciation de la voracité; aux vers 13-14, la leçon «Ne vous démentez pas» / «Ne satisfaites point» évite la lourdeur du double «point»; au vers 30 enfin, un saut de ligne met en relief la péripétie de la fable. L’interversion des vers 40-41 semble aussi une excellente leçon: ce dispositif inattendu de rimes et mètres embrassés souligne la subversion des leçons reçues («Votre exemple...») et le sursaut d’une liberté («Mon père, je ferai...»). Le tout relève à l’évidence, non d’aléas typographiques, mais d’un vrai savoir-faire poétique.

2. Manuscrits

Une copie du texte est conservée dans le volume des manuscrits de la BnF coté N. a. fr. 2778, f. 120. Elle est de la main de Decroix; elle ne porte ni date, ni référence; l’écriture paraît remonter aux années 1770-1780.

Le texte est proche de la version des OC – avec les vers 18 et 35 corrects. Il présente trois variantes: au vers 20 «De redoutables chiens défendent les troupeaux»; au vers 23 «Dès que l’on aperçut la bête carnassière»; et au vers 29, cité de Molière, «pas» au lieu de «point». Détail curieux: ayant d’abord copié les vers 40-41 dans l’ordre commun, Decroix a rayé le premier pour le retranscrire sous l’autre, retrouvant peut-être par l’oreille l’heureuse inversion qu’on peut supposer originale.

Une apostille se lit dans la marge, à droite du titre, écrite d’une autre main non identifiée: «douteux».

 

© 2010 André Magnan et le Centre international d’étude du XVIIIe siècle